SOD : un acronyme à explorer
Dans notre monde actuel, où tout va très vite et où le stress est omniprésent, les antioxydants sont devenus un sujet central pour la santé et le bienêtre. Des...
Dans « Vieillir en santé… Partie 1 » (Fleurir, automne 2025), nous avons examiné l’effet du vieillissement sur nos articulations, nos muscles, et notre système squelettique, ainsi que les changements auxquels nous pouvons nous attendre sur nos systèmes cardiovasculaire et digestif.
Dans cette deuxième partie, nous nous concentrerons sur les changements métaboliques et hormonaux liés au vieillissement, ainsi que sur les effets du vieillissement sur nos systèmes immunitaire, endocrinien, et nerveux. Nous explorerons également comment de simples astuces de vie peuvent jouer un rôle important dans le maintien de notre santé et de notre indépendance à la fin de notre vie.
Système | Ce qui change avec l’âge | Risques | Habitudes utiles |
Métabolisme | Ralentit | Prise de poids, syndrome métabolique | Mouvement quotidien, alimentation équilibrée |
Endocrine | Diminution des hormones (testostérone, GH, DHEA) | Sarcopénie, obésité, diabète | Entrainement musculaire, apport en protéines |
Immunitaire | Immunosénescence, inflammation liée à l’âge | Infections, cancer, réponse vaccinale plus faible | Sommeil, gestion du stress, vaccins |
Nerveux | Rétrécissement du cerveau, ralentissement de la signalisation neuronale | Problèmes de mémoire, démence | Activité mentale/physique, contrôle de la tension artérielle |
Vous souvenez-vous de votre jeunesse et de la présence constante d’une personne dans votre groupe d’amis capable de manger autant et aussi souvent qu’elle le voulait, sans faire le moindre exercice, tout en restant mince comme un cure-dent ? Il y a de fortes chances que cette personne avait un métabolisme plus élevé que la plupart des gens, ce qui signifie qu’elle convertissait ce qu’elle mangeait (y compris la malbouffe !) en énergie plus rapidement que nous tous. Mais au final, le métabolisme de chacun tend vers la même direction : vers le bas. Et comme ce que notre corps ne convertit pas en énergie, il le stocke dans nos cellules adipeuses, il en résulte une accumulation de graisse et une prise de poids.
Ces kilos en trop, combinés à une baisse habituelle de l’activité physique avec l’âge, finissent par entrainer un excès de poids abdominal, un taux élevé de triglycérides et de glycémie, une hypertension artérielle, et un faible taux de cholestérol HDL. Une personne présentant trois de ces affections ou plus répond aux critères du syndrome métabolique, qui touche près de la moitié des Américains de plus de 60 ans et près de 40 % des ainés au Canada. Cet ensemble de troubles peut, s’il n’est pas traité, augmenter considérablement le risque de maladies cardiovasculaires, notamment les crises cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux, le diabète de type 2, et le cancer.
Dans son livre Ce n’est pas vous, ce sont vos hormones, l’auteure Nicki Williams promet de vous expliquer comment, à tout âge, vous pouvez « rééquilibrer vos hormones » et « reprendre le contrôle de votre apparence, de vos sentiments, de vos pensées, et de votre comportement ». J’aimerais bien ! En réalité, avec l’âge, notre système endocrinien (les glandes qui sécrètent les hormones) produit moins de testostérone, d’hormone de croissance, et de déhydroépiandrostérone (DHEA). Le résultat : une véritable réaction en chaine de changements métaboliques.
La baisse hormonale, conjuguée à la diminution habituelle de l’activité physique, entraine une baisse de la dépense énergétique quotidienne, ce qui augmente le risque d’obésité et accélère la perte musculaire normale liée à l’âge. Cette combinaison de sarcopénie (perte de masse et de force musculaires) et d’obésité peut être dévastatrice pour les personnes âgées, les rendant plus vulnérables aux chutes et aux fractures, et augmentant leur risque de diabète, de maladies cardiovasculaires, et de démence.
Ouah, me direz-vous ! Mais voilà le bon côté des choses. Des études montrent que même de petites périodes d’activité physique quotidiennes peuvent améliorer considérablement vos chances de fêter un autre anniversaire. Et en brulant plus de calories, vous pouvez contribuer à réduire votre excès de poids, ce qui favorise une plus grande amplitude de mouvement, développe votre force, et vous permet d’augmenter encore votre niveau d’activité. Une véritable réaction en chaine… mais cette fois, pour le bien de votre santé.

