SOD : un acronyme à explorer
Dans notre monde actuel, où tout va très vite et où le stress est omniprésent, les antioxydants sont devenus un sujet central pour la santé et le bienêtre. Des...
Dans le monde de la santé et du bienêtre, peu de composés ont suscité autant d’intérêt que l’acide tauroursodésoxycholique, plus connu sous l’acronyme anglais TUDCA. Dérivé à l’origine de la bile d’ours et utilisé en médecine traditionnelle chinoise depuis des siècles, le TUDCA est aujourd’hui produit synthétiquement et étudié pour ses nombreux bienfaits pour la santé. La science moderne révèle le potentiel remarquable de ce composé, notamment pour favoriser la santé digestive, la fonction hépatique, et même la santé cérébrale.
Mais qu’est-ce qui rend le TUDCA si polyvalent ? Dérivé des acides biliaires, le TUDCA joue non seulement un rôle crucial dans la digestion et l’absorption des graisses et des vitamines liposolubles, mais a également démontré des effets antiinflammatoires, antioxydants, et donc protecteurs des cellules. Explorons comment ce supplément méconnu influence considérablement de nombreux systèmes de l’organisme.

Le rôle fondamental du TUDCA commence dans l’intestin. Les acides biliaires sont essentiels à la dégradation des graisses alimentaires et à la bonne absorption des vitamines liposolubles comme A, D, E, et K. Le TUDCA améliore le flux biliaire et la solubilité du cholestérol, ce qui augmente la capacité à digérer et à absorber les graisses et les vitamines liposolubles et réduit le risque de calculs biliaires [i].
Mais ses bienfaits ne s’arrêtent pas là. Des études récentes suggèrent que le TUDCA contribue à protéger la muqueuse intestinale en augmentant la production de mucus, en réduisant l’inflammation, en prévenant la mort cellulaire intestinale, et en augmentant la production de protéines qui soutiennent les jonctions serrées intestinales. Ceci est particulièrement important pour les personnes souffrant de troubles gastro-intestinaux tels que le syndrome de l’intestin perméable et les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin [ii]. De plus, le TUDCA influence positivement le microbiome intestinal, contribuant à maintenir un équilibre sain de bactéries bénéfiques. Un microbiome stable est associé à une meilleure digestion, à une meilleure fonction immunitaire, et même à une meilleure régulation de l’humeur, ce qui suggère que le TUDCA pourrait contribuer au bienêtre général grâce à la signalisation intestin-cerveau [iii].
Étant donné son origine en tant que sel biliaire, il n’est pas surprenant que le TUDCA joue un rôle central dans la santé hépatique. En améliorant le flux biliaire, il réduit la toxicité des acides biliaires dans les cellules hépatiques, un avantage crucial pour les personnes atteintes de maladies hépatiques cholestatiques, où la bile est piégée dans le foie et provoque des lésions cellulaires. Des essais cliniques ont montré qu’une supplémentation en TUDCA peut réduire les taux d’enzymes hépatiques telles que l’aspartate transaminase et la phosphatase alcaline, indicateurs d’inflammation et de stress hépatique. Dans des modèles animaux de maladie hépatique stéatosique associée à un dysfonctionnement métabolique (MASLD) [iv], la supplémentation en TUDCA améliore la sensibilité à l’insuline, réduit l’absorption des graisses, et diminue l’accumulation de graisses dans le foie [v].
Ce qui rend le TUDCA particulièrement intéressant est son action cytoprotectrice (protection des cellules). Il réduit le stress du réticulum endoplasmique (RE), une affection associée à la progression des maladies hépatiques et aux troubles métaboliques. En atténuant le stress du RE, le TUDCA pourrait non seulement stopper les lésions hépatiques mais aussi favoriser la régénération tissulaire, offrant ainsi un espoir pour la gestion de la santé hépatique à long terme [vi].

