SOD : un acronyme à explorer
Dans notre monde actuel, où tout va très vite et où le stress est omniprésent, les antioxydants sont devenus un sujet central pour la santé et le bienêtre. Des...
Avec l’essor de la sensibilisation à la santé holistique et un accès facilité à des informations de bienêtre fondées sur des preuves scientifiques, les antioxydants sont devenus un élément incontournable du bienêtre. Autrefois cantonnés aux articles scientifiques, ils sont désormais présents dans les produits de soins de la peau, les aliments spécialisés, les suppléments alimentaires, et même dans les discussions quotidiennes sur la santé en ligne [1].

Pour mieux comprendre ce que sont les antioxydants et leurs bienfaits pour la santé, il est essentiel de comprendre ce que sont les radicaux libres (ou oxydants). En chimie et en biologie cellulaire, les radicaux libres sont des molécules possédant des électrons non appariés, ce qui les rend naturellement très instables et réactifs. L’organisme produit des radicaux libres par divers processus biologiques normaux, tels que le métabolisme aérobie (respiration, digestion, exercice physique) et les mécanismes de défense contre les agents pathogènes. Ils peuvent également provenir de facteurs externes comme la pollution, le tabagisme, l’alcool, les aliments transformés, les radiations, et une exposition excessive au soleil [2].
Les radicaux libres jouent un rôle essentiel dans la défense immunitaire, la signalisation cellulaire, et l’adaptation physiologique, et ne sont pas intrinsèquement nocifs. Produits naturellement lors du métabolisme, ils aident l’organisme à réagir face à des agressions telles que les infections, l’exercice physique, et le stress environnemental. Dans ces contextes, les radicaux libres sont nécessaires et bénéfiques ; c’est le déséquilibre entre les radicaux libres et les défenses antioxydantes qui pose problème. L’instabilité des radicaux libres peut parfois affecter l’intégrité et la structure des cellules voisines (membranes, lipides, protéines, ADN). Les radicaux libres, dépourvus d’un électron, ont tendance à « voler » des électrons à des structures qui en ont d’autres pour se stabiliser. En excès, les radicaux libres (ou oxydants) sont à l’origine d’un phénomène appelé stress oxydatif. Le stress oxydatif survient lorsqu’il existe un déséquilibre entre la présence de radicaux libres et la capacité de l’organisme à les éliminer. En cas de stress oxydatif chronique, celui-ci peut endommager les tissus à long terme et contribuer à l’inflammation ; aux maladies chroniques et dégénératives comme les maladies cardiaques, l’hypertension, la prééclampsie, le diabète, la maladie d’Alzheimer, et le cancer ; ainsi qu’à l’accélération du processus de vieillissement et des pathologies aigües (p. ex., accident vasculaire cérébral ou insuffisance rénale) [3], [4].
C’est là qu’interviennent les antioxydants. Il est important de noter que les antioxydants naturels proviennent de presque toutes les sources végétales (fruits, légumes, céréales, légumineuses, noix, et graines) et de certains tissus animaux. Leur capacité à exercer une activité antioxydante, antiinflammatoire, ou bénéfique pour la santé dépend de l’espèce végétale, de sa diversité, de la méthode d’extraction, et des conditions de culture. Les fruits et légumes rouges, oranges, et violets présentent une forte activité antioxydante [5].
Les antioxydants sont des composés qui protègent les cellules des dommages causés par les radicaux libres. Ils neutralisent ces radicaux en cédant une partie de leurs électrons sans devenir eux-mêmes instables. Il a été démontré que les antioxydants ralentissent, contrôlent, ou bloquent les processus impliqués dans la progression du stress oxydatif. C’est pourquoi leur utilisation s’avère si prometteuse pour améliorer la santé [6].
Notre organisme est incroyablement résistant, notamment grâce à ses propres systèmes antioxydants et de détoxification internes, comme le glutathion réduit (GSH) [7]. Cependant, face à l’augmentation des facteurs de stress physiologiques et environnementaux et aux aléas du mode de vie, notre organisme peut avoir besoin d’un apport supplémentaire en antioxydants. Plusieurs études ont démontré les bienfaits des suppléments alimentaires antioxydants sur le développement et les risques de maladies chroniques associées au vieillissement prématuré, au cancer, à la cataracte, aux troubles cognitifs, à la fatigue, à l’immunosuppression, à la récupération après l’effort, et à d’autres affections. Ces études suggèrent qu’un bon équilibre antioxydant est :

En effet, tous les antioxydants n’agissent pas de la même manière, dans les mêmes parties du corps, ni n’offrent les mêmes bienfaits. Voici quelques exemples d’antioxydants qui illustrent leur caractère unique et leur grande efficacité lorsqu’ils sont utilisés à bon escient.
L’acide alpha-lipoïque (AAL) est un antioxydant tant hydrosoluble que liposoluble et qui joue un rôle important dans la protection des cellules et des tissus endommagés (notamment en cas de stress oxydatif).
L’AAL est naturellement présent dans les tissus animaux à forte activité métabolique, comme les abats (cœur, foie, rognons), ainsi que dans certains légumes tels que le brocoli, la tomate, les pois, le chou de Bruxelles, et le riz [15].
L’AAL contribue significativement à ralentir l’apparition du syndrome métabolique et des maladies neurodégénératives, ainsi que des maladies chroniques comme le diabète et la neuropathie diabétique [16].

