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Inositol : le grand communicateur


L’inositol est un nutriment lié à la famille des vitamines B, qui fait l’objet de nombreuses études sur son rôle dans des conditions liées à la fertilité, tels que le syndrome des ovaires polykystiques, et le diabète. L’inositol est un « second messager » : un composant critique des cascades de signalement intracellulaires [1]. Cela signifie qu’il participe à la séquence des évènements qui se produisent dans la cellule après qu’une hormone se lie à son récepteur à la surface de celle-ci. Cette séquence d’évènements transmet ensuite le signal dans la cellule par une série de réactions, dont fait partie l’inositol. Pour cette raison, nous disons que l’inositol augmente la signalisation hormonale, ou la communication, dans tout le corps.

L’inositol est reconnu pour fonctionner comme un second messager dans deux systèmes hormonaux importants : la cascade de signalisation de l’insuline, et la cascade de signalisation de la thyroïde [2][3]. Le myo‑inositol est également impliqué dans la signalisation de la HSF (hormone de stimulation folliculaire), ce qui est important pour le développement de la stimulation des follicules en préparation à l’ovulation [3].

La résistance à l’insuline est un facteur critique dans la cause du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Ce syndrome affecte jusqu’à 10 % des femmes, et implique une ovulation altérée ou absente, une quantité élevée d’hormones mâles comme la testostérone ou la DHEA, et des ovaires polykystiques vues à l’échographie. La résistance à l’insuline conduit à des niveaux élevés d’insuline, ce qui à son tour affecte l’ovulation. Des études ont démontré que les patientes souffrant du SOPK ont des niveaux réduits d’inositol, en particulier dans les cellules thèques de l’ovaire, et un métabolisme modifié de l’inositol [3][4][5]. Lorsque les patientes reçoivent un supplément de myo‑inositol, l’ovulation se normalise ; les niveaux d’hormones sexuelles, dont l’estrogène, la progestérone, et la testostérone, s’améliorent, de même que la résistance à l’insuline [3]. D’autres bienfaits métaboliques associés à la supplémentation en myo‑inositol comprennent la réduction de la pression artérielle élevée et du cholestérol [3]. Un certain nombre d’études démontrent la restauration de la fonction ovulatoire normale auprès de jusqu’à 65 % des patientes traitées [3].

Des études démontrent que l’inositol peut être aussi efficace que la metformine, un médicament de sensibilisation à l’insuline souvent prescrit pour le SOPK, dans la régulation de l’ovulation [6]. Une étude a révélé que la supplémentation en inositol rétablit l’ovulation normale auprès de 65 % des femmes, contre 50 % des femmes dans le groupe prenant de la metformine [6]. Une étude a révélé que, par rapport à la metformine, l’inositol était plus efficace pour réduire les taux élevés de testostérone et les mesures d’inflammation (protéine C‑réactive) [7]. Une autre étude a révélé que lorsque la metformine et le myo‑inositol ont été comparés, les deux ont entrainé des résultats comparables en termes de pourcentage de patientes avec ovulation restaurée, d’amélioration de la sensibilité à l’insuline, et de réduction de l’indice de masse corporelle (IMC), une mesure de l’obésité [8].

L’inositol a également été étudié pour ses effets sur les patientes subissant un traitement de fertilité. Chez les patientes souffrant du SOPK subissant une induction de l’ovulation et une insémination intra-utérine (IIU), la supplémentation en myo‑inositol a entrainé des taux accrus de grossesse et réduit les doses de médicaments nécessaires [9]. Chez les patientes subissant une fécondation in vitro, la supplémentation en inositol pendant trois mois avant celle-ci a amélioré la qualité du sperme et des ovules, améliorant le développement des follicules, et réduisant la quantité de médicament hormonal nécessaire [10]. L’inositol a également réduit le nombre d’ovules dégénérés ou immatures [10]. Dans une autre étude menée auprès de femmes considérées comme « répondant mal » à la fécondation in vitro, l’ajout d’une supplémentation en myo‑inositol a entrainé la récupération d’un plus grand nombre d’ovocytes (ovules) et amélioré leur qualité [11]. Cela peut être dû au rôle de l’inositol dans l’augmentation de la signalisation de la HSF. En effet, les chercheurs ont conclu que le myo‑inositol semblait améliorer la réponse ovarienne aux gonadotrophines (hormones FSH et LH) ainsi que l’indice de sensibilité ovarien (OSI), et peut donc être utile aux femmes qui ne répondent pas bien aux médicaments de fertilité [11].

