Le SPM : Approches naturelles et options de suppléments
Les symptômes prémenstruels affectent jusqu’à 80 % des femmes [1]. Pour beaucoup, cela se traduit par des symptômes désagréables mais n’affecte pas nécessaireme...
Le syndrome prémenstruel, ou SPM, est bien plus qu’un simple signal d’approche des règles : il se manifeste par une série de symptômes physiques, comportementaux, et émotionnels récurrents qui surviennent de manière cyclique avant les règles [1]. Ces symptômes peuvent inclure, entre autres, ballonnements, fatigue, prise de poids, maux de tête, irritabilité, nervosité, tristesse, sautes d’humeur, et troubles du sommeil. Les symptômes du SPM apparaissent après l’ovulation (qui survient environ au 14e jour du cycle) et disparaissent quelques jours après le début des règles. Ils peuvent durer de quelques jours à deux semaines. Leur apparition correspond aux fluctuations hormonales qui surviennent pendant la phase lutéale ou postovulatoire du cycle. Si 50 à 80 % des femmes déclarent souffrir d’un SPM léger, 30 à 40 % présentent des symptômes suffisamment importants pour nécessiter un traitement. La cause exacte du SPM n’est pas entièrement élucidée, mais on pense que certaines femmes sont plus sensibles aux variations hormonales normales, ce qui pourrait expliquer la variabilité de l’intensité des symptômes [2].

Diverses stratégies de mode de vie peuvent aider à gérer ces symptômes récurrents et gênants. Une activité physique régulière, quel que soit son type, réduit les symptômes de douleur, de constipation, de sensibilité mammaire, et de troubles émotionnels comme l’anxiété et la colère [3]. L’exercice augmente la production d’endorphines, source de bienêtre, favorisant une humeur saine, stimule la circulation sanguine, ce qui peut soulager les crampes musculaires et le stress, et favorise l’équilibre hormonal, notamment en réduisant l’estradiol et en augmentant la progestérone [4].
Une alimentation riche en graisses, sucre, sel, aliments transformés, et boissons gazeuses est associée à un risque accru de syndrome prémenstruel. En revanche, une alimentation privilégiant les aliments frais et non transformés, riches en micronutriments essentiels et en acides gras omégas‑3, et limitant l’alcool, les glucides simples, les graisses saturées, et l’excès de sel, est associée à un risque réduit de symptômes du syndrome prémenstruel [5].
De nombreux nutraceutiques, notamment des plantes, des vitamines, et des minéraux, peuvent également aider à gérer les symptômes du syndrome prémenstruel.
Le Vitex agnus-castus, aussi appelé gattilier, est une plante qui peut contribuer à réduire les symptômes du syndrome prémenstruel. Il diminue la prolactine tout en favorisant le taux de progestérone au cours de la mi‑lutéale [6]. Sur une période de trois mois, il a été démontré que le Vitex réduit significativement la gravité du syndrome prémenstruel autoévalué par rapport au placébo, notamment en réduisant significativement les douleurs dorsales, la sensation de lourdeur mammaire, les maux de tête, et l’irritabilité, tout en améliorant la qualité du sommeil [7].

La vitamine B₆ est également utile contre le syndrome prémenstruel. Elle contribue à l’équilibre de l’humeur en régulant la production de sérotonine et de dopamine [8]. Elle intervient également dans le métabolisme de l’eau : une carence en vitamine B₆ contribue à une rétention d’eau accrue, un autre symptôme prémenstruel fréquent. De faibles taux de vitamine B₆ contribuent également à une augmentation du taux de prolactine [9], une hormone associée aux symptômes prémenstruels [10]. Une supplémentation quotidienne en vitamine B₆ a significativement réduit les symptômes physiques et psychologiques du syndrome prémenstruel par rapport à un placébo, à des doses allant de 40 mg à 250 mg par jour sur une période de 2 à 3 cycles menstruels [11].
La supplémentation en calcium constitue également un traitement prometteur contre le syndrome prémenstruel. Les taux de calcium fluctuent selon le cycle menstruel et ont tendance à être plus faibles chez les femmes atteintes du syndrome prémenstruel [12]. Une supplémentation en carbonate de calcium, à raison de 500 à 1 200 mg par jour, contribue à une réduction significative des symptômes du syndrome prémenstruel, notamment une amélioration de l’énergie et de l’humeur, et une baisse de la rétention d’eau [13]. L’association du calcium et de la vitamine B₆ est plus efficace pour réduire la gravité du syndrome prémenstruel que le calcium seul [14].
La vitamine E pourrait également jouer un rôle dans la gestion des symptômes du syndrome prémenstruel. La supplémentation en vitamine E, un puissant antioxydant, peut contribuer à réduire les douleurs mammaires cycliques associées au syndrome prémenstruel [15]. Une étude a comparé une supplémentation en vitamine E à raison de 200 UI par jour à 40 mg/j de vitamine B₆ et à un placébo, pendant deux mois. Les vitamines E et B₆ ont toutes deux contribué à une réduction significative des douleurs mammaires, et la vitamine E s’est avérée aussi efficace que la vitamine B₆ [16].

