Contactez-nous : 1 800 268-9486
Page d’accueil > Naturopathic Currents

Le resvératrol : Découvrons le vin rouge et ses bienfaits pour la santé

Resvératrol : La composante antiâge du vin rouge

Le resvératrol est un phytonutriment et antioxydant important disponible naturellement dans la peau des raisins rouges, des arachides, et de certaines baies[1] — il est également prôné comme composante santé que l’on retrouve dans le vin rouge. Au cours des dernières années, la recherche portant sur le resvératrol a pris beaucoup d’ampleur. Dans les deux dernières années seulement, plus de 1000 documents de recherche ont été écrits examinant les bienfaits pour la santé de cette composante à base de plante. Les effets puissants antioxydants et antiâge du resvératrol en ont fait un candidat primordial pour usage comme supplément nutritionnel, ainsi que pour l’usage populaire local. Il a été démontré que le resvératrol a des effets bénéfiques pour un vaste éventail de cibles, et bien des données indiquent qu’il a aussi des effets sur les systèmes circulatoire, endocrinien, squelettique, et nerveux, ainsi que certains bienfaits possibles pour la santé reproductive et la grossesse. Le resvératrol est étudié exhaustivement pour ses capacités de prévention et du traitement du cancer. Dans cet article, nous examinerons d’un œil critique cette recherche afin d’évaluer les données récentes portant sur l’usage du resvératrol comme agent antiâge, ainsi que sur ses effets de prévention de deux types de maladies les plus communes associées au vieillissement : les maladies cardiovasculaires ainsi que le cancer. Dernièrement, nous allons évaluer les données primaires à propos de l’usage du resvératrol dans l’amélioration des résultats de fertilité chez les femmes souffrant de SOPK ou de l’obésité, ainsi que chez des femmes d’âge avancé qui désirent concevoir.

C’est le phénomène du paradoxe français qui a propulsé l’intérêt initial de recherche portant sur le resvératrol, c’est-à-dire l’observation que dans certaines régions de la France, il existe une incidence relativement basse des maladies coronariennes malgré un régime riche en gras saturés. Les scientifiques se sont questionnés sur ce qui pouvait prévenir l’inflammation et les dommages vasculaires, ainsi que prolonger l’espérance de vie des Français. Au début des années 1990, on suggéra que le resvératrol était effectivement le chainon manquant et nombre d’études épidémiologiques a surgi, suggérant qu’une consommation modérée de vin, le vin rouge en particulier, réduisait le risque des maladies cardiovasculaires ainsi que de mortalité[2]. Les études de laboratoire in vitro ont appuyé cette hypothèse, démontrant que le resvératrol pouvait en effet inhiber les processus qui ont lieu dans le développement d’athérosclérose ou des plaques artérielles, incluant l’accumulation des plaquettes à l’intérieur des vaisseaux sanguins et les dommages oxydatifs du cholestérol LDL. Un mécanisme possible de cardioprotection a fait son entrée. Depuis lors, le nombre d’études autant in vitro qu’in vivo ne cesse de croitre, cherchant à découvrir le mécanisme par lequel le resvératrol peut ralentir le processus du vieillissement[2].

C’est durant ces études qu’on découvrit que le resvératrol offre bon nombre des caractéristiques essentielles lui permettant de prévenir les changements relatifs à l’âge. Par exemple, le resvératrol a de fortes caractéristiques antioxydantes[2][3] qui protègent les cellules des effets nocifs des espèces réagissant à l’oxygène. Le resvératrol protège l’ADN à l’intérieur des cellules par une augmentation de l’activité de la télomérase[4], soit l’enzyme protégeant les extrémités des brins d’ADN, qu’on appelle les télomères, du processus de raccourcissement qui a normalement lieu en vieillissant. Ce processus expose au fil du temps les brins d’ADN aux dommages et inhibe l’expression génétique appropriée de la cellule. Le resvératrol protège également les mitochondries[4], soit les noyaux énergétiques des cellules. Ses actions dramatiquement antiinflammatoires et sa capacité à affecter l’expression de certains gènes qui entrainent la longévité[4][6] sont tout autant essentielles à son mécanisme de protection et d’antivieillissement.

