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Probiotiques, prébiotiques, et au-delà !
Prévention et traitement des pathologies liées aux antibiotiques
par Dre Angeli Chitale BSc ND
Les antibiotiques ont été les médicaments miracles du vingtième siècle. Mais au vingt-et-unième, la question des bactéries résistantes aux antibiotiques constitue une sérieuse menace pour la santé publique. En moyenne, un Canadien prend un traitement antibiotique tous les 18 mois. À défaut de mesures spécifiques pour rétablir l’équilibre du microbiote, l’utilisation d’antibiotiques présente un double risque sanitaire :
La résistance aux antibiotiques se manifeste par une propagation de bactéries pathogènes, les « superbactéries », qui résistent aux traitements antibiotiques. On estime à 2,4 millions le nombre de décès qui seront imputables à des infections résistantes aux antibiotiques d’ici 2050 dans certains pays développés (Canada, États-Unis, Australie, Nouvelle-Zélande) [1].
Les pathologies liées aux antibiotiques sont des affections provoquées par une perturbation du microbiote. Les statistiques montrent que l’usage accru d’antibiotiques est directement lié à l’augmentation des pathologies suivantes [2] :
La surutilisation croissante d’antibiotiques en agriculture, en médecine, et pour les soins hospitaliers rend nécessaire l’usage de probiotiques pour rétablir l’équilibre du microbiote lorsque des antibiotiques ont été prescrits aux patients.
Imaginez une forêt tropicale — un écosystème composé d’espèces variées et inconnues cohabitant en un délicat équilibre, produit d’une évolution millénaire. De la même façon, le microbiote humain est composé de multiples microorganismes vivant en équilibre (bactéries, champignons, parasites, et virus). Ces microhabitants vivent à l’intérieur et à la surface de notre corps, et ont évolué en même temps que nous. Le corps humain est composé de plus de 40 billions de cellules, parmi lesquelles 30 billions forment le microbiote. En d’autres termes, les trois quarts de nos cellules font partie du microbiote, nous rendant, en proportion, plus microorganismes qu’humains !
Les probiotiques sont une source de « bonnes » bactéries (c’est-à-dire bénéfiques) vivant dans notre organisme et constituant une grande partie de notre microbiote. Pendant des siècles, les aliments fermentés ont constitué la principale source de probiotiques.
Pour l’usage thérapeutique, on dispose comme compléments de souches de probiotiques isolées et concentrées.
Dans la pratique clinique, les deux principales questions que posent les patients à propos des probiotiques sont :
La réponse, après étude de vos antécédents médicaux depuis la naissance, dépendra de deux facteurs :
À quoi sert le microbiote ? Le microbiote contrôle et entretient plusieurs fonctions essentielles dans l’organisme :
Les antibiotiques sont les principaux perturbateurs de l’équilibre et de l’activité du microbiote. C’est pour cette raison que des pathologies liées aux antibiotiques, telles que les allergies, l’exéma, les maladies auto-immunes, l’obésité infantile, et les troubles intestinaux et métaboliques sont en augmentation [2].
Les prébiotiques sont des aliments sains, qui nourrissent vos bonnes bactéries. Les fibres solubles sont des prébiotiques provenant surtout des aliments végétaux. Le régime alimentaire standard en Amérique du Nord comporte environ 4 g de fibres solubles, alors que le régime méditerranéen en contient entre 15 et 20 g.
Il est important de travailler en collaboration avec un clinicien qualifié et expérimenté, tel qu’un médecin naturopathe, pour mettre en place et assurer le suivi de tout programme de traitement.