L’astaxanthine est un caroténoïde (précurseur de la vitamine A) et un pigment naturel rose ou rouge présent dans les microalgues et les fruits de mer comme le saumon et le krill. C’est un puissant antioxydant naturel qui pourrait être jusqu’à 6 000 fois plus puissant que la vitamine C. L’astaxanthine est de plus en plus utilisée dans les suppléments alimentaires antiâge et pour la santé de la peau grâce à ses propriétés protectrices contre les rayons UV et sa capacité à moduler l’inflammation et à optimiser l’endurance [17], [18].
Le glutathion (GSH) est une molécule essentielle produite dans presque toutes les cellules de l’organisme, mais en quantité particulièrement élevée dans les organes jouant un rôle majeur dans la détoxification et la défense antioxydante, tels que le foie, les poumons, les intestins, et les cellules immunitaires. Il est également connu comme « l’antioxydant maitre ». Il joue aussi un rôle clé dans la production d’énergie (santé mitochondriale), la fonction immunitaire, la santé de la peau, le ralentissement du vieillissement, et la prévention des maladies chroniques, entre autres [19]. Les réserves de glutathion s’épuisent en raison du stress, de la consommation d’alcool, d’une mauvaise alimentation, de la pollution, du vieillissement, des infections, et des maladies chroniques. Ces réserves peuvent être reconstituées grâce à un sommeil suffisant, la consommation de légumes riches en soufre — comme l’ail, le brocoli, et les oignons — ainsi que de protéines de lactosérum riches en cystéine ; de phytonutriments tels que le curcuma et le chardon-marie ; et de sélénium, de vitamine C, et de N-acétylcystéine (NAC), précurseur du GSH [20], [21], [22].
La vitamine C (acide ascorbique) est un puissant antioxydant hydrosoluble qui agit comme cofacteur d’enzymes impliquées dans la biosynthèse et la régulation des gènes et contribue aux défenses immunitaires de l’organisme. La vitamine C soutient la fonction de la barrière cutanée et la production de collagène, renforce le système immunitaire inné et adaptatif (notamment en éradiquant les infections microbiennes), améliore la fonction surrénalienne (en particulier la réponse au stress), et agit en synergie avec d’autres antioxydants comme la vitamine E [23].
La vitamine E est un groupe de composés liposolubles (alpha-, bêta-, gamma- et delta-tocophérols et alpha-, bêta-, gamma- et delta-tocotriénols) présentant différents niveaux d’activité antioxydante. L’alpha-tocophérol est la principale forme de vitamine E stockée par l’organisme, grâce à une protéine hépatique spécifique. D’autres formes, comme le gamma-tocophérol et les tocotriénols, sont également absorbées et offrent des bienfaits spécifiques, bien qu’elles ne soient pas stockées aussi longtemps. De manière générale, la vitamine E est principalement connue pour son rôle dans la prévention et le ralentissement des maladies cardiovasculaires, du cancer, des troubles oculaires, et du déclin cognitif, probablement grâce à son implication dans les processus antiinflammatoires, l’inhibition de l’agrégation plaquettaire, et le renforcement du système immunitaire [24].

Il est important de noter que les suppléments antioxydants ne doivent en aucun cas se substituer à une alimentation saine ou aux soins médicaux conventionnels, ni constituer un prétexte pour reporter une consultation médicale. Ces suppléments peuvent également interagir avec des médicaments ou d’autres suppléments alimentaires, voire aggraver des affections existantes. Par exemple, une supplémentation en bêta-carotène à forte dose a été associée à un risque accru de cancer du poumon chez les fumeurs et les travailleurs exposés à l’amiante [25]. De même, une supplémentation en vitamine E à forte dose peut augmenter le risque de cancer de la prostate et le risque d’hémorragie en perturbant la coagulation sanguine (chez les personnes prenant des anticoagulants ou des antiagrégants plaquettaires) [26], [27].
Les antioxydants bénéficient à juste titre d’une notoriété accrue et leur accessibilité s’améliore (par exemple, en les intégrant à notre routine quotidienne, à notre alimentation, et à des suppléments alimentaires). Ils sont essentiels car ils protègent notre organisme en profondeur au niveau cellulaire et étendent les bienfaits de notre système immunitaire à notre peau — littéralement de l’intérieur vers l’extérieur !

