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L’axe intestin–cerveau - Les probiotiques et la santé mentale

Le rôle des probiotiques sur la santé gastro-intestinale est un champ d’intérêt émergent et a clairement été démontré dans des recherches récentes.

Plusieurs essais cliniques ont analysé les effets des probiotiques sur la santé mentale, dont l’anxiété et la dépression, et ont observé une influence sur l’activité cérébrale et le traitement de l’information, ainsi qu’une réactivité de l’axe hypothalamus-hypophyse-surrénale (HHS). Des études animales démontrent que les bactéries entériques peuvent avoir un impact sur l’humeur, en partie grâce à leurs effets sur le système nerveux autonome présent dans l’intestin ; par exemple, l’activité du nerf vague, la fonction de la barrière intestinale, et la perméabilité, ainsi que la modulation de la réactivité de l’axe HHS.

Voici quelques points saillants de ces études…

Dans une étude aléatoire à double insu, contrôlée contre placébo, 70 sujets ont reçu soit 100 g de yogourt traditionnel (sans probiotiques) et une capsule placébo, ou 100 g de yogourt probiotique et une capsule placébo, ou 100 g de yogourt probiotique et une capsule de probiotiques, chaque jour pendant six semaines [1]. À terme, les sujets ayant reçu le yogourt contenant des probiotiques ou la capsule probiotique ont eu une amélioration significative tant au niveau de la santé générale que pour leur évaluation des troubles d’anxiété, de dépression, et de stress. Il n’y a pas eu de changement significatif dans le groupe qui a consommé le yogourt traditionnel.

Deux essais aléatoires contrôlés contre placébo ont démontré une réduction de l’anxiété animale et humaine suite à l’administration d’une formulation probiotique (FP) de Lactobacillus helveticus R0052 et de Bifidobacterium longum R0175 [2, 3]. On a observé chez l’humain que la prise de probiotiques pendant 30 jours a amélioré l’évaluation de la détresse psychologique, des troubles d’anxiété, de la dépression, et de la colère et l’agressivité. On a aussi observé une réduction significative du taux de cortisol urinaire.

Chez les patients stressées par une éventuelle intervention chirurgicale pour le cancer du larynx, on a observé que la prise de probiotiques a atténué l’augmentation du facteur de libération de cortisol associé au stress et a réduit l’évaluation des troubles d’anxiété par rapport au placébo [4]. Une autre étude a démontré que la prise d’un prébiotique a amené une moindre réponse d’éveil salivaire de cortisol par rapport au placébo [5]. Ces données suggèrent que les bactéries entériques seraient associées à une diminution de la réponse neuroendocrinienne au stress et auraient des effets anxiolytiques.

Une autre étude a démontré que la prise de probiotiques modifie le processus cérébral, y compris le traitement de l’information émotionnelle et sensorielle [6]. De plus, un supplément de produit laitier fermenté additionné de probiotiques a été associé à une connectivité et une communication accrues dans le cerveau, telle que mesurées par IRM ; les chercheurs ont émis l’hypothèse que cela puisse être lié à une diminution de l’anxiété.

Des études ont aussi démontré des bienfaits sur les troubles d’anxiété chez les patients atteints du syndrome de fatigue chronique [7], en plus d’une amélioration de l’humeur des patients dépressifs [8].

Ces données réunies suggèrent que les probiotiques puissent améliorer l’humeur et réduire l’anxiété en modulant la réactivité de la réponse au stress de l’axe HHS, et améliorer la gestion cérébrale de l’information émotionnelle. Les probiotiques peuvent affecter la santé mentale de plusieurs autres façons ; que ce soit au niveau de la modulation de la perméabilité intestinale, du fonctionnement du système nerveux intestinal, ou pour la production de diverses molécules telles que les cytokines et les neurotransmetteurs qui affectent le fonctionnement du cerveau [9–12]. Ces nouvelles données portant sur la corrélation entre les bactéries entériques et la fonction neuroendocrinienne positionnent les probiotiques en tant qu’agents thérapeutiques émergents dans le domaine de la psychiatrie naturopathique.

Références

  1. Mohammadi, A.A., et autres. « The effects of probiotics on mental health and hypothalamic-pituitary-adrenal axis: A randomized, double-blind, placebo-controlled trial in petrochemical workers. » Nutritional Neuroscience 2015 Apr 16. [Epub avant impression]
  2. Messaoudi, M., et autres. « Beneficial psychological effects of a probiotic formulation (Lactobacillus helveticus R0052 and Bifidobacterium longum R0175) in healthy human volunteers. » Gut Microbes Vol. 2,  4 (2011): 256–261.
  3. Messaoudi, M., et autres. « Assessment of psychotropic-like properties of a probiotic formulation (Lactobacillus helveticus R0052 and Bifidobacterium longum R0175) in rats and human subjects. » British Journal of Nutrition Vol. 105,  5 (2011): 755–764.
  4. Yang, H., et autres. « Probiotics reduce psychological stress in patients before laryngeal cancer surgery. » Asia-Pacific Journal of Clinical Oncology Vol. 12,  1 (2016): e92–e96.
  5. Schmidt, K., et autres. « Prebiotic intake reduces the waking cortisol response and alters emotional bias in healthy volunteers. » Psychopharmacology Vol. 232,  10 (2015): 1793–1801.
  6. Tillisch, K., et autres. « Consumption of fermented milk product with probiotic modulates brain activity. » Gastroenterology Vol. 144,  7 (2013): 1394–1401, 1401.e1–4.
  7. Rao, A.V., et autres. « A randomized, double-blind, placebo-controlled pilot study of a probiotic in emotional symptoms of chronic fatigue syndrome. » Gut Pathogens Vol. 1,  1 (2009): 6.
  8. Benton, D., C. Williams, et A. Brown. « Impact of consuming a milk drink containing a probiotic on mood and cognition. » European Journal of Clinical Nutrition Vol. 61,  3 (2007): 355–361.
  9. Arseneault-Bréard, J., et autres. « Combination of Lactobacillus helveticus R0052 and Bifidobacterium longum R0175 reduces post-myocardial infarction depression symptoms and restores intestinal permeability in a rat model. » British Journal of Nutrition Vol. 107,  12 (2012): 1793–1799.
  10. Bercik, P., et autres. « The anxiolytic effect of Bifidobacterium longum NCC3001 involves vagal pathways for gut-brain communication. » Neurogastroenterology and Motility Vol. 23,  12 (2011): 1132–1139.
  11. Desbonnet, L., et autres. « The probiotic Bifidobacteria infantis: An assessment of potential antidepressant properties in the rat. » Journal of Psychiatric Research Vol. 43,  2 (2008): 164–174.
  12. Sudo, N., et autres. « Postnatal microbial colonization programs the hypothalamic-pituitary-adrenal system for stress response in mice. » Journal of Physiology Vol. 558 (Part 1): 263–275.