Vu la variété de son activité biologique, le resvératrol peut affecter plusieurs tissus et systèmes d’organes. Chez une souris, nourrie de l’équivalent humain de 30 mg de resvératrol par jour, nombre des changements protecteurs au niveau du cœur, du cerveau et des muscles squelettiques ont été observés après un certain temps[7]. Les effets neuroprotecteurs ont également été démontrés[3], ainsi que des effets bénéfiques à la mémoire et à la cognition[3][8][9]. Le resvératrol s’est avéré agir comme un modulateur sélectif du récepteur d’œstrogène[10]. Dans un modèle de ménopause chez le rat, on démontra que le resvératrol prévient la perte osseuse avec autant d’efficacité que la thérapie de substitution hormonale[10], sans les effets nocifs au niveau du système cardiovasculaire et de l’utérus (à l’inverse de la thérapie de substitution hormonale)[8][10].

Quoiqu’il ne se soit pas encore prouvé qu’il augmente l’espérance de vie, le resvératrol est prometteur dans la prévention des changements liés à l’âge au niveau cellulaire, comme les changements associés aux expressions génétiques et à la protection des gènes. Vu ces effets, le resvératrol peut prévenir ou du moins ralentir la progression de certaines maladies associées à l’âge comme la maladie d’Alzheimer, l’ostéoporose, les maladies cardiovasculaires, voire le cancer[11]. On requiert d’autres études sur les humains afin de déterminer la posologie, la forme et la durée de la consommation du resvératrol des plus efficaces. Nous allons nous orienter à présent vers le rôle du resvératrol dans des conditions spécifiques incluant la fertilité, la santé cardiovasculaire, et le cancer.

Le resvératrol et la fertilité

À présent, nous avons défini la base du resvératrol comme élément antiâge. Comme nous le savons, le déclin de la fertilité est proportionnel à l’âge et il semblerait que ce processus puisse être accéléré en présence des dommages oxydatifs. Il en résulte que le resvératrol peut jouer un rôle dans la conservation de la fertilité, par la protection des ovules et d’ovocytes, et finalement par un prolongement potentiel de la période fertile.

Le déclin de la fertilité chez la femme commence lorsque la femme entre dans la trentaine. En effet, l’âge chronologique de la femme est souvent soulevé comme facteur primaire dans la prédiction du potentiel de reproduction du couple. L’âge de la femme aura un impact autant sur la quantité des ovocytes (ovules immatures en attente de relâchement) que sur la qualité des ovules[4]. Bien que les technologies de reproduction assistée comme la fécondation in vitro (FIV) peuvent souvent augmenter le nombre d’ovules disponibles à la fécondation par le processus d’une induction de «superovulation», peu d’interventions existent pouvant avoir un impact favorable sur la qualité des ovules[4]. En tant que telle, une qualité inférieure des ovules prévient souvent la conception chez un couple.

Chaque femme nait avec tous ses ovules : ils sont situés dans chacun de ses ovaires et sont arrêtés à mi‑chemin de leur développement lors de la naissance. Pendant les 10 à 15 années qui suivent, c’est-à-dire jusqu’à la puberté, ces ovules immatures demeurent en sursis jusqu’à ce que l’avalanche hormonale signale leur croissance et déclenche l’ovulation ou l’atrésie (processus d’absorption normal). Durant cette longue période d’attente, les ovules immatures sont susceptibles aux dommages causés par l’accumulation des radicaux libres[4]. Les dommages aux mitochondries, la télomérase ou des altérations de l’ADN influencent la qualité des ovules et la capacité de la femme à concevoir, car ils empêchent l’ovule de survivre et de grandir[4]. Comme mentionné auparavant, le resvératrol joue un rôle dans la protection des cellules des dommages oxydatifs par l’activation des gènes antiâges, par la protection de la fonction des mitochondries et par l’amélioration de l’activité télomérase. Plusieurs études ont souligné le potentiel du resvératrol pour l’apport des effets positifs sur la qualité et la quantité des ovules.

Une étude sur des souris conduite en 2013 évaluait le potentiel du resvératrol dans la protection des ovocytes des dommages des radicaux libres. Vu ce mécanisme plausible, les chercheurs se sont questionnés pour savoir si le resvératrol pouvait maintenir la qualité des ovocytes malgré le passage du temps, prolongeant ainsi la période reproductive[4]. Les résultats se sont avérés impressionnants et ont appuyé les données de l’effet de sauvegarde de la fertilité du resvératrol chez la souris femelle. Les souris ayant reçues le resvératrol ont maintenu une quantité de follicules plus importante que les souris de contrôle du même âge.

