Contactez-nous : 1 800 268-9486
Page d’accueil > Santé

Gestion du stress : Nourrir le cerveau

Notre société est surchargée de facteurs de stress de toutes sortes : milieu de travail tendu, longs déplacements, troubles familiaux/relationnels, difficultés financières, trop de caféine, trop peu de sommeil, et pas assez de temps libre. Le déclenchement du stress chronique entraine de la dépression, de l’anxiété, et de l’insomnie. Bien que nous devrions changer nos situations stressantes autant que possible et travailler sur des méthodes d’adaptation, nous devons optimiser notre état de santé physique pour aider notre corps à gérer les effets du stress chronique. Fournir au corps des nutriments clés qui améliorent la fonction neurologique et mentale contribue largement à gérer le stress en cours. Cet article traitera des effets de la vitamine D, de l’huile de poisson, des vitamines B, et de la lavande sur la santé mentale.

Vitamine D

La vitamine D est une hormone stéroïde agissant dans le cerveau, et elle est appelée « néurosteroïde » par certains[1]. Le récepteur de la vitamine D (RVD) est largement diffusé dans tout le cerveau humain, y compris le système limbique et le cortex préfrontal, qui sont impliqués dans la régulation de l’humeur et de l’affect[2]. On pense que l’un des mécanismes de la dépression implique des processus inflammatoires dans le cerveau et, de façon intéressante, la vitamine D est également reconnue pour ses effets antiinflammatoires[2]. Des études menées auprès d’animaux ont démontré que la vitamine D peut jouer un rôle dans la production ou le maintien des niveaux de dopamine et de sérotonine dans le cerveau[2]. Enfin, il a également été démontré que la vitamine D influence l’axe hypothalamique-hypophysaire-surrénal (HPS), qui est le principal système responsable de l’adaptation au stress. Bien que le rôle de la vitamine D sur la fonction surrénale n’est pas bien connu, une étude a révélé que la carence prénatale en vitamine D entraine une augmentation de l’hormone corticostérone maternelle[3].

Les essais cliniques indiquent qu’une supplémentation en vitamine D est efficace dans le traitement de la dépression et de l’anxiété. Une étude menée en 2016 auprès de 158 filles présentant des symptômes d’humeur liés au SPM et une carence en vitamine D a démontré qu’une supplémentation en vitamine D a été associée à une note significativement plus basse pour l’anxiété et l’irritabilité, en plus d’une diminution des symptômes d’envie soudaine de pleurer et de tristesse[4]. Une autre étude aléatoire, menée auprès de 40 patients atteints d’un trouble dépressif majeur (TDM), a révélé qu’une supplémentation en vitamine D (50 000 UI par semaine pendant huit semaines) a réduit les symptômes de dépression sur l’Inventaire de dépression de Beck (IDB) par rapport au placébo[5].

Une autre étude a évalué l’effet de la vitamine D lorsqu’ajoutée à l’antidépresseur fluoxétine[6]. Un total de 42 patients avec un diagnostic de trouble dépressif majeur ont été répartis au hasard pour recevoir quotidiennement soit 1500 UI de vitamine D3 plus 20 mg de fluoxétine, soit seulement de la fluoxétine, pendant huit semaines. Les chercheurs ont constaté que la gravité de la dépression a diminué de façon significative après l’intervention, la combinaison de vitamine D et de fluoxétine étant nettement mieux que la fluoxétine seule après la quatrième semaine de traitement.

Huile de poisson

Les acides gras omégas‑3 dérivés de poisson comprennent l’acide eicosapentaénoïque (AEP) et l’acide docosahexaénoïque (ADH). L’AEP exerce des effets antiinflammatoires bien documentés : l’AEP inhibe de manière compétitive la production de cytokines pro‑inflammatoires, telles que la prostaglandine E2 (PGE2), à partir de l’acide arachidonique (AA), et conduit à la production de cytokines antiinflammatoires par les enzymes de la cyclooxygénase (COX). L’AEP peut également influencer la signalisation cellulaire et la production de neurotransmetteurs dans le cerveau. Il a également été démontré que l’AEP peut diminuer les taux de cortisol chez les patients présentant une dépression majeure, aussi bien que les antidépresseurs (fluoxétine)[7].

De nombreuses recherches ont révélé que l’AEP exerce de puissants effets antidépresseurs et de stabilisation sur l’humeur. Les données provenant de nombreux essais aléatoires et de plusieurs méta-analyses démontrent que l’AEP améliore l’humeur chez les patients atteints de dépression et de trouble bipolaire, ainsi que chez les patients présentant des symptômes dépressifs, mais ne répondant pas nécessairement aux critères de dépression majeure[8][9]. Notamment, une méta-analyse faite par Sublette et autres a révélé que les suppléments avec une teneur en AEP supérieure ou égale à 60 % sont bénéfiques en cas de dépression moyenne, avec un effet de taille d’environ 50 %, tandis que les suppléments contenant moins d’AEP étaient inefficaces[10].

