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Nourrissez votre cerveau pour gérer le stress


Notre société est surchargée de facteurs de stress de toutes sortes : tensions au travail et déplacements prolongés ; difficultés familiales et relationnelles ; défis financiers ; mauvaises habitudes de vie, y compris trop de caféine, pas assez de sommeil ou de temps libre, etc. Les conséquences du stress chronique se traduisent entre autres par la dépression, l’anxiété, et l’insomnie. Bien qu’il soit évident que nous devrions évincer autant que possible les situations stressantes et développer de meilleures stratégies d’adaptation, nous devrions également optimiser notre santé physique pour limiter les effets du stress chronique sur notre esprit et notre corps. Fournir au corps les nutriments essentiels qui améliorent les fonctions neurologiques et mentales joue un rôle important dans la gestion du stress chronique. Cet article traitera des bienfaits de la vitamine D, de l’huile de poisson, des vitamines B, et de la lavande sur la santé mentale.

    

Vitamine D

La vitamine D est une hormone stéroïde exerçant une activité dans le cerveau, et est appelée par certains un « neurostéroïde ». [1] Le récepteur de la vitamine D (RVD) est largement présent dans le cerveau humain, y compris dans le système limbique et le cortex préfrontal, qui sont impliqués dans la régulation de l’humeur et des sentiments. [2] On pense que l’un des mécanismes de la dépression implique des processus inflammatoires dans le cerveau, et il est intéressant de noter que la vitamine D est également connue pour ses effets antiinflammatoires. [2] Les études menées auprès d’animaux suggèrent que la vitamine D pourrait jouer un rôle dans la production ou le maintien des taux de dopamine et de sérotonine dans le cerveau. [2] Par ailleurs, il a été démontré que la vitamine D influence l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HPS), principal système responsable de l’adaptation au stress. Bien que le rôle de la vitamine D sur la fonction surrénale ne soit pas encore bien connu, une étude a montré que la carence prénatale en vitamine D entraine une augmentation de la corticostérone. [3]

Les essais cliniques indiquent que la supplémentation en vitamine D est efficace dans le traitement de la dépression et de l’anxiété. Une étude réalisée en 2016 auprès de 158 filles présentant des troubles de l’humeur liés au syndrome prémenstruel ainsi qu’une carence en vitamine D a montré que la supplémentation en vitamine D était associée à une diminution significative des scores d’anxiété et d’irritabilité ainsi qu’à une diminution des symptômes de pleurs. [4] Une autre étude aléatoire portant sur 40 patients présentant un trouble dépressif majeur (TDM) a montré que la supplémentation en vitamine D (50 000 UI par semaine pendant huit semaines) améliorait les symptômes de dépression selon l’inventaire de dépression de Beck comparativement au placébo. [5]

Une autre étude a évalué l’effet de la vitamine D lorsqu’elle était ajoutée à l’antidépresseur fluoxétine. [6] Au total, 42 patients présentant un diagnostic de TDM ont été répartis au hasard pour recevoir quotidiennement pendant huit semaines soit 1 500 UI de vitamine D3 plus 20 mg de fluoxétine, soit la fluoxétine seule. Les chercheurs ont constaté que la gravité de la dépression diminuait significativement suite à la prise des remèdes ; toutefois, dès la quatrième semaine de traitement, l’association de la vitamine D et de la fluoxétine apportait des résultats clairement meilleurs que la fluoxétine seule.

Parmi les femmes présentant un risque de dépression au cours de la période périnatale, un taux réduit de vitamine D était associé à une quantité et une intensité plus importante des symptômes dépressifs. [7]

   

L'huile de poisson

Les acides gras omégas-3 dérivés du poisson comprennent l’acide eicosapentaénoïque (AEP) et l’acide docosahexaénoïque (ADH). L’AEP exerce des effets antiinflammatoires bien documentés : il inhibe la production, à partir de l’acide arachidonique (AA), de cytokines pro-inflammatoires telles que la prostaglandine E2 (PGE2), et conduit à la production de cytokines. L’AEP peut également influencer la signalisation cellulaire et la production de neurotransmetteurs dans le cerveau. Il a également été démontré que l’AEP abaisse les taux de cortisol chez les patients souffrant de dépression majeure, tout comme les antidépresseurs (fluoxétine). [8]

