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Les graines de lupin des protéines végétaliennes haut de gamme

Comme chacun sait, le régime alimentaire standard en Amérique du Nord est particulièrement riche en glucides et en sucres raffinés. Aujourd’hui, de nombreuses personnes essaient de compléter le contenu en protéines de leur alimentation avec des poudres protéinées. Dans le même temps, de plus en plus de gens optent pour une alimentation végétarienne ou végétalienne. Si ces régimes apportent de nombreux avantages — bien suivis, ils sont par exemple riches en fruits, légumes, et légumineuses, et permettent de réduire les risques de maladies coronariennes, de cancer, et d’autres affections chroniques [1][2] — ils présentent aussi quelques risques, notamment de carences nutritionnelles. Parmi celles-ci, on trouve les carences en protéines, fer, vitamine B12, zinc, vitamine D, et acides gras oméga-3 [2][3].

Les graines de lupin sont une source de protéines de grande qualité, idéales pour les végétariens ou les végétaliens, mais aussi pour tous ceux qui veulent améliorer leur apport protéique. Ce qu’on ne sait généralement pas, c’est que le lupin est une légumineuse (un haricot) et que la famille du lupin comprend le lupin blanc (Lupinus albus), le jaune (L. luteus) et le bleu (L. angustifolius[4]. Les lupins sont des légumineuses originaires d’Europe et, selon une revue parue en 2015, ils sont « une alternative sérieuse au soja » [4]. Leur graine est riche en protéines (jusqu’à 44 %), et ils peuvent être cultivés de façon durable [4].

Le lupin a une bonne teneur en acides aminés, comprenant les neuf acides aminés essentiels (*). Une portion de 30 g de graines de lupin fournit environ :

  • 5 g de glutamine
  • 2,6 g d’arginine
  • 1,6 g de leucine*
  • 1,1 g de lysine*
  • 1,1 g de sérine
  • 1 g de glycine
  • 0,9 g de valine*
  • 0,8 g de tyrosine
  • 0,8 g d’alanine
  • 0,8 g de thréonine*
  • 0,8 g d’isoleucine*
  • 0,6 g d’histidine*
  • 0,5 g de phénylalanine*
  • 0,2 g de tryptophane*
  • 0,2 g de méthionine*
  • 0,1 g de proline

En plus d’être une source de protéines, le lupin contient d’autres composés qui ont fait l’objet de recherches pour leurs effets sur la santé. La fraction protéique de la γ‑conglutine a été étudiée pour ses effets possibles sur la résistance à l’insuline et sur le diabète ; les graines de lupin sont riches en ferritine, une protéine contenant du fer ; les protéines du lupin pourraient également avoir des effets sur l’inflammation, sur la régulation de la flore intestinale, et sur d’autres paramètres métaboliques tels que les lipides et la tension [4].

Plusieurs études ont évalué les effets d’une supplémentation en protéines de lupin sur le cholestérol. Un essai aléatoire à double insu et contrôlé contre placébo (EADICP) a suivi 72 adultes ayant un taux de cholestérol élevé. Les patients étaient répartis aléatoirement en trois groupes de traitement recevant chaque jour, pendant 28 jours, soit 25 g de protéines de lupin, soit 25 g de protéines de lait, soit des protéines de lait plus 1,6 g d’arginine. La supplémentation en protéines de lupin a entrainé une baisse du cholestérol total, du cholestérol LDL (« mauvais »), des triglycérides, de l’homocystéine (un marqueur de risque cardiaque) et de l’acide urique (lié au contrôle de la glycémie) [5].

Un autre EADICP a étudié l’effet de 25 g de fibres de graines de lupin comparées à des fibres d’agrumes ou à un régime pauvre en fibres pendant quatre semaines [6]. Les fibres de lupin ont entrainé une réduction de 9 % du cholestérol total, de 12 % du LDL, et de 10 % des triglycérides par rapport aux fibres d’agrumes. On notera que les fibres de lupin ont aussi été associées à une baisse de l’hypersensibilité à la protéine C‑réactive, un marqueur inflammatoire, et de la tension systolique par rapport aux valeurs initiales. La supplémentation en lupin a été associée de façon singulière à une augmentation du taux d’acides gras à chaine courte, en particulier l’acétate et le propionate, dont il contrôlerait au moins en partie les effets. Les acides gras à chaine courte (AGCC) présentent un intérêt dans la mesure où l’on suppose qu’ils fournissent l’énergie des cellules tapissant les intestins, notamment le gros intestin ou côlon [7]. Quoi qu’il en soit, les AGCC passent aussi dans la circulation et sont utilisés par divers organes, dont le foie [7]. Des résultats semblables ont été mis en évidence pour le cholestérol par une troisième étude [8].

Une autre étude a évalué l’effet des protéines de lupin et de l’un de leurs composants actifs, la γ‑conglutine, sur le contrôle de la glycémie [9]. Lors d’un essai contrôlé contre placébo portant sur 15 participants en bonne santé, trois différents dosages de protéines de lupin ont été administrés, suivis d’un apport en glucides. La glycémie a été mesurée au cours des trois heures suivantes. Par rapport au placébo, les protéines de lupin dosées à 1,5 g et 3 g (mais pas la dose inférieure) ont été associées à une moindre augmentation de la glycémie suite à la charge glucidique. C’est ce qu’illustre la figure 1.