Les patientes souffrant du SOPK sont plus à risque de développer du diabète gestationnel (DG) en cas de grossesse. Plusieurs études suggèrent que la supplémentation en myo‑inositol peut réduire ce risque. Dans une étude menée auprès de 220 femmes ayant des antécédents familiaux de diabète de type 2, la supplémentation avec 4 g de myo‑inositol à compter de la fin du premier trimestre de la grossesse a entrainé une diminution significative du taux de DG (6 % contre 15 % dans le groupe placébo) ainsi qu’une diminution de la macrosomie, qui est le fait de donner naissance à un gros bébé de plus de 4 kg [12]. Une autre étude a démontré que parmi les femmes enceintes obèses, la supplémentation en myo‑inositol à compter du début du premier trimestre a réduit le développement de DG à 14 % des femmes, comparativement à 34 % des femmes du groupe témoin [13]. Une autre étude menée auprès de 75 femmes enceintes qui n’étaient pas obèses, mais avaient une glycémie à jeun élevée dans leurs premiers trimestres a révélé que la supplémentation en myo‑inositol a entrainé une incidence plus faible de DG diagnostiqué au cours du deuxième trimestre, ainsi que la naissance de bébés généralement plus petits et moins d’accouchements prématurés [14]. Une quatrième étude, menée auprès de 69 femmes enceintes souffrant de DG, a noté que la supplémentation en myo‑inositol a entrainé une amélioration de la sensibilité à l’insuline chez 50 % des femmes traitées, par rapport à 29 % des femmes suivant seulement une diète spéciale [15]. Une cinquième étude n’a démontré aucun effet dans la prévention du DG [16].

Enfin, plusieurs études suggèrent que l’inositol puisse aider à normaliser la fonction thyroïdienne. Une étude menée en 2013 auprès de patients atteints de la thyroïdite de Hashimoto, une thyroïdite auto-immune chronique qui provoque ultimement une diminution de la fonction de la thyroïde, a constaté que la supplémentation avec une combinaison de sélénium et de myo‑inositol pourrait améliorer les mesures de laboratoire de l’hypothyroïdie infraclinique, y compris l’abaissement des anticorps TSH et de la thyroïde [2]. Une étude plus récente a démontré que, parmi les 86 patients avec thyroïdite de Hashimoto et un niveau de TSH entre 3 et 6, le traitement avec du sélénium et du myo‑inositol pendant six mois a entrainé une augmentation significative des hormones thyroïdiennes T3 et T4 libres, et une diminution des symptômes associés à l’hypothyroïdie infraclinique [17]. La supplémentation a également été associée à une diminution des anticorps TPO et antithyroglobuline.

En conclusion, nous voyons la preuve que l’inositol est le second messager par excellence : l’inositol est une composante essentielle des cascades de signalisation hormonales, y compris l’insuline, les gonadotrophines telles que la HSF, et l’hormone stimulant la thyroïde (TSH). L’inositol s’est avéré bénéfique sur la fonction ovulatoire, la résistance à l’insuline, et la thyroïdite de Hashimoto.