Un important corpus de recherches indique que l’AEP exerce de puissants effets antidépresseurs et stabilisateurs de l’humeur. Les données de nombreux essais aléatoires et de plusieurs méta-analyses montrent que l’AEP améliore l’humeur chez les patients souffrant de dépression et de trouble bipolaire, ainsi que chez les patients présentant des symptômes dépressifs mais ne répondant pas nécessairement aux critères de la dépression majeure. [9][10] Notamment, une méta-analyse a montré que les compléments avec une teneur en AEP supérieure ou égale à 60 % présentaient des bienfaits sur les scores d’évaluation de la dépression. Il a été montré que la concentration effective minimale était d’environ 50 %, et que les compléments avec moins d’AEP étaient inefficaces. [11]

On a également montré que l’AEP améliore l’efficacité des antidépresseurs. Dans une étude, 42 personnes ont été réparties au hasard pour recevoir 1800 mg d’AEP et 400 mg de ADH en plus du citalopram (antidépresseur), comparativement au citalopram seul. [12] Après neuf semaines, les patients recevant à la fois du citalopram et de l’AEP ont montré une amélioration significative de leurs scores sur l’échelle d’évaluation de la dépression de Hamilton, et ce, dès quatre semaines.

Une autre étude a examiné pendant huit semaines, chez des patients souffrant de dépression majeure, les effets de l’AEP seul (1000 mg), de la fluoxétine seule (20 mg) et des deux combinés. [13] Cette étude a montré que l’AEP et la fluoxétine seuls étaient tout aussi efficaces pour gérer les symptômes de la dépression ; cependant, leur combinaison a entrainé la meilleure amélioration : l’association AEP-et-fluoxétine était significativement meilleure que la fluoxétine ou l’AEP seuls dès la quatrième semaine de traitement. Le taux de réponse, définis comme une diminution de 50 % ou plus du score de dépression de base, était respectivement de 50 %, 56 %, et 81 % dans les groupes fluoxétine, AEP, et combinés.


Vitamines B

La famille des vitamines B joue un rôle important dans la synthèse et le métabolisme des neurotransmetteurs et des hormones telles que les estrogènes. En outre, une hypothèse établit que l’élévation des niveaux d’homocystéine est impliquée dans la pathogenèse de la dépression. [14]

L’homocystéine est un métabolite intermédiaire de la méthionine circulant dans le flux sanguin. Si le corps a des niveaux adéquats de folate, de vitamine B6, et de vitamine B12, l’homocystéine est métabolisée en cystéine, un produit final inoffensif. En cas de carence, l’homocystéine s’accumule dans la circulation sanguine, ce qui a été associé à un risque accru d’accident vasculaire cérébral et, hypothétiquement, à la dépression. [15][16]

Une étude a évalué la supplémentation avec une capsule de vitamines B activées auprès de 330 patients présentant des polymorphismes génétiques du métabolisme de l’acide folique ainsi qu’un trouble dépressif majeur (TDM). [16] Après huit semaines, 82,4 % des patients présentaient une réduction moyenne de 25 % de l’homocystéine, tandis qu’en moyenne, les patients recevant un placébo présentaient une légère augmentation de l’homocystéine. Les patients recevant des vitamines B ont également montré une réduction moyenne des symptômes de dépression de 12 points à la huitième semaine, et 42 % ont atteint une rémission complète.