Il a également été démontré que l’AEP améliore l’efficacité des antidépresseurs. Lors d’une étude, 42 sujets ont été répartis au hasard pour recevoir 1800 mg d’AEP et 400 mg d’ADH ainsi que du citalopram (antidépresseur), ou du citalopram seul[11]. Après neuf semaines, les patients recevant à la fois le citalopram et l’AEP ont démontré une amélioration significativement plus élevée des notes de l’échelle Hamilton Depression Rating au fil du temps, dès la quatrième semaine.

Une autre étude a examiné les effets de l’AEP seul (1000 mg), de la fluoxétine seule (20 mg), ou des deux combinés pendant huit semaines chez les patients souffrant de dépression majeure[12]. Cette étude a révélé que l’AEP seul et la fluoxétine seule étaient également efficaces pour réduire les symptômes de dépression, mais que leur combinaison entrainait la meilleure réduction. La combinaison d’AEP et de fluoxetine était nettement meilleure que la fluoxétine ou l’AEP seuls à partir de la quatrième semaine de traitement. Les taux de réponse, définis comme une réduction de 50 % ou plus de la note de dépression de base, étaient de 50 %, 56 %, et 81 % pour la fluoxétine, l’AEP, et les deux combinés, respectivement.

Vitamines B

La famille des vitamines B est importante pour la synthèse et le métabolisme des neurotransmetteurs et des hormones, telles que l’œstrogène. De plus, selon l’hypothèse homocystéinique de la dépression, une hausse de la quantité d’homocystéine est impliquée dans la pathogenèse de la dépression[13].

L’homocystéine est un métabolite intermédiaire du métabolisme de la méthionine circulant dans le sang. Si des niveaux adéquats de folate, de vitamine B6 et de vitamine B12 sont disponibles, l’homocystéine est métabolisée en cystéine, un produit final inoffensif. En cas de carence de ces composés, l’homocystéine s’accumule dans le flux sanguin et peut entrainer un risque accru d’accident vasculaire cérébral et, hypothétiquement, de dépression[14][15].

Une étude a évalué la supplémentation avec une capsule de vitamines B activées auprès de 330 patients atteints de polymorphismes génétiques du métabolisme de l’acide folique et de troubles dépressifs majeurs (TDM)[15]. Après huit semaines, 82,4 % des patients ont démontré une réduction moyenne de 25 % de leurs niveaux d’homocystéine, alors qu’en moyenne, les patients recevant le placébo ont eu une petite élévation de l’homocystéine. Les patients recevant des vitamines B ont également vu une réduction moyenne de 12 points des symptômes de dépression à la huitième semaine, tandis que 42 % ont obtenu une rémission complète.

De nombreuses études démontrent qu’une supplémentation avec diverses vitamines B — thiamine, acide folique, et vitamine B12, notamment — soulage les symptômes des patients souffrant de dépression, qu’il y ait ou non de prise d’antidépresseurs[16][17][18][19].

Lavande

Enfin, bien qu’il ne s’agisse pas d’un nutriment, il existe de nombreuses preuves scientifiques concernant l’efficacité de la lavande, une plante médicinale, dans le traitement de l’anxiété et de la dépression comorbide[20][21]. En Allemagne, une préparation de lavande par voie orale est approuvée pour le traitement de l’anxiété. Des études démontrent qu’elle est aussi efficace que des médicaments anxiolytiques courants tels que la paroxétine (Paxil) et le lorazépam (Ativan) dans le traitement de l’anxiété[22][23].

Une étude menée auprès de 318 adultes atteints d’anxiété mixte et de troubles dépressifs (AMTD) au moins modérément sévères, anxieux et déprimés, a démontré qu’un traitement avec 80 mg de lavande par jour pendant 70 jours a réduit les symptômes davantage que le placébo. Les patients qui ont pris de la lavande ont également eu une réduction plus marquée de l’altération de la vie quotidienne et une amélioration de la qualité de vie liée à la santé[20]. Une étude similaire a révélé une amélioration de la qualité du sommeil et une réduction des niveaux d’anxiété chez les patients souffrant d’agitation, d’insomnie, et d’anxiété[21].

Les produits de santé naturels jouent un rôle dans le soutien de l’humeur et de la gestion du stress. Des agents comme la vitamine D, les vitamines B, l’acide eicosapentaénoïque, et la lavande contribuent à fournir du carburant pour une fonction cérébrale optimale et présentent seulement quelques effets secondaires par rapport à certains médicaments d’ordonnance communs disponibles.