Références

  1. Ting Li, S.Y., et al. “Identification and functional implications of sodium/myo‑inositol cotransporter 1 in pancreatic beta-cells and type 2 diabetes mellitus.” Diabetes. Vol. 66, No. 5 (2017): 1258–1271.
  2. Nordio, M., and R. Pajalich. “Combined treatment with myo‑inositol and selenium ensures euthyroidism in subclinical hypothyroidism patients with autoimmune thyroiditis.” Journal of Thyroid Research. Vol. 2013 (2013): 424163.
  3. Unfer, V., et al. “Effects of inositol(s) in women with PCOS: A systematic review of randomized controlled trials.” International Journal of Endocrinology. Vol. 2016 (2016): 1849162.
  4. Baillargeon, J.-P., et al. “Greek hyperinsulinemic women, with or without polycystic ovary syndrome, display altered inositols metabolism.” Human Reproduction. Vol. 23, No. 6 (2008): 1439–1446.
  5. Baillargeon, J.-P., et al. Altered D‑chiro‑inositol urinary clearance in women with polycystic ovary syndrome.” Diabetes Care. Vol. 29, No. 2 (2006): 300–305.
  6. Raffone, E., P. Rizzo, and V. Benedetto. “Insulin sensitiser agents alone and in co‑treatment with r‑FSH for ovulation induction in PCOS women.” Gynecological Endocrinology. Vol. 26, No. 4 (2010): 275–280.
  7. Jamilian, M., et al. “Comparison of myo‑inositol and metformin on clinical, metabolic and genetic parameters in polycystic ovary syndrome: A randomized controlled clinical trial.” Clinical Endocrinology. 2017 May 9. [Epub ahead of print]
  8. Fruzzetti, F., et al. “Comparison of two insulin sensitizers, metformin and myo‑inositol, in women with polycystic ovary syndrome (PCOS).” Gynecological Endocrinology. Vol. 33, No. 1 (2017): 39–42.
  9. Emekçi Özay, Ö., et al. “myo‑Inositol administration positively effects [sic] ovulation induction and intrauterine insemination in patients with polycystic ovary syndrome: A prospective, controlled, randomized trial.” Gynecological Endocrinology. 2017 Mar 3: 1-5. [Epub ahead of print]
  10. Simi, G., et al. “Inositol and in vitro fertilization with embryo transfer.” International Journal of Endocrinology. Vol. 2017 (2017): 5469409.
  11. Caprio, F., et al. “myo‑Inositol therapy for poor-responders during IVF: A prospective controlled observational trial.” Journal of Ovarian Research. Vol. 8 (2015): 37.
  12. D’Anna, R., et al. “myo‑Inositol supplementation and onset of gestational diabetes mellitus in pregnant women with a family history of type 2 diabetes: A prospective, randomized, placebo-controlled study.” Diabetes Care. Vol. 36, No. 4 (2013): 854–857.
  13. DʼAnna, R., et al. “myo‑Inositol supplementation for prevention of gestational diabetes in obese pregnant women: A randomized controlled trial.” Obstetrics and Gynecology. Vol. 126, No. 2 (2015): 310–315.
  14. Matarrelli, B., et al. “Effect of dietary myo‑inositol supplementation in pregnancy on the incidence of maternal gestational diabetes mellitus and fetal outcomes: A randomized controlled trial.” The Journal of Maternal-Fetal & Neonatal Medicine. Vol. 26, No. 10 (2013): 967–972.
  15. Corrado, F., et al. “The effect of myo‑inositol supplementation on insulin resistance in patients with gestational diabetes.” Diabetic Medicine. Vol. 28, No. 8 (2011): 972–975.
  16. Farren, M., et al. “The prevention of gestational diabetes mellitus with antenatal oral inositol supplementation: A randomized controlled trial.” Diabetes Care. Vol. 40, No. 6 (2017): 759–763.
  17. Nordio, M., and S. Basciani. “Treatment with myo‑inositol and selenium ensures euthyroidism in patients with autoimmune thyroiditis.” International Journal of Endocrinology. Vol. 2017 (2017): 2549491.
     

Heidi Fritz, MA, ND

Practicienne de naturopathie depuis 2007, elle s'intéresse à la
santé des femmes et des enfants, à la douleur chronique, et
plus.

 






Philip Rouchotas, MSc, ND

Naturopathe renommé dans la communauté, il est aussi professeur associé et rédacteur-en-chef d'Integrated Healthcare Practitioners