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Magnésium, panacée minérale


Les anciens fermiers et nos grands-mères connaissent très bien ce remède, alors offert sous forme de chlorure de magnésium peu couteux et oh ! combien efficace, utilisé en topique ou en interne, tant pour les bêtes que pour leurs éleveurs comme antiinfectieux, antifatigue, antirachitique, etc.

Aujourd’hui, la science a décortiqué en détail les centaines de propriétés du magnésium qui font de lui un des minéraux parmi les plus indispensables pour le corps, et un allié de premier choix pour soigner presque tout type de pathologie, tant cardiovasculaire qu’infectieuse, métabolique, nerveuse, rhumatologique, ou encore hormonale.

      

Indispensable, tout simplement

La liste des propriétés du magnésium est bien trop longue, mais par exemple d’un point de vue biochimique, il équilibre avec le calcium la transmission neuromusculaire ; il conditionne le métabolisme des glucides et des acides aminés ; il potentialise la biodisponibilité du potassium, des vitamines B6, E, et C, ou encore du silicium ; il assure la transformation de toutes les vitamines B en coenzymes et permet le fonctionnement enzymatique du corps, la synthèse d’acides nucléiques ou d’hormones (il est par exemple utile avec le zinc et la B6 pour la synthèse des prostaglandines à partir des omégas‑3 et 6). D’un point de vue fonctionnel, parmi bien d’autres qualités, il aide à l’équilibre acide-base et à la régulation de la température du corps ; il favorise l’absorption intestinale des lipides ; il joue un rôle dans l’adaptation au stress du cœur et du cerveau ; il stimule le système immunitaire, prévient la formation d’athérome, et maintient la fluidité sanguine ; etc. En conclusion il s’agit d’un minéral parmi les plus essentiels au bon fonctionnement du corps.


Posologie et exemple de formes actuelles de supplémentation

Nous disposons maintenant de formules avancées, associant au magnésium des molécules synergiques — comme la l‑taurine, qui maintient le magnésium dans la cellule, ou la vitamine D, qui améliore son absorption — mais aussi d’intelligents ratios entre calcium et magnésium pour reminéraliser correctement le squelette. Sont aussi disponibles des formes hautement absorbables comme le glycinate de magnésium, l’une des formes de magnésium les mieux tolérées et les mieux assimilées, car il est transporté sous forme de composé entier à travers la paroi intestinale, ce qui par ailleurs diminue le risque de diarrhée et fournit également de la glycine, un acide aminé calmant souvent manquant aux populations. Les apports journaliers recommandés sont d’environ 400 mg, mais il faut garder à l’esprit que seulement 30 à 40 % du magnésium contenu dans les aliments est absorbé au niveau de l’intestin grêle. Sportifs, femmes enceintes et allaitantes, personnes âgées, et aussi malades auront des besoins plus élevés (500 à 600 mg).


Quelques causes et conséquences d’une carence en magnésium

L’action du magnésium est empêchée par l’alcool, le café, et le thé en excès, ainsi que le stress. De nombreux médicaments, y compris les pilules contraceptives, les antibiotiques, les produits pour l’asthme, et la cortisone —, les phosphates des boissons gazeuses, et les édulcorants comme l’aspartame, piègent le magnésium dans l’organisme et entrainent une carence. Par ailleurs, l’agriculture intensive, le traitement des eaux courantes, et surtout le raffinage des aliments ont drastiquement réduit le contenu en magnésium de nos aliments (par exemple, 80 % sont perdus entre le blé et la farine blanche raffinée). Bien que la carence en magnésium ou hypomagnésémie n’a de traduction clinique que lorsqu’elle est sévère, rares sont celles et ceux qui jouissent d’un niveau optimal de magnésium, car à l’instar de la vitamine D, la majorité de la population est carencée (en 1997 déjà, la National Academy of Sciences avait estimé que plus de 70 % des Américains accusaient un déficit en magnésium). Parallèlement à ce phénomène, la plupart des maladies de civilisation s’accompagnent de déficience plus ou moins grave en magnésium, lequel s’avère déterminant pour le bon fonctionnement cellulaire.

Le magnésium agit au niveau des pompes membranaires en régulant l’entrée du calcium, qui réduit nettement le fonctionnement cellulaire en cas de carence en magnésium. Parmi les conséquences cliniques de ce dysfonctionnent cellulaire induit par un ratio calcium/magnésium déséquilibré se trouvent entre autres :

  • l’hyperinsulinémie et la résistance à l’insuline pour les adipocytes et les cellules musculaires, hépatiques, et pancréatiques ;
  • l’hypertension due à la libération de cortisol par les cellules des surrénales, la rétention de sodium au niveau des cellules rénales, et le raidissement des cellules des vaisseaux sanguins ;
  • l’irritabilité, l’hyperactivité, etc., des cellules nerveuses trop stimulées ;
  • la thrombose avec l’agrégation plaquettaire ;
  • les crampes musculaires et la migraine ; et
  • les troubles cardiaques, du fait de l’élargissement et de la contractibilité exacerbée des cellules du cœur.

   
 


Pas de panique, les solutions existent !

Tout simplement, régalez-vous de végétaux riches en magnésium tels qu’algues, tofu, amandes, avocats, céréales complètes riches en son, bananes, dattes, figues, germe de blé, légumes vert foncé, légumineuses, courges et graines de citrouille, noisettes, et noix. Le magnésium se trouve aussi dans les coquillages et les fruits de mer, le poisson, les produits laitiers, et la viande, mais en bien moindre quantité.

Au magasin de produits de santé naturels du coin, vous irez chercher un supplément de diglycinate de magnésium pour vous assurer d’un apport quotidien optimal, avec éventuellement du chlorure de magnésium pour un bain relaxant agrémenté d’un peu d’huile essentielle de lavande, ou de petit grain bigarade.

 

Références

  1. Firoz, M., et M. Graber. « Bioavailability of US commercial magnesium preparations. » Magnesium Research, Vol. 14, N° 4 (2001): 257–262.
  2. Schuette, S.A., et autres. « Bioavailability of magnesium diglycinate vs magnesium oxide in patients with ileal resection. » Journal of Parenteral and Enteral Nutrition, Vol. 18, N° 5 (1994): 430–435.
  3. Grosdidier, R. Le guide des compléments alimentaires, Paris: Guy Trédaniel, 2011, 295 p., ISBN 978‑2‑8132‑0259‑8.
  4. Seelig, M.S., et A. Rosanoff. The magnesium factor, New York: Avery, 2003, 384 p., ISBN 978‑1‑5833‑3156‑9.

 

Guillaume Landry, MSc, Naturopathe

Sa plume a pour dessein la sensibilisation aux merveilles
de dame nature, et à la médecine naturelle.