De plus, l’activité télomérase et l’expression des gènes dans les ovaires des souris recevant le resvératrol ressemblaient à celles des souris plus jeunes, ce qui indique un ralentissement du processus de vieillissement des ovaires par le resvératrol, tout en préservant la qualité des ovocytes[4]. Une deuxième étude conduite sur des animaux a produit des résultats similaires : les animaux ayant reçus un traitement de resvératrol ont maintenu une quantité supérieure d’ovocytes dans le bassin folliculaire[12]. Les deux études démontrent ainsi qu’un traitement au resvératrol a un impact favorable autant sur la qualité que la quantité d’ovocytes et qu’il rallonge la période reproductive chez les rongeurs[4][12]. Il est important de mentionner que malgré le potentiel de ces résultats, il existe un besoin de confirmer ces effets chez l’humain et que son usage pour la prolongation de la durée de la période reproductive chez l’humain demeure à être déterminée[4].

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est la deuxième condition qui affecte la fertilité. Une étude publiée récemment s’attardait sur le resvératrol et son potentiel effet sur les follicules des femmes souffrant du SOPK ou d’infertilité liée à l’obésité qui suivaient des traitements de FIV. Chez les femmes obèses et/ou souffrant du SOPK, on suggéra que les taux élevés du stress oxydatif étaient un facteur majeur contribuant à l’infertilité. Ces femmes par exemple, affichent un taux élevé de cholestérol LDL oxydé (c’est-à-dire endommagé) circulant dans le corps et par conséquent endommageant les diverses cellules et tissus. Dans l’ovaire, des taux élevés du cholestérol LDL oxydé endommagent les follicules en développement ce qui peut entrainer une réduction de la chance d’ovulation. En effet, chez ces femmes, les taux du cholestérol LDL oxydé étaient environ le double et ont démontrés être en corrélation négative avec le succès du VIF[13].

L’étude se poursuivit par l’évaluation du resvératrol et de son effet protecteur sur les cellules de granulosa, soit les cellules qui entourent et nourrissent l’ovocyte, des dommages entrainés par le LDL oxydé. Cependant, on remarqua que lorsque les cellules de granulosa étaient en contact avec le resvératrol, les marqueurs du stress oxydatif étaient visiblement réduits et que les cellules étaient mieux en point de survivre[13]. Dans son ensemble, l’étude souligne le rôle potentiel du resvératrol dans la réduction du stress oxydatif dans l’ovaire, entrainant ainsi une amélioration des résultats de la fertilité chez les femmes souffrant d’infertilité liée au SOPK ou à l’obésité[13]. Des essais futurs sur les humains pourraient permettre une meilleure compréhension de l’étendue des bienfaits et des effets transgénérationnels potentiels de l’usage du resvératrol pour l’amélioration des résultats de la fertilité[13].

Le resvératrol et le syndrome métabolique : Les facteurs de risque cardiovasculaire

Le syndrome métabolique est défini par un ensemble des facteurs de risque qui peuvent, de façon indépendante ou collective, contribuer au développement des maladies cardiovasculaires, du diabète et d’une mortalité précoce[14]. Cet ensemble de conditions, connues sous l’appellation du syndrome métabolique, inclut l’obésité abdominale, l’hypertension, un taux de sucre élevé au repos et des bilans inférieurs de cholestérol. Une présence marginalement anormale de ces facteurs est considérée comme un critère du syndrome métabolique. Le syndrome métabolique affecte à ce jour environ 25% de la population nord-américaine. L’inflammation et le stress oxydatif sont d’habitude associés à ces conditions. Vu ses propriétés antiinflammatoires et antioxydantes, le resvératrol est un candidat de première ligne dans une intervention au niveau du régime alimentaire pour cette épidémie.