Figure 1. Effet hypoglycémiant du lupin (d’après Bertoglio 2011)

Un autre ERC portant sur 24 patients diabétiques a évalué l’effet de la poudre de lupin (contenant 12,5 g de fibres de lupin et 22 g de protéines de lupin) sur le contrôle de la glycémie après l’ingestion d’une boisson contenant 50 g de glucose, comparée à :

  1. farine de soja et boisson au glucose ; et
  2. boisson au glucose seule (groupe de contrôle) [10].

Après absorption du glucose, la glycémie était significativement plus basse dans les groupes avec lupin et soja par rapport au groupe de contrôle. Les taux d’insuline et de peptides‑C étaient également plus élevés avec le lupin et le soja que dans le groupe de contrôle.

Enfin, une EADICP a évalué les effets du lupin sur 88 patients en surpoids et obèses [11]. Les participants étaient désignés au hasard pour remplacer 15 à 20 % de leur apport énergétique quotidien habituel par du pain blanc (groupe de contrôle) ou du pain enrichi en farine de graines de lupin (groupe lupin). On a observé dans ce dernier groupe une réduction légère mais significative de la tension systolique (−3,0 mmHg), et une réduction de la tension différentielle (−3,5 mmHg).

Globalement, les données présentées ici montrent qu’il existe un besoin en compléments protéiques d’origine végétale de bonne qualité pour une partie importante de la population. Les graines de lupin contiennent l’intégralité des neuf acides aminés essentiels ainsi qu’une quantité relativement élevée de fer. Le lupin est, de plus, une ressource protéique durable. La supplémentation en protéines de graines de lupin est intéressante en matière de cholestérol, de contrôle glycémique, et de contrôle de la tension ; elle a aussi des effets antiinflammatoires ainsi que des effets bénéfiques sur la flore intestinale et sur la production d’acides gras à chaine courte.

Références

  1. Patel, H., et autres. « Plant-based nutrition: an essential component of cardiovascular disease prevention and management. » Current Cardiology Reports, Vol. 19, N° 10 (2017): 104.
  2. Craig, W.J., Mangels AR; American Dietetic Association. « Position of the American Dietetic Association: Vegetarian diets. » Journal of the American Dietetic Association, Vol. 109, N° 7 (2009): 1266–1282.
  3. Agnoli, C., et autres. « Position paper on vegetarian diets from the working group of the Italian Society of Human Nutrition. » Nutrition, Metabolism, and Cardiovascular Diseases, Vol. 27, N° 12 (2017): 1037–1052.
  4. Lucas, M.M., et autres. « The future of lupin as a protein crop in Europe. » Frontiers in Plant Science, Vol. 6 (2015): 705.
  5. Bähr, M., et autres. « Consuming a mixed diet enriched with lupin protein beneficially affects plasma lipids in hypercholesterolemic subjects: a randomized controlled trial. » Clinical Nutrition, Vol. 34, N° 1 (2015): 7–14.
  6. Fechner, A., M. Kiehntopf, et G. Jahreis. « The formation of short-chain fatty acids is positively associated with the blood lipid-lowering effect of lupin kernel fiber in moderately hypercholesterolemic adults. » The Journal of Nutrition, Vol. 144, N° 5 (2014): 599–607.
  7. den Besten, G., et autres. « The role of short-chain fatty acids in the interplay between diet, gut microbiota, and host energy metabolism. » Journal of Lipid Research, Vol. 54, N° 9 (2013): 2325–2340.
  8. Weisse, K., et autres. « Lupin protein compared to casein lowers the LDL cholesterol:HDL cholesterol-ratio of hypercholesterolemic adults. » European Journal of Nutrition, Vol. 49, N° 2 (2010): 65–71.
  9. Bertoglio, J.C., et autres. « Hypoglycemic effect of lupin seed γ-conglutin in experimental animals and healthy human subjects. » Fitoterapia, Vol. 82, N° 7 (2011): 933–8.
  10. Dove, E.R., et autres. « Lupin and soya reduce glycaemia acutely in type 2 diabetes. » The British Journal of Nutrition, Vol. 106, N° 7 (2011): 1045–1051.
  11. Lee, Y.P., et autres. « Effects of lupin kernel flour-enriched bread on blood pressure: A controlled intervention study. » The American Journal of Clinical Nutrition, Vol. 89, N° 3 (2009): 766–772.

Dr. Philip Rouchotas, MSc, ND

Naturopathe renommé dans la communauté, il est aussi professeur associé et rédacteur-en-chef d'Integrated Healthcare Practitioners.

Dr. Heidi Fritz, MA, ND

Practicienne de naturopathie depuis 2007, elle s'intéresse à la santé des femmes et des enfants, à la douleur chronique, et plus.