Contactez-nous : 1 800 268-9486
Page d’accueil > Naturopathic Currents

Le stress et les enfants - Développer des mécanismes d’adaptation sains

Il est clair que le stress quotidien est élevé dans le monde occidental du XXI e siècle. En tant qu’adultes, nous pensons souvent au stress comme étant une réaction à un évènement traumatique comme la perte d’un emploi ou d’un être cher, ou aux pressions de la vie quotidienne comme les échéances au travail, les difficultés des relations personnelles, et l’apologie d’un horaire chargé. Trop fréquent chez les enfants, le stress résulte également de différentes situations, dont les évènements traumatisants de la vie, les difficultés avec la famille, ou les pressions de l’école et de la vie sociale.

Dans une publication récente sur le stress infantile par le National Center for Injury Prevention and Control et les Centers for Disease Control and Prevention, le stress est décrit comme des « influences internes ou externes perturbant l’état normal de bienêtre d’un individu. Ces influences sont susceptibles d’affecter la santé en provoquant la détresse émotionnelle et en menant à divers changements physiologiques, comme une augmentation de la fréquence cardiaque, une pression sanguine élevée, et une augmentation spectaculaire des niveaux d’hormones. » L’hormone principalement en cause dans la réponse au stress est le cortisol, libéré par les glandes surrénales. Il a une fonction positive dans notre corps, et est essentiel à de nombreux mécanismes physiologiques.

Le problème est lorsque le niveau de cortisol est trop élevé, le reste pendant trop longtemps, ou ne diminue pas de manière appropriée pendant la journée. Des niveaux élevés de stress et de cortisol ont été associés à des manifestations indésirables pour la santé, dont :

  • Suppression du système immunitaire, augmentant le risque d’infection et d’autres problèmes de santé.
  • Troubles de santé mentale (ex. anxiété et dépression).
  • Syndrome métabolique et diabète de type 2.
  • Dommages à l’hippocampe, partie du cerveau responsable de l’apprentissage et de la mémoire.
  • Maux de tête, indigestion, fatigue et tension musculaire.

Chez les jeunes filles, le cortisol élevé est associé à un comportement anxieux, tandis que chez les garçons, il est associé à un comportement plus agressif.

Bon nombre de ces conditions sont à la hausse chez les enfants, et cela peut être dû en partie au stress.

Il est important de réaliser que le stress n’est pas toujours mauvais. Le « stress positif », chez les enfants, implique souvent une nouvelle expérience, comme rencontrer de nouveaux gens ou fréquenter une nouvelle école, et peut se manifester par des sentiments d’anxiété et des symptômes physiques tels que l’augmentation de la fréquence cardiaque. Avec l’aide et le soutien des adultes, l’enfant doit pouvoir gérer de façon appropriée et surmonter la situation, ce qui enseigne à l’enfant des techniques d’adaptation et de gestion de situation. Ceci est le stress positif et est essentiel au développement normal de l’enfant.

Commencer à parler du stress lorsque les enfants sont jeunes est essentiel, car cela aide à reconnaitre et à normaliser ces sensations désagréables, et cela fait le lien avec les mécanismes d’adap­tation sains qui peuvent être transmis à l’âge adulte. Plusieurs techniques peuvent être utilisées pour réduire le stress infantile ; en voici quelques-unes.

Yoga

Le yoga est une pratique physique et spirituelle aux multiples facettes : postures physiques, techniques de respiration, et spiritualité. La pratique a débuté en Inde il y a plus de 2000 ans, et a beaucoup gagné en popularité en Occident ces 20 dernières années. Elle est maintenant utilisée comme thérapie d’appoint pour différentes conditions médicales. Les enfants peuvent l’utiliser pour connecter avec leur corps, cultiver l’attention, et apprendre des techniques de respiration pouvant être appliquées à d’autres domaines de la vie.

Plusieurs recherches démontrent les bienfaits du yoga chez les adultes ; des recherches similaires menées auprès d’enfants sont rares. Une étude récente a examiné les effets sur le stress d’un programme de yoga de dix semaines auprès de classes de 2 e et de 3 e année, composé de 30 minutes de yoga avec un praticien qualifié une fois par semaine, pour un total de 10 semaines. Le cortisol salivaire a été recueilli et mesuré pour chaque élève à chaque session. Après 10 semaines de séances de yoga hebdomadaires, il y a eu une amélioration statistiquement significative des taux de cortisol salivaire dans la 2 e année du primaire. En outre, des questionnaires subjectifs remis par l’enseignant ont démontré des améliorations du comportement des enfants, y compris la durée d’attention, l’estime de soi, et la capacité à faire face au stress. Bien que ce soit un programme isolé et qu’on ne puisse pas généraliser à toutes les populations pédiatriques, c’est un signe que le yoga est non seulement bénéfique pour les adultes, mais puisse être bien adapté aux enfants, et qu’il fournit des résultats positifs. Beaucoup de studios de yoga offrent maintenant des classes pour enfants, et certaines offrent même des classes spécifiques mettant l’accent sur divers problèmes de santé. Si un parent est familier avec le yoga, la pratique d’exercices de posture et de respiration de base, et aidera les enfants à les mettre en œuvre au cours des périodes de stress, et pourra être un moyen d’intégrer les principes de yoga dans la vie d’un enfant.

Imagerie guidée

L’imagerie guidée est une technique corps-esprit utilisée pour aider le participant à générer une image ou une visualisation mentale pour un résultat de santé spécifique. Elle est généralement dirigée par un praticien qualifié, en privé ou en groupe, et souvent au cours d’une série de séances.