Fondé sur l’observation du paradoxe français, le rôle d’agent cardioprotecteur du resvératrol semble bien plausible. De plus, les données qui ne cessent de croitre suggèrent que le resvératrol n’est pas seulement capable de neutraliser les radicaux libres et de combattre l’inflammation, mais qu’il peut également inhiber l’accumulation du gras dans le foie[14], améliorer la fonction endothéliale (fonction sang-vaisseau)[2], être bénéfique sur les bilans de cholestérol(6) ainsi qu’améliorer la résistance à l’insuline (prédiabète)[15]. Dans nombre d’essais sur animaux, le resvératrol s’est avéré réduire de façon significative l’inflammation et améliorer les paramètres de la santé vasculaire[2][16]. Le resvératrol a amélioré l’élasticité des aortes, maintenu la santé de l’endothélium vasculaire (le revêtement des vaisseaux sanguins)[16], amélioré la sensibilité à l’insuline et protégé les cellules du foie[2].

Une étude des individus atteints du diabète de type 2 a été conçue de façon à déterminer l’impact de l’emploi du resvératrol ensemble avec les médicaments oraux pour le diabète. Pendant que les deux groupes appartenant à l’étude continuaient leur traitement par médicaments hypoglycémiques, seulement un groupe reçut le resvératrol, à une posologie de 250 mg par jour. Cette étude a démontré un bienfait significatif du point de vue statistique du resvératrol sur plusieurs marqueurs de la santé cardiovasculaire. Le plus important marqueur à noter consiste en l’importante amélioration de la sensibilité à l’insuline, ainsi que les réductions au niveau de la tension artérielle systolique et les taux totaux du cholestérol[15]. Cette étude souligne un nouveau rôle pour le resvératrol dans la réduction du risque cardiovasculaire ensemble avec des agents oraux hypoglycémiques chez le diabète de type 2. Semblablement, les bienfaits d’un supplément de resvératrol sur la tension artérielle et la résistance à l’insuline ont été reproduits dans une deuxième étude d’hommes obèses souffrant d’une mauvaise tolérance au glucose en utilisant une posologie de 150 mg par jour[2]. De plus, cette étude indiquait une réduction des marqueurs d’inflammation ainsi que de l’accumulation des gras dans le foie suite à un mois d’usage du resvératrol[2].

Des bienfaits additionnels ont été documentés dans les études portant sur les patients souffrant d’angine, où des suppléments de 20 mg de resvératrol pendant 60 jours ont résulté en une réduction significative de la protéine C‑réactive, un marqueur d’inflammation et en une amélioration de la qualité de la vie[17]. Également chez les fumeurs, des suppléments de 500 mg du resvératrol ont démontré une augmentation significative du bilan complet antioxydant, une réduction de la protéine C‑réactive ainsi qu’une amélioration du bilan de cholestérol[18].

Pas toutes les études sur des humains n’ont été en accord. Dans une étude de sujets obèses au contrôle de glucose normal, une posologie de 500 mg du resvératrol n’a pas démontré d’autres bienfaits sur la sensibilité à l’insuline ou sur la composition sanguine[19], remettant en question l’usage du resvératrol chez les humains ayant un bon contrôle glycémique (sucre sanguin). De plus, une autre étude examinant les effets des suppléments du resvératrol lorsque combinés avec l’exercice a produit des résultats inattendus[20]. Un groupe d’hommes sédentaires à l’origine, mais en bonne santé générale, a été incité à s’adonner à un régime d’exercices à haute intensité durant une période de huit semaines. La moitié des participants reçut des suppléments du resvératrol tandis que l’autre moitié reçut un placebo. Au terme de l’étude, le groupe d’hommes n’ayant pas reçu le supplément du resvératrol a démontré des améliorations marquées de plusieurs paramètres de la santé cardiovasculaire, incluant la réduction de la tension artérielle ainsi que des changements favorables des profils lipidiques. Dans le groupe ayant reçu le resvératrol, ces bienfaits n’ont pas été observés[20]. Une explication possible de ces résultats inattendus réside en l’administration du resvératrol aux individus préalablement en santé dans les deux études citées. Il serait difficile de démontrer des bienfaits additionnels sur le glucose sanguin par exemple, si les individus ont déjà des taux normaux de ce dernier. On peut donc suggérer qu’une généralisation vers les individus en santé ne peut être faite qu’à partir des résultats en provenance de populations en mauvaise santé, sans encourir le risque de résultats trompeurs[21].