Avec l’âge, le système immunitaire — tout comme notre métabolisme et notre système endocrinien — subit un processus de dégradation plus rapide que celui auquel notre corps peut le maintenir. C’est ce qu’on appelle « immunosénescence », un mot popularisé dans les années 1970 et dérivé de « immuno- », relatif au système immunitaire, et de « sénescence », un processus par lequel une cellule vieillit et cesse définitivement de se diviser, sans toutefois mourir.
En fait, l’accumulation de ces cellules dysfonctionnelles, la diminution de la production de nouvelles cellules, et une communication défaillante entre elles sont à l’origine de nombreux changements indésirables liés à l’âge. Parmi ceux-ci figurent une plus grande sensibilité aux infections comme la grippe et la pneumonie, un risque accru de maladies cardiovasculaires et neurodégénératives, une réponse réduite aux vaccins, et une probabilité accrue de développer un cancer.
Voici un autre terme relativement récent dans le vocabulaire médical : l’inflammation liée à l’âge (ou inflammaging en anglais, parfois écrit inflamm’aging en français). Ceci décrit l’inflammation subtile et bénigne caractéristique du vieillissement. Mais contrairement à l’inflammation aigüe qui peut contribuer à réparer les tissus endommagés ou à guérir une infection, l’inflammation liée à l’âge est chronique, ce qui signifie qu’elle peut durer des mois, voire des années. De plus, étant donné son caractère systémique, cette complication persistante et généralisée peut causer des dommages importants aux cellules et aux tissus de l’organisme, notamment au système cardiovasculaire, aux reins, et au cerveau.
Alors, que pouvons-nous faire pour résoudre certains de ces problèmes ? L’idée de renforcer son immunité est certes séduisante, mais nous ignorons encore beaucoup de choses sur la manière d’y parvenir efficacement. Ce que nous savons, c’est que le mode de vie joue un rôle important dans la modulation de l’inflammation. Une activité physique régulière a des effets antiinflammatoires à long terme, tandis qu’une bonne gestion du stress et un sommeil suffisant peuvent contribuer à prévenir la libération d’hormones de stress inflammatoires. De simples gestes comme se laver les mains fréquemment et être à jour dans ses vaccins contribuent à réduire les infections. Il n’est pas surprenant que nos parents nous aient souvent enseigné ces principes à l’époque.

Notre système nerveux est comparable au centre de commandement du vaisseau spatial Enterprise. Composé du cerveau, de la moelle épinière, des nerfs, et des organes sensoriels, il joue un rôle dans presque tout ce que nous faisons. Il nous permet de respirer, de voir, de manger, de parler, et de sortir les poubelles. Il régule nos pensées et nos souvenirs, perçoit notre environnement interne et externe, contrôle nos mouvements, et régule le système endocrinien.
Le système nerveux est constitué de cellules spécialisées appelées neurones qui transmettent des messages, via les nerfs, depuis le cerveau vers tout le corps. Avec l’âge, le volume cérébral diminue, en particulier dans le lobe frontal et l’hippocampe (où se déroulent la mémoire et le rappel), ce qui réduit les connexions entre les neurones, contribuant ainsi au ralentissement des fonctions cognitives.
Aussi ennuyeux que puisse être ce ralentissement mental, il s’agit d’une partie tout à fait normale du vieillissement et peut comprendre des problèmes de mémoire mineurs, des difficultés à se souvenir des mots (les noms sont devenus mon talon d’Achille), et davantage de temps et d’efforts nécessaires pour apprendre de nouvelles choses.
Vous pouvez préserver la santé de votre cerveau en vieillissant et, par la même occasion, contribuer à prévenir les maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer en restant actif physiquement et mentalement, en gérant votre poids et votre tension artérielle, en adoptant une alimentation saine, en modérant votre consommation d’alcool, et si vous fumez, en cessant définitivement le tabac. Mais le conseil le plus important est peut-être de profiter de la vie, quel que soit votre âge.
Recherchez la troisième partie de « Vieillir en bonne santé… » dans le numéro de printemps de Fleurir, où nous nous concentrerons sur le monde remarquable du système sensoriel et sur la meilleure façon de protéger ces précieux organes.

Dale Drewery est coauteure de BioDiet: The Scientifically Proven, Ketogenic Way to Lose Weight and Improve Your Health. Journaliste et écrivaine primée, elle s’intéresse de près à la science et à la santé humaine.
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