Les images produites par le participant peuvent être des images de relaxation générales ou plus spécifiques, comme des habitudes alimentaires saines ou des changements de comportement positifs. L’imagerie guidée a été testée auprès d’adultes, avec des résultats positifs sur le stress, l’anxiété, la douleur, et l’infertilité liés au travail. Une étude récente a utilisé l’imagerie guidée chez des adolescents obèses, notant les marqueurs de stress et le contrôle de la glycémie. Au cours d’un programme de 12 semaines de séances d’imagerie guidée hebdomadaire, le cortisol salivaire a été réduit d’environ 38 % après chaque séance de relaxation. Fait intéressant : cette étude démontre aussi que plus la réduction du cortisol est élevée, plus grande est la réduction de l’insuline, un marqueur important de la régulation glycémique, et plus les sessions ont entrainé une diminution de l’activité sédentaire. Les séances d’imagerie guidée ont montré une augmentation de l’activité physique modérée. D’un point de vue pratique, cette étude a aussi démontré que ce type d’intervention a été bien accueilli par les adolescents. Ils ont apprécié les exercices, et beaucoup ont appliqué la technique aux situations de stress aigu dans d’autres aspects de leur vie ; un point très prometteur pour les recherches futures.

Les recherches menées auprès d’enfants sont rares, mais l’utilisation de l’imagerie guidée chez les adultes et les résultats prometteurs de l’étude décrite ci-dessus démontrent qu’elle peut être très bénéfique pour réduire le stress infantile. L’imagerie guidée enseigne aux enfants un outil très spécifique qui peut être transféré à d’autres types de situations, en particulier les situations stressantes de stres aigu.

Thérapie nature

Des sondages affirment que les enfants passent environ 50 h par semaine sur un dispositif électronique, et près de 90 % de leur temps à l’intérieur. « Carence en nature » est un terme inventé par Richard Louv dans le livre Last Child in the Woods. Bien que ce ne soit pas une condition médicalement diagnostiquée, c’est l’idée que la tendance qu’ont les humains à passer plus de temps à l’intérieur et moins en plein air contribue à divers problèmes de santé, comme les troubles du comportement et de l’attention, ainsi que la détresse émotionnelle. La « vitamine N »(« nature ») intègre de nombreux types différents d’exposition à la nature, dont simplement le temps passé à l’extérieur, le temps dans les parcs et les espaces verts, le contact avec les plantes, le fait d’avoir des plantes dans la maison, et même la visualisation d’images de la nature.

La nature semble agir comme un tampon pour le stress chez les enfants. Quand ceux-ci vivent un évènement stressant, les niveaux de détresse psychologique sont 30 % plus faibles chez les enfants vivant dans un environnement « haute nature » que chez ceux souffrant d’une situation stressante similaire, mais vivant dans un environnement « faible nature ». Un environnement de haute nature inclut un environnement intérieur permettant de voir la nature de l’intérieur de la maison, ou d’avoir des plantes vivantes à l’intérieur, ainsi qu’un environnement extérieur immédiat à la maison. Cette étude est importante, car elle montre que les enfants n’ont pas à vivre à la campagne, entourés de forêt, pour profiter des bienfaits de la nature, mais que de petits changements tels que la présence de plantes dans la maison sont également très bénéfiques.

Voici quelques autres faits saillants de la recherche sur la connexion entre la nature et le stress :

  • Remplir une tâche mentale stressante dans un environnement champêtre produit des niveaux inférieurs de cortisol que lorsque la même activité est pratiquée à l’intérieur.
  • Avoir des plantes dans une pièce a réduit la réponse au stress chez des sujets ayant regardé une vidéo émotivement stressante. Les résultats ont été encore plus grands avec des plantes à fleurs.
  • Faire une promenade en forêt a réduit davantage les niveaux de cortisol suite à l’exercice qu’une marche de la même durée sur un tapis roulant. Des améliorations ont également été observées dans la pression sanguine, l’humeur, et la fatigue.
  • Il a été démontré à plusieurs reprises que la pratique d’activités dans les espaces verts améliore l’attention et la concentration chez les enfants diagnostiqués du trouble du déficit de l’attention.
  • Pour en savoir plus sur d’autres bienfaits de la nature sur la santé, visitez http://www.naturopathiccurrents.com/articles/health-and-nature (une version française sera disponible bientôt).

Intégration des techniques de gestion du stress

Le stress infantile est souvent négligé et minimisé par les adultes. Cependant, le stress est très présent dans la population pédiatrique et est associé à des problèmes de santé. Il est important pour les parents, les fournisseurs de soins de santé, et les éducateurs de reconnaitre le rôle du stress et de traiter celui-ci chez les enfants. En commençant à parler du stress lorsque les enfants sont jeunes, nous pouvons favoriser l’idée d’une connexion corps-esprit et enseigner à nos enfants des façons saines de gérer le stress qui leur serviront dans l’avenir. En plus d’intégrer le yoga, la méditation guidée, et la thérapie par la nature dans la vie des enfants, beaucoup d’autres façons de réduire le stress, dont il n’est pas fait mention ici, montrent également des bienfaits significatifs. Ceux-ci incluent, sans s’y limiter, les conseils ou la thérapie auprès d’un professionnel, le sport récréatif, la thérapie par l’art, la relaxation musculaire progressive, et la thérapie par la musique. Les enfants ne répondent pas tous de la même façon aux mêmes techniques ; il est donc important d’essayer différentes approches et de continuer ce qui semble bien fonctionner pour chaque enfant. En commençant tôt, nous fournirons des outils pour gérer le stress dans la vie moderne des enfants tout en fournissant des compétences de vie pour gérer le stress à venir d’une manière saine, et finalement obtenir des adultes plus en santé et plus heureux.


Pour les références et d’autres articles, visitez NaturopathicCurrents.com