Il faut se souvenir qu’en général, la vaste majorité des données semble pointer vers un rôle cardioprotecteur et antidiabète puissant du resvératrol chez les humains[2][15][17][18]. Une basse posologie du resvératrol (10 à 30 mg quotidiennement) démontre un impact positif sur l’actionnement du cœur et une posologie de 90mg par jour s’avère entrainer une action antiinflammatoire chez les humains[2]. Une posologie plus importante a été étudiée (150 à 250 mg par jour) pour les effets antidiabète et de sensibilisation à l’insuline[2][15].

Le resvératrol et le cancer

Nous avons dorénavant examiné le rôle du resvératrol sur le vieillissement, la fertilité et la santé cardiovasculaire. Dans cette dernière section du présent article, nous examinerons l’action du resvératrol dans la prévention du déclenchement du cancer et le potentiel de ralentir son développement.

Le resvératrol se montre prometteur pour le traitement et la prévention du cancer. Plusieurs études in vitro, sur les animaux et sur les humains, ont pris place à ce jour et ont démontré l’effet bénéfique du resvératrol sur certains types de cancer, incluant le cancer du sein, de la peau, du poumon, la leucémie, ainsi que sur le cancer de la vessie et le cancer colorectal[2][22][23][24]. Les données suggèrent que le resvératrol est non seulement un agent chimio préventif, protégeant les cellules des dommages de l’ADN associés avec le vieillissement, mais qu’il peut également inhiber la progression du cancer, voir même améliorer les résultats des traitements lorsque combiné à certains agents de chimiothérapie conventionnels. Le resvératrol s’avère affecter les trois étapes distinctes de la cancérogenèse : le stade initial, la promotion et la progression[2][24]. Le mécanisme de son effet anticancer est attribué à son activité antiinflammatoire ainsi qu’à sa capacité directe de moduler les voies de transduction des signaux à l’intérieur de la cellule, affectant ainsi les suivants : la multiplication et la croissance cellulaire, l’apoptose (mort cellulaire programmée), l’angiogenèse (inhibant le développement de nouveaux vaisseaux sanguins nourrissant les cellules cancéreuses) ainsi que la métastase (inhibant la dispersion distante des cellules cancéreuses)[24]. De plus, le resvératrol est capable de bloquer l’hormone qu’on appelle facteur de croissance analogue à l’insuline (IGF‑1) qui provoque les cancers liés à l’obésité comme le cancer du sein et de la prostate[23]. Puisque les causes du cancer sont multifactorielles, des agents anticancer efficaces doivent agir sur plusieurs mécanismes, tel qu’observé dans le cas du resvératrol.

Les meilleures données portant sur le rôle du resvératrol dans le traitement et la prévention du cancer proviennent du champ d’études sur le cancer colorectal. Le cancer colorectal est le troisième des cancers les plus souvent diagnostiqués chez l’homme et le deuxième plus commun chez les femmes[23]. Malgré une progression lente et les mesures de dépistage qui existent, le cancer colorectal continue à offrir un mauvais pronostic pour plusieurs. Certaines recommandations générales portant sur le régime alimentaire et le mode de vie peuvent réduire le risque du déclenchement du cancer colorectal. Ces dernières incluent la réduction de la consommation des viandes rouges et des produits de viande transformés, éviter les températures trop chaudes lors de la cuisson des viandes, éviter l’alcool et la fumée de la cigarette, maintenir un poids santé et incorporer un régime d’exercices régulier[23]. De pair avec ces interventions au niveau alimentaire et mode de vie, le cancer colorectal s’apprête idéalement aux traitements avec des agents chimio préventifs spécifiques, car son stade précancéreux est de longue durée[23].

Lors d’une étude in vitro des cellules humaines du cancer du côlon, le resvératrol s’est avéré favoriser la mortalité des cellules cancéreuses (l’apoptose) et réduire, de façon soutenue, le nombre des cellules cancéreuses vivantes[25]. Ce qui est important, c’est qu’en combinant le revératrol à l’agent chimio thérapeutique 5‑fluorouacil (5‑FU), les deux démontrent un effet en synergie sur la suppression de la croissance de la tumeur et sur l’induction de l’apoptose des cellules cancéreuses au niveau du côlon[25]. Cette découverte unique démontre le rôle du resvératrol non seulement comme agent de protection contre la progression du cancer, mais également comme sensibilisateur chimio, soit un agent qui permet aux médicaments contre le cancer à se déployer avec une efficacité accrue. Une autre étude des patients atteints du cancer colorectal démontrait qu’un apport de suppléments de 500 mg ou 1000 mg quotidiennement pendant huit jours avant une intervention chirurgicale était en mesure de réduire la prolifération des cellules cancéreuses tel que mesurée par la coloration Ki‑67[26].