Références

  1. Bertone-Johnson, E.R. «Vitamin D and the occurrence of depression: Causal association or circumstantial evidence?» Nutrition Reviews. Vol. 67, N° 8 (2009): 481–492.
  2. Okereke, O.I., et A. Singh. «The role of vitamin D in the prevention of late-life depression.» Journal of Affective Disorders. Vol. 198 (2016): 1–14.
  3. Tesic, D., et autres. «Vitamin D deficiency in BALB/c mouse pregnancy increases placental transfer of glucocorticoids.» Endocrinology. Vol. 156, N° 10 (2015): 3673–3679.
  4. Tartagni, M., et autres. «Vitamin D supplementation for premenstrual syndrome-related mood disorders in adolescents with severe hypovitaminosis D.» Journal of Pediatric and Adolescent Gynecology. Vol. 29, N° 4 (2016): 357–361.
  5. Sepehrmanesh, Z., et autres. «Vitamin D supplementation affects the beck depression inventory, insulin resistance, and biomarkers of oxidative stress in patients with major depressive disorder: A randomized, controlled clinical trial.» The Journal of Nutrition. Vol. 146, N° 2 (2016): 243–248.
  6. Khoraminya, N., et autres. «Therapeutic effects of vitamin D as adjunctive therapy to fluoxetine in patients with major depressive disorder.» The Australian and New Zealand Journal of Psychiatry. Vol. 47, N° 3 (2013): 271–275.
  7. Jazayeri, S., et autres. «Effects of eicosapentaenoic acid and fluoxetine on plasma cortisol, serum interleukin‑1β and interleukin‑6 concentrations in patients with major depressive disorder.» Psychiatry Research. Vol. 178, N° 1 (2010): 112–115.
  8. Mocking, R.J., et autres. «Meta-analysis and meta-regression of omega‑3 polyunsaturated fatty acid supplementation for major depressive disorder.» Translational Psychiatry. Vol. 6 (2016): e756.
  9. Grosso, G., et autres. «Role of omega‑3 fatty acids in the treatment of depressive disorders: A comprehensive meta-analysis of randomized clinical trials.» PLoS One. Vol. 9, N° 5 (2014): e96905.
  10. Sublette, M.E., et autres. «Meta-analysis of the effects of eicosapentaenoic acid (EPA) in clinical trials in depression.» The Journal of Clinical Psychiatry. Vol. 72, N° 12 (2011): 1577–1584.
  11. Gertsik, L., et autres. «Omega‑3 fatty acid augmentation of citalopram treatment for patients with major depressive disorder.» Journal of Clinical Psychopharmacology. Vol. 32, N° 1 (2012): 61–64.
  12. Jazayeri, S., et autres. «Comparison of therapeutic effects of omega‑3 fatty acid eicosapentaenoic acid and fluoxetine, separately and in combination, in major depressive disorder.» The Australian and New Zealand Journal of Psychiatry. Vol. 42, N° 3 (2008): 192–198.
  13. Folstein, M., et autres. «The homocysteine hypothesis of depression.» The American Journal of Psychiatry. Vol. 164, N° 6 (2007): 861–867.
  14. Zhao, M., et autres. «Homocysteine and stroke risk: Modifying effect of methylenetetrahydrofolate reductase C677T polymorphism and folic acid intervention.» Stroke. Vol. 48, N° 5 (2017): 1183–1190.
  15. Mech, A.W., et A. Farah. «Correlation of clinical response with homocysteine reduction during therapy with reduced B vitamins in patients with MDD who are positive for MTHFR C677T or A1298C polymorphism: A randomized, double-blind, placebo-controlled study.» The Journal of Clinical Psychiatry. Vol. 77, N° 5 (2016): 668–671.
  16. Ghaleiha, A., et autres. «Adjuvant thiamine improved standard treatment in patients with major depressive disorder: Results from a randomized, double-blind, and placebo-controlled clinical trial.» European Archives of Psychiatry and Clinical Neuroscience. Vol. 266, N° 8 (2016): 695–702.
  17. Almeida, O.P., et autres. «B vitamins to enhance treatment response to antidepressants in middle-aged and older adults: Results from the B‑VITAGE randomised, double-blind, placebo-controlled trial.» The British Journal of Psychiatry. Vol. 205, N° 6 (2014): 450–457.
  18. Papakostas, G.I., et autres. «Effect of adjunctive ʟ‑methylfolate 15 mg among inadequate responders to SSRIs in depressed patients who were stratified by biomarker levels and genotype: Results from a randomized clinical trial.» The Journal of Clinical Psychiatry. Vol. 75, N° 8 (2014): 855–863.
  19. Venkatasubramanian, R., C.N. Kumar, et R.S. Pandey. «A randomized double-blind comparison of fluoxetine augmentation by high and low dosage folic acid in patients with depressive episodes.» Journal of Affective Disorders. Vol. 150, N° 2 (2013): 644–648.
  20. Kasper, S., et autres. «Efficacy of Silexan in mixed anxiety-depression—A randomized, placebo-controlled trial.» European Neuropsychopharmacology. Vol. 26, N° 2 (2016): 331–340.
  21. Kasper, S., I. Anghelescu, et A. Dienel. «Efficacy of orally administered Silexan in patients with anxiety-related restlessness and disturbed sleep—A randomized, placebo-controlled trial.» European Neuropsychopharmacology. Vol. 25, N° 11 (2015): 1960–1967.
  22. Kasper, S., et autres. «Lavender oil preparation Silexan is effective in generalized anxiety disorder—A randomized, double-blind comparison to placebo and paroxetine.» The International Journal of Neuropsychopharmacology. Vol. 17, N° 6 (2014): 859–869.
  23. Woelk, H., et S. Schläfke. «A multi-center, double-blind, randomised study of the lavender oil preparation Silexan in comparison to Lorazepam for generalized anxiety disorder.» Phytomedicine. Vol. 17, N° 2 (2010): 94–99.