Les crampes peuvent également être une composante du syndrome prémenstruel chez certaines femmes. Plusieurs études ont démontré l’efficacité d’une supplémentation en gingembre pour réduire les crampes menstruelles, à des doses allant de 750 mg/j à 2 000 mg/j pendant les 3 à 4 premiers jours des règles [17]. Les crampes menstruelles douloureuses sans pathologie sous-jacente ne sont pas entièrement comprises, mais elles sont associées à une production accrue de molécules pro‑inflammatoires contribuant à des contractions utérines excessives. La racine de gingembre contient divers composés antioxydants et antiinflammatoires qui inhibent les molécules inflammatoires et perturbent les signaux de douleur [18]. Une autre étude a montré que le gingembre réduisait significativement la gravité globale du syndrome prémenstruel (englobant les symptômes affectant l’humeur, le comportement, et les symptômes physiques) par rapport à un placébo [19].
Le palmitoyléthanolamide (PEA), un acide gras, est connu pour ses effets antiinflammatoires et endocannabinoïdes. Il a été étudié dans le cadre du contrôle de la douleur pour diverses affections, notamment les douleurs menstruelles. Utilisé en traitement d’urgence dès l’apparition des crampes menstruelles, 300 mg de PEA peuvent réduire significativement les douleurs menstruelles par rapport au placébo [20].

Le syndrome prémenstruel est un symptôme extrêmement fréquent du cycle menstruel chez de nombreuses femmes. Diverses stratégies, notamment une modification du mode de vie et la prise de suppléments alimentaires, peuvent contribuer à en réduire la gravité. Il est important de consulter un médecin si les symptômes du syndrome prémenstruel changent de rythme ou d’intensité, s’ils persistent pendant une grande partie du cycle, ou s’ils s’accompagnent de troubles de l’humeur ou de douleurs importantes.

Une docteure en naturopathie de Toronto qui a une passion pour la santé et la médecine naturelle, elle valorise une approche thérapeutique fondée sur des preuves et met l’accent sur l’éducation des patients et sur la médecine préventive dans sa pratique.
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[1] Ryu, A., et T.‑H. Kim. « Premenstrual syndrome: A mini review. » Maturitas, Vol. 82, Nº 4 (2015): 436–440.
[2] Ibid.
[3] Saglam, H.Y., et O. Orsal. « Effect of exercise on premenstrual symptoms: A systematic review. » Complementary Therapies in Medicine, Vol. 48 (2020): 102272.
[4] Ibid.
[5] Oboza, P., et autres. « Relationships between premenstrual syndrome (PMS) and diet composition, dietary patterns and eating behaviors. » Nutrients, Vol. 16, Nº 12 (2024): 1911.
[6] van Die, M.D., et autres. « Vitex agnus-castus extracts for female reproductive disorders: A systematic review of clinical trials. » Planta Medica, Vol. 79, Nº 7 (2013): 562–575.
[7] Ibid.
[8] Soheila, S., et autres. « Effects of vitamin B6 on premenstrual syndrome: A systematic review and meta-analysis. » Journal of Chemical and Pharmaceutical Science, Vol. 9, Nº 3 (2016): 1346–1353.
[9] Ibid.
[10] Carroll, B.J., et M. Steiner. « The psychobiology of premenstrual dysphoria: The role of prolactin. » Psychoneuroendocrinology, Vol. 3, Nº 2 (1978): 171–180.
[11] Soheila et autres, op. cit.
[12] Arab, A., et autres. « Beneficial role of calcium in premenstrual syndrome: A systematic review of current literature. » International Journal of Preventive Medicine, Vol. 11, Nº 1 (2020): 156.
[13] Ibid.
[14] Masoumi, S.Z., M. Ataollahi, et K. Oshvandi. « Effect of combined use of calcium and vitamin B6 on premenstrual syndrome symptoms: A randomized clinical trial. » Journal of Caring Sciences, Vol. 5, Nº 1 (2016): 67–73.
[15] Shobeiri, F., K. Oshvandi, et M. Nazari. « Clinical effectiveness of vitamin E and vitamin B6 for improving pain severity in cyclic mastalgia. » Iranian Journal of Nursing and Midwifery Research, Vol. 20, Nº 6 (2015): 723–727.
[16] Ibid.
[17] Daily, J.W., et autres. « Efficacy of ginger for alleviating the symptoms of primary dysmenorrhea: A systematic review and meta-analysis of randomized clinical trials. » Pain Medicine, Vol. 16, Nº 12 (2015): 2243–2255.
[18] Ibid.
[19] Khayat, S., et autres. « Effect of treatment with ginger on the severity of premenstrual syndrome symptoms. » ISRN Obstetrics and Gynecology, Vol. 2014 (2014): 792708.
[20] Rao, A., J. Erickson, et D. Briskey. « Palmitoylethanolamide (Levagen+) for acute menstrual pain: A randomized, crossover, double-blind, placebo-controlled trial. » Women & Health, Vol. 65, Nº 3 (2025): 237–245.