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L’huile de coco : Pourquoi ce buzz?

L’huile de noix de coco — Introduction et effets sur la perte de poids

Que ce soit pour perdre du poids, améliorer la mémoire, réguler le cholestérol ou prendre soin de sa peau, ces dernières années l’huile de noix de coco a fait beaucoup parler d’elle et de son efficacité pour régler beaucoup de petits problèmes de santé. Vous serez peut-être surpris d’apprendre que l’huile de noix de coco a été longtemps vue comme malsaine et saturée, et en rapport, en particulier, avec la maladie coronarienne[1]. Bien qu’elle soit, en effet, saturée, l’huile de noix de coco est en réalité une huile végétale saine, aux nombreuses vertus. Non seulement la noix de coco elle-même contient de puissants antioxydants, des vitamines, et des minéraux, mais son huile renferme aussi des graisses plus assimilables par l’organisme[2]. Cet article va aborder les indications de l’huile de noix de coco pour la santé cardiovasculaire, notamment pour la régulation du cholestérol et le contrôle du poids, ainsi que pour certains troubles neurologiques, tels que le déficit cognitif observé dans la maladie d’Alzheimer par exemple. Nous traiterons ensuite de l’efficacité de l’huile de noix de coco pour les problèmes de peau et nous donnerons des indications de dosage.

La noix de coco (Cocos nucifera), aussi appelée «arbre de vie», fournit aujourd’hui encore l’huile de base de plusieurs cultures à travers le monde. L’huile de noix de coco contient de l’acide laurique, un triglycéride à chaine moyenne (TCM), qui le rend efficace pour la perte de poids[3]. Les TCM étant métabolisés assez rapidement par notre organisme, ils sont moins emmagasinés sous forme de graisse. D’après une revue systématique parue en 2012, une étude a montré que les TCM accentuaient la perte de graisse chez les hommes en surpoids, par rapport aux acides gras à longue chaine[3]. Le mécanisme expliquant cet effet est que les TCM subissent une augmentation de la β‑oxydation (dégradation des graisses) et des dépenses énergétiques, comparés aux triglycérides à longue chaine, les derniers TCM ayant tendance à être absorbés par la circulation lymphatique plutôt que d’être stockés sous forme graisseuse.

Une autre étude a montré que non seulement l’huile de noix de coco réduit le tour de taille chez les femmes, mais aussi que, comparée à l’huile de soja, elle augmente le taux de HDL (le bon cholestérol)[5]. Ces femmes ont aussi éprouvé une diminution de leur indice de masse corporelle et du rapport LDL/HDL, les deux effets allant dans le sens d’une meilleure santé globale. L’importance de ces résultats a permis de discréditer l’idée que l’huile de noix de coco favoriserait la dyslipidémie, ce qui n’est pas le cas. L’étude a aussi trouvé qu’elle aidait à réduire l’adiposité centrale, qui apporte ses propres troubles de santé. Dans l’adiposité centrale, la graisse a tendance à s’accumuler autour des organes vitaux, dont le foie (stéatose hépatique), pouvant altérer la capacité de l’organisme à se désintoxiquer et à se purifier. En outre, la graisse abdominale étant plus difficile à perdre (elle entoure les organes viscéraux vitaux), un autre problème vient de la dérégulation du cholestérol, qui tend à accompagner systématiquement la maladie coronarienne, augmentant ainsi les risques d’infarctus et d’AVC.

Huile de noix de coco et cholestérol

Graisse saturée, l’huile de noix de coco a longtemps été considérée comme contribuant à la maladie coronarienne. Pour cette raison, il était conseillé d’en réduire la consommation alimentaire, par crainte d’augmenter le risque de problèmes cardiovasculaires. Une publication de 2013 a établi que ce n’était pas le cas. En réalité, les auteurs avancent que les graisses saturées présentes dans la noix de coco et les laitages tendent à améliorer la santé globale[6]. Une autre étude indique qu’une alimentation contenant de l’huile de noix de coco diminuerait le taux de cholestérol total et de LDL (le mauvais cholestérol), comparée à une alimentation riche en beurre[7]. Comment l’huile de noix de coco agit-elle? Retournons un peu en arrière. Le corps produit plusieurs hormones dont les fonctions dans l’organisme sont multiples. Il existe un groupe d’hormones dites stéroïdiennes, dont font partie les fameuses hormones sexuelles et les hormones thyroïdiennes, qui font beaucoup parler d’elles. Un précurseur des hormones stéroïdiennes est la prégnénolone. Celle-ci est un dérivé du cholestérol, et l’huile de noix de coco favorise la conversion du cholestérol en prégnénolone, et donc la réduction du taux de cholestérol dans le sang. (Un petit mot à propos du cholestérol : bien qu’il soit perçu comme un «mauvais» composant de notre organisme, le cholestérol y remplit de nombreuses fonctions importantes, telles que l’entretien des membranes cellulaires, la production des sels biliaires, et celle des hormones sexuelles. C’est quand l’oxydation dans l’organisme perturbe le transport du cholestérol que celui-ci devient préoccupant[8]).