De nombreuses études montrent que la supplémentation en diverses vitamines B, dont la thiamine, l’acide folique, et la vitamine B12, améliore les symptômes chez les patients dépressifs, qu’ils soient sous antidépresseurs ou pas. [17][18][19][20]

   

Lavande

Enfin, la lavande comme remède phytothérapeutique présente une somme considérable de preuves scientifiques en faveur de son efficacité dans le traitement de l’anxiété et de la dépression. [21][22] En Allemagne, une préparation de lavande pour voie orale est approuvée pour le traitement de l’anxiété. Des études montrent que ses effets égalent les médicaments anxiolytiques courants tels que la paroxétine (Paxil) et le lorazépam (Ativan) dans le traitement de l’anxiété. [23][24]

Dans une étude portant sur 318 adultes présentant un trouble anxieux et dépressif mixte, ou au moins une humeur modérément anxieuse et déprimée, le traitement à la lavande à raison de 80 mg par jour pendant 70 jours améliore significativement les symptômes par rapport au placébo. Les patients prenant de la lavande ont également connu une amélioration plus marquée de leur qualité de vie au quotidien et de leur santé en général. Une étude similaire a révélé une amélioration de la qualité du sommeil et de l’anxiété chez les patients souffrant d’agitation, d’insomnie, et d’anxiété. [22]

Les produits de santé naturels jouent un rôle dans la gestion de l’humeur et du stress. Des remèdes tels que la vitamine D, les vitamines B, l’acide eicosapentaénoïque, et la lavande aident à fournir un carburant pour un fonctionnement optimal du cerveau, et présentent peu d’effets secondaires par rapport à certains des médicaments couramment disponibles sur ordonnance.