Kim est docteure en naturopathie et doula à Toronto, en Ontario. Elle porte un intérêt particulier pour la fertilité et la santé reproductive. Elle aide les gens en facilitant leurs plans de gestion de la santé, en les connectant à des solutions de santé intégratives fondées sur des données probantes, et en les aidant à s’épanouir
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[1] İ. Gulcin. « Antioxidants: A comprehensive review. » Archives of Toxicology, Vol. 99, Nº 5 (2025): 1893–1997.
[2] [Anonyme.] « Free radicals vs. reactive oxygen species: What’s the difference? » Cell Guidance Systems. https://www.cellgs.com/blog/free-radicals-vs-reactive-oxygen-species-whats-the-difference.html · Consulté le 2025‑07‑26.
[3] İ. Gulcin, op. cit.
[4] G. Pizzino, et autres. « Oxidative stress: Harms and benefits for human health. » Oxidative Medicine and Cellular Longevity (2017): 8416763.
[5] C. Zehiroglu et S.B. Ozturk Sarikaya. « The importance of antioxidants and place in today’s scientific and technological studies. » Journal of Food Science and Technology, Vol. 56, Nº 11 (2019): 4757–4774.
[6] İ. Gulcin, op. cit.
[7] D.A. Averill‑Bates. « The antioxidant glutathione. » Vitamins and Hormones, Vol. 121 (2023): 109–141.
[8] M. Hauer, et autres. « Dietary supplement use in women diagnosed with breast cancer. » The Journal of Nutrition, Vol. 153, Nº 1 (2023): 301–311.
[9] F.J. He, et autres. « Increased consumption of fruit and vegetables is related to a reduced risk of coronary heart disease: Meta-analysis of cohort studies. » Journal of Human Hypertension, Vol. 21, Nº 9 (2007): 717–728.
[10] M.C. Mathew, et autres. « Antioxidant vitamin supplementation for preventing and slowing the progression of age-related cataract. » The Cochrane Database of Systematic Reviews, Vol. 2012, Nº 6 (2012): CD004567.
[11] J. McCleery, et autres. « Vitamin and mineral supplementation for preventing dementia or delaying cognitive decline in people with mild cognitive impairment. » The Cochrane Database of Systematic Reviews, Vol. 11, Nº 2 (2018): CD011905.
[12] I. Milisav, S. Ribarič, et B. Poljsak. « Antioxidant vitamins and ageing. » Sub-Cellular Biochemistry, Vol. 90 (2018): 1–23.
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[14] US Preventive Services Task Force; C.M. Mangione, et autres. « Vitamin, mineral, and multivitamin supplementation to prevent cardiovascular disease and cancer: US Preventive Services Task Force recommendation statement. » JAMA, Vol. 327, Nº 23 (2022): 2326–2333.
[15] F. Superti et R. Russo. « alpha‑Lipoic acid: Biological mechanisms and health benefits. » Antioxidants, Vol. 13, Nº 10 (2024):1228.
[16] H. Nguyen, M.V. Pellegrini, et V. Gupta. « alpha‑Lipoic acid. » Dans : StatPearls [Internet]. Treasure Island (FL), StatPearls Publishing; 2026 Jan. 2024 Jan 26.
[17] G. Bjørklund, et autres. « The role of astaxanthin as a nutraceutical in health and age-related conditions. » Molecules, Vol. 27, Nº 21 (2022): 7167.
[18] M. Sztretye, et autres. « Astaxanthin: A potential mitochondrial-targeted antioxidant treatment in diseases and with aging. » Oxidative Medicine and Cellular Longevity, Vol. 2019 (2019): 3849692.
[19] G. Gandhi, et autres. « Glutathione: The master antioxidant—Beyond skin lightening agent. » Pigment International, Vol. 8, Nº 3 (2021): 144–152.
[20] Ibid.
[21] D.M. Minich et B.I. Brown. « A review of dietary (phyto)nutrients for glutathione support. » Nutrients, Vol. 11, Nº 9 (2019): 2073.
[22] M.S. Trivedi, et autres. « Short-term sleep deprivation leads to decreased systemic redox metabolites and altered epigenetic status. » PloS One, Vol. 12, Nº 7 (2017): e0181978.
[23] A.C. Carr et S. Maggini. « Vitamin C and immune function. » Nutrients, Vol. 9, Nº 11 (2017): 1211.
[24] [Anonyme.] « Vitamin E. Fact sheet for health professionals. » National Institutes of Health. https://ods.od.nih.gov/factsheets/VitaminE-HealthProfessional/ · Consulté le 2025‑07‑26.
[25] J. Kordiak, et autres. « Role of beta‑carotene in lung cancer primary chemoprevention: A systematic review with meta-analysis and meta-regression. » Nutrients, Vol. 14, Nº 7 (2022): 1361.
[26] D. Albanes, et autres. « Plasma tocopherols and risk of prostate cancer in the Selenium and Vitamin E Cancer Prevention Trial (SELECT). » Cancer Prevention Research, Vol. 7, Nº 9 (2014): 886–895.
[27] K.N. Owen et O. Dewald. « Vitamin E toxicity. » Dans : StatPearls [Internet]. Treasure Island (FL), StatPearls Publishing; 2026 Jan. 2023 Feb 13.