Les sociétés traditionnelles consomment de l’huile de noix de coco depuis longtemps. En Inde, par exemple, bien que l’alimentation soit généralement pauvre en graisse, la maladie coronarienne (MC) est endémique. Une étude a tenté d’établir si un taux élevé de MC pouvait provenir de la consommation d’huile de noix de coco. Le résultat a montré que celle-ci ne pouvait pas être associée à la prévalence de la maladie dans la population[9]. En réalité, l’importance des maladies cardiovasculaires dans cette société fait toujours l’objet de recherche.

Je soupçonne que, dans cette société, une supplémentation en huile de noix de coco n’apporterait pas de différence au résultat de l’étude, puisqu’elle y fait partie du mode de vie et du régime alimentaire, du moins dans l’Inde de l’Ouest. On peut comparer avec l’Amérique du Nord, où notre alimentation manque de bonnes huiles. Dans ce contexte, une supplémentation en huile de noix de coco aurait des effets bien plus importants sur la réduction du risque de MC, puisqu’il s’agit d’un élément dont notre organisme a besoin mais qu’il ne reçoit pas souvent. On peut comparer avec d’autres pays, comme la Malaisie ou les Philippines, où l’huile de noix de coco est un produit de base.

Illustrons ce point avec une étude de 2011, dans laquelle 45 adultes en bonne santé ont reçu une supplémentation en huile de palme, huile de noix de coco, ou huile d’olive. Les chercheurs ont mesuré le taux de marqueurs inflammatoires dans l’organisme après consommation de ces huiles, comme indicateurs de maladies cardiovasculaires (MCV). Les graisses composaient 30 % du régime alimentaire. Aucune différence significative n’a été relevée entre les différents groupes, hormis le fait que l’huile de noix de coco réduisait légèrement le taux de lipoprotéines après le repas. Aucune des huiles ne diminuant le taux des marqueurs inflammatoires, les auteurs en ont conclu que l’huile de noix de coco n’avait pas d’effet pour prévenir le risque de MCV[10]. C’est, une fois de plus, erroné, puisqu’ils n’ont pas pris en considération le fait que l’alimentation des sujets était déjà bien supplémentée en huile de noix de coco, et que ceux-ci jouissaient déjà d’une bonne santé!

L’huile de noix de coco est bonne pour l’état cardiovasculaire, mais la manifestation de ses effets se voit plus clairement quand elle vient supplémenter une alimentation à laquelle elle fait défaut. Si ce n’est pas le cas, ses effets n’amélioreront pas sensiblement les résultats — mais cela ne nuira pas non plus.

Huile de noix de coco et santé cérébrale

L’huile de noix de coco a encore d’autres utilisations, notamment concernant les processus neurologiques. On lui a par exemple trouvé des applications pour la maladie d’Alzheimer et l’épilepsie. La maladie d’Alzheimer (MA) est le type le plus courant de démence, survenant généralement pendant la soixantaine. Cette maladie neurologique affecte la mémoire à court terme, et en progressant, en vient à perturber l’activité quotidienne. Elle provoque aussi souvent la confusion mentale, l’irritabilité, l’instabilité de l’humeur, et jusqu’à des comportements violents quand la maladie progresse. Une étude a utilisé l’huile de noix de coco comme complément alimentaire pour aider à ralentir le déclin cognitif observé dans la MA. Associés à un traitement pharmaceutique, les triglycérides à chaine moyenne (TCM) ont entrainé une amélioration significative de l’activité cognitive[11]. Les raisons