Références

  1. Bertone-Johnson, E.R. « Vitamin D and the occurrence of depression: Causal association or circumstantial evidence? » Nutrition Reviews, Vol. 67, No. 8 (2009): 481–492.
  2. Okereke, O.I., and A. Singh. “The role of vitamin D in the prevention of late-life depression.” Journal of Affective Disorders, Vol. 198 (2016): 1–14.
  3. Tesic, D., et al. “Vitamin D deficiency in BALB/c mouse pregnancy increases placental transfer of glucocorticoids.” Endocrinology, Vol. 156, No. 10 (2015): 3673–3679.
  4. Tartagni, M., et al. « Vitamin D supplementation for premenstrual syndrome-related mood disorders in adolescents with severe hypovitaminosis D. » Journal of Pediatric and Adolescent Gynecology, Vol. 29, No. 4 (2016): 357–361.
  5. Sepehrmanesh, Z., et al. “Vitamin D supplementation affects the Beck depression inventory, insulin resistance, and biomarkers of oxidative stress in patients with major depressive disorder: A randomized, controlled clinical trial.” The Journal of Nutrition, Vol. 146, No. 2 (2016): 243–248.
  6. Khoraminya, N., et al. “Therapeutic effects of vitamin D as adjunctive therapy to fluoxetine in patients with major depressive disorder.” The Australian and New Zealand Journal of Psychiatry, Vol. 47, No. 3 (2013): 271–275.
  7. Williams, J.A., et al. “Vitamin D levels and perinatal depressive symptoms in women at risk: A secondary analysis of the mothers, omega‑ 3, and mental health study.” BMC Pregnancy and Childbirth, Vol. 16, No. 1 (2016): 203.
  8. Jazayeri, S., et al. “Effects of eicosapentaenoic acid and fluoxetine on plasma cortisol, serum interleukin‑ 1beta and interleukin‑ 6 concentrations in patients with major depressive disorder.” Psychiatry Research, Vol. 178, No. 1 (2010): 112–115.
  9. Mocking, R.J., et al. “Meta-analysis and meta-regression of omega‑ 3 polyunsaturated fatty acid supplementation for major depressive disorder.” Translational Psychiatry, Vol. 6 (2016): e756.
  10. Grosso, G., et al. “Role of omega‑ 3 fatty acids in the treatment of depressive disorders: A comprehensive meta-analysis of randomized clinical trials.” PLoS One, Vol. 9, No. 5 (2014): e96905.
  11. Sublette, M.E., et al. “Meta-analysis of the effects of eicosapentaenoic acid (AEP) in clinical trials in depression.” The Journal of Clinical Psychiatry, Vol. 72, No. 12 (2011): 1577–1584.
  12. Gertsik, L., et al. “Omega‑ 3 fatty acid augmentation of citalopram treatment for patients with major depressive disorder.” Journal of Clinical Psychopharmacology, Vol. 32, No. 1 (2012): 61–64.
  13. Jazayeri, S., et al. “Comparison of therapeutic effects of omega‑ 3 fatty acid eicosapentaenoic acid and fluoxetine, sAEPrately and in combination, in major depressive disorder.” The Australian and New Zealand Journal of Psychiatry, Vol. 42, No. 3 (2008): 192–198.
  14. Folstein, M., et al. “The homocysteine hypothesis of depression.” The American Journal of Psychiatry, Vol. 164, No. 6 (2007): 861–867. Review. Erratum in: The American Journal of Psychiatry, Vol. 164, No. 7 (2007): 1123—Buel, Jennifer [corrected to Buell, Jennifer].
  15. Zhao, M., et al. “Homocysteine and stroke risk: Modifying effect of methylenetetrahydrofolate reductase C677T polymorphism and folic acid intervention.” Stroke, Vol. 48, No. 5 (2017): 1183–1190.
  16. Mech, A.W., and A. Farah. “Correlation of clinical response with homocysteine reduction during therapy with reduced B vitamins in patients with MDD who are positive for MTHFR C677T or A1298C polymorphism: A randomized, double-blind, placebo-controlled study.” The Journal of Clinical Psychiatry, Vol. 77, No. 5 (2016): 668–671.
  17. Ghaleiha, A., et al. “Adjuvant thiamine improved standard treatment in patients with major depressive disorder: Results from a randomized, double-blind, and placebo-controlled clinical trial.” European Archives of Psychiatry and Clinical Neuroscience, Vol. 266, No. 8 (2016): 695–702.
  18. Almeida, O.P., et al. “B vitamins to enhance treatment response to antidepressants in middle-aged and older adults: Results from the B‑VITAGE randomised, double-blind, placebo-controlled trial.” The British Journal of Psychiatry, Vol. 205, No. 6 (2014): 450–457.
  19. Papakostas, G.I., et al. « Effect of adjunctive l‑methylfolate 15 mg among inadequate responders to SSRIs in depressed patients who were stratified by biomarker levels and genotype: Results from a randomized clinical trial. » The Journal of Clinical Psychiatry, Vol. 75, No. 8 (2014): 855–863.
  20. Venkatasubramanian, R., C.N. Kumar, and R.S. Pandey. “A randomized double-blind comparison of fluoxetine augmentation by high and low dosage folic acid in patients with depressive episodes.” Journal of Affective Disorders, Vol. 150, No. 2 (2013): 644–648.
  21. Kasper, S., et al. “Efficacy of silexan in mixed anxiety-depression: A randomized, placebo-controlled trial.” European Neuropsychopharmacology, Vol. 26, No. 2 (2016): 331–340.
  22. Kasper, S., I. Anghelescu, and A. Dienel. “Efficacy of orally administered silexan in patients with anxiety-related restlessness and disturbed sleep: A randomized, placebo-controlled trial.” European Neuropsychopharmacology, Vol. 25, No. 11 (2015): 1960–1967.
  23. Kasper, S., et al. “Lavender oil prAEPration silexan is effective in generalized anxiety disorder: A randomized, double-blind comparison to placebo and paroxetine.” The international Journal of Neuropsychopharmacology, Vol. 17, No. 6 (2014): 859–869.
  24. Woelk, H., and S. Schläfke. “A multi-center, double-blind, randomised study of the lavender oil prAEPration silexan in comparison to lorazAEPm for generalized anxiety disorder.” Phytomedicine, Vol. 17, No. 2 (2010): 94‑ 99.

 

Dr Philip Rouchoras, MSc, ND

Naturopathe renommé dans la communauté, il est aussi professeur
associé et rédacteur-en-chef d'Integrated Healthcare Practitioners.





 

Dre Heidi Fritz, MA, ND

Practicienne de naturopathie depuis 2007, elle s'intéresse à la
santé des femmes et des enfants, à la douleur chronique, et
plus.