L’une des découvertes les plus passionnantes de ces dernières années concernant le TUDCA est sa capacité à traverser la barrière hématoencéphalique, le bouclier protecteur du système nerveux central. Une fois dans le cerveau, le TUDCA présente des propriétés neuroprotectrices qui pourraient avoir de profondes implications pour les personnes à risque de maladies neurodégénératives.
Des études animales et des essais préliminaires sur des humains suggèrent que le TUDCA puisse prévenir l’apoptose neuronale (mort cellulaire), réduire le stress oxydatif, et stabiliser la fonction du réticulum endoplasmique producteur de neurotransmetteurs, mécanismes clés impliqués dans des maladies comme la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson, et la maladie de Huntington [vii].
Le point commun entre tous ces bienfaits est le rôle du TUDCA dans la santé cellulaire. Qu’il s’agisse des cellules épithéliales intestinales, des hépatocytes hépatiques, ou des neurones, le TUDCA contribue à stabiliser l’environnement interne, à réduire l’accumulation de toxines, et à soutenir la résilience globale des tissus soumis au stress.
De plus en plus de recherches portent sur le TUDCA et ses effets interconnectés sur des systèmes étroitement liés : l’intestin, le foie, et le cerveau. Nous savons désormais que la santé intestinale influence la détoxification du foie, et que ces deux éléments jouent un rôle essentiel dans la santé cognitive via l’axe intestin–foie–cerveau. Le TUDCA, composé agissant sur ces trois axes, pourrait jouer un rôle essentiel dans le bienêtre holistique.
Cela dit, bien que le TUDCA soit généralement bien toléré et disponible sous forme de supplément alimentaire, il est important de consulter un praticien de soins de santé avant de le commencer, en particulier pour les personnes souffrant de troubles hépatiques ou neurologiques préexistants. La posologie, la durée, et la formulation peuvent toutes influencer l’efficacité et la sécurité.

À mesure que la recherche progresse, le TUDCA s’impose non seulement comme une aide digestive, mais aussi comme un puissant protecteur multisystémique. Fort de ses racines dans la médecine ancienne et de sa pertinence solidement ancrée dans la science moderne, ce dérivé d’acide biliaire est prometteur pour répondre à certains des problèmes de santé les plus urgents d’aujourd’hui, tels que les troubles métaboliques ou le déclin cognitif.
Dans le paysage en évolution de la médecine fonctionnelle, le TUDCA pourrait bien devenir un supplément fondamental pour ceux qui cherchent à soutenir leur corps de l’intérieur vers l’extérieur, un système à la fois.

Colleen Hartwick est docteure en naturopathie enregistrée pratiquant au nord de l’ile de Vancouver, et elle porte un intérêt spécifique aux traumatismes et à leurs rôles dans les maladies.
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[i] Lu, Q., et autres. « The effect of tauroursodeoxycholic acid (TUDCA) and gut microbiota on murine gallbladder stone formation. » Annals of Hepatology, Vol. 23 (2021): 100289.
[ii] Luo, L., et autres « Tauroursodeoxycholic acid reverses dextran sulfate sodium–induced colitis in mice via modulation of intestinal barrier dysfunction and microbiome dysregulation. » The Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics, Vol. 390, Nº 1 (2024): 116–124.
[iii] Song, M., et autres. « Tauroursodeoxycholic acid (TUDCA) improves intestinal barrier function associated with TGR5‑MLCK pathway and the alteration of serum metabolites and gut bacteria in weaned piglets. » Journal of Animal Science and Biotechnology, Vol. 13, Nº 1 (2022): 73.
[iv] Ma, H., et autres. « A multicenter, randomized, double-blind trial comparing the efficacy and safety of TUDCA and UDCA in Chinese patients with primary biliary cholangitis. » Medicine, Vol. 95, Nº 47 (2016): e5391.
[v] Wang, H., et autres. « Tauroursodeoxycholic acid improves nonalcoholic fatty liver disease by regulating gut microbiota and bile acid metabolism. » Journal of Agricultural and Food Chemistry, Vol. 72, Nº 36 (2024): 20194–20210.
[vi] Marciniak, S.J., J.E. Chambers, et D. Ron. « Pharmacological targeting of endoplasmic reticulum stress in disease. » Nature Reviews. Drug Discovery, Vol. 21, Nº 2 (2022): 115–140.
[vii] Zangerolamo, L., et autres. « The bile acid TUDCA and neurodegenerative disorders: An overview. » Life Sciences, Vol. 272 (2021): 119252.