Les résultats de l’étude actuelle, pris en considération avec de nombreuses autres études effectuées sur une variété de types des cellules cancéreuses ont souligné de façon soutenue le rôle du resvératrol dans l’inhibition de la prolifération des cellules cancéreuses ainsi que dans la tumorigenèse. Le potentiel emploi de cet antioxydant, autant pour la prévention du cancer que pour le traitement du cancer existant, de pair avec des agents chimio thérapeutiques, est un champ d’études excitant dans la recherche courante.

Conclusion

En conclusion, cet article a revu les bienfaits majeurs du resvératrol, ce composé aux activités antioxydantes, antiinflammatoires, antiâge, anticancers, protectrices du foie et du cœur. Depuis nombre de décennies, le resvératrol a fait l’objet d’une attention croissante dans la littérature scientifique, pour la plupart due à l’observation du paradoxe français. Nous savons maintenant que le resvératrol peut ralentir le vieillissement cellulaire par une variété des mécanismes complexes, incluant les effets antioxydants et protecteurs de l’ADN.

Plusieurs études préliminaires sur les animaux et les humains ont souligné l’usage potentiel du resvératrol chez les couples cherchant à concevoir. Les données préliminaires suggèrent que le resvératrol pourrait avoir un rôle protecteur des follicules en développement exposés aux quantités croissantes du stress oxydatif, soit à cause du processus naturel de vieillissement, soit de l’obésité ou du SOPK. Quant à son effet sur la santé métabolique, le resvératrol s’est avéré réduire les dommages inflammatoires et oxydatifs du système cardiovasculaire, protéger contre les maladies du foie gras non liées à l’alcool ainsi qu’améliorer les profils lipidiques. L’effet du resvératrol sur le contrôle glycémique lorsqu’en combinaison avec l’exercice a déclenché un questionnement, cependant la majorité des données indique des bienfaits lorsqu’utilisé chez les populations souffrant des maladies cliniques. Le resvératrol agit comme un agent chimio préventif et anti-cancer par l’introduction de plusieurs gènes anti-tumeur, par la régularisation du cycle cellulaire ainsi que par la réduction des dommages oxydatifs et de l’inflammation. Le resvératrol continue d’être un composé d’intérêt scientifique et plusieurs essais cliniques investiguent en ce moment ses nombreux bienfaits.

Références

  1. Bishayee, A. «Cancer prevention and treatment with resveratrol: from rodent studies to clinical trials». Cancer Prevention Research Vol. 2, N° 5 (2009): 409–418.
  2. Raederstorff, D., I. Kunz, and J. Schwager. «Resveratrol, from experimental data to nutritional evidence: the emergence of a new food ingredient». Annals of the New York Academy of Sciences Vol. 1290 (2013): 136–141.
  3. Bai, T., D.S. Dong, et L. Pei. «Resveratrol mitigates isoflurane-induced neuroapoptosis by inhibiting the activation of the Akt-regulated mitochondrial apoptotic signaling pathway». International Journal of Molecular Medicine Vol. 32, N° 4 (2013): 819–826.
  4. Liu, M., et autres. «Resveratrol protects against age-associated infertility in mice». Human Reproduction Vol. 28, N° 3 (2013): 707–717.
  5. Olesen, J., et autres. «Role of PGC‑1α in exercise training- and resveratrol-induced prevention of age-associated inflammation». Experimental Gerontology Vol. 48, N° 11 (2013): 1274–1284.
  6. Das, DK., S. Mukherjee, et D. Ray. «Erratum to: Resveratrol and red wine, healthy heart and longevity». Heart Failure Reviews Vol. 16, N° 4 (2011): 425–435.
  7. Barger, J.L., et autres. «A low dose of dietary resveratrol partially mimics caloric restriction and retards aging parameters in mice». PLoS One Vol. 3, N° 6 (2008): e2264.
  8. Mobasheri, A. et M. Shakibaei. «Osteogenic effects of resveratrol in vitro: potential for the prevention and treatment of osteoporosis». Annals of the New York Academy of Sciences Vol. 1290 (2013): 59–66.
  9. Wong, R.H., et autres. «Evidence for circulatory benefits of resveratrol in humans». Annals of the New York Academy of Sciences Vol. 1290 (2013): 52–58.
  10. Zhao, H., et autres. «Long-term resveratrol treatment prevents ovariectomy-induced osteopenia in rats without hyperplastic effects on the uterus». The British Journal of Nutrition 2013 Sep 30: 1–11. [Epub ahead of print]
  11. Martin, S.L., T.M. Hardy, et T.O. Tollefsbol. «Medicinal chemistry of the epigenetic diet and caloric restriction». Current Medicinal Chemistry Vol. 20, N° 32 (2013): 4050–4059.
  12. Kong, X.X., et autres. «Resveratrol, an effective regulator of ovarian development and oocyte apoptosis». Journal of Endocrinological Investigation Vol. 34, N° 11 (2011): e374–e381.
  13. Baek, S.H., et autres. «Creation of resveratrol-enriched rice for the treatment of metabolic syndrome and related diseases». PLoS One Vol. 8, N° 3 (2013): e57930.
  14. Pérez-Torres, I., et autres. «Hibiscus sabdariffa Linnaeus (Malvaceae), curcumin and resveratrol as alternative medicinal agents against metabolic syndrome». Cardiovascular & Hematological Agents in Medicinal Chemistry Vol. 11, N° 1 (2013): 25–37.
  15. Bhatt, J.K., S. Thomas, et M.J. Nanjan. «Resveratrol supplementation improves glycemic control in type 2 diabetes mellitus». Nutrition Research Vol. 32, N° 7 (2012): 537–541.
  16. Pearson, K.J., et autres. «Resveratrol delays age-related deterioration and mimics transcriptional aspects of dietary restriction without extending life span». Cell Metabolism Vol. 8, N° 2 (2008): 157–168.
  17. Militaru, C., et autres. «Oral resveratrol and calcium fructoborate supplementation in subjects with stable angina pectoris: effects on lipid profiles, inflammation markers, and quality of life». Nutrition Vol. 29, N° 1 (2013): 178–183.
  18. Bo, S., et autres. «Anti-inflammatory and antioxidant effects of resveratrol in healthy smokers a randomized, double-blind, placebo-controlled, cross-over trial». Current Medicinal Chemistry Vol. 20, N° 10 (2013): 1323–1331.
  19. Poulsen, M.M., et autres. «High-dose resveratrol supplementation in obese men: an investigator-initiated, randomized, placebo-controlled clinical trial of substrate metabolism, insulin sensitivity, and body composition». Diabetes Vol. 62, N° 4 (2013): 1186–1195.
  20. Gliemann, L., et autres. «Resveratrol blunts the positive effects of exercise training on cardiovascular health in aged men». The Journal of Physiology Vol. 591, N° 20 (2013): 5047–5059.
  21. Smoliga, J.M., E.S. Colombo, et M.J. Campen. «A healthier approach to clinical trials evaluating resveratrol for primary prevention of age‐related diseases in healthy populations». Aging (Albany NY) Vol. 5, N° 7 (2013): 495–506.
  22. Qiao, H., et autres. «Antitumor effects of naturally occurring oligomeric resveratrol derivatives». FASEB Journal Vol. 27, N° 11 (2013): 4561–4571.
  23. Temraz, S., D. Mukherji, et A. Shamseddine. «Potential targets for colorectal cancer prevention». International Journal of Molecular Sciences Vol. 14, N° 9 (2013): 17279–17303.
  24. Gescher, A., W.P. Steward, et K. Brown. «Resveratrol in the management of human cancer: how strong is the clinical evidence?» Annals of the New York Academy of Sciences Vol. 1290 (2013): 12–20.
  25. Kumazaki, M., et autres. «Anti-cancer effects of naturally occurring compounds through modulation of signal transduction and miRNA expression in human colon cancer cells». The Journal of Nutritional Biochemistry Vol. 24, N° 11 (2013): 1849–1858.
  26. Patel, K.R., et autres. «Clinical pharmacology of resveratrol and its metabolites in colorectal cancer patients». Cancer Research Vol. 70, N° 19 (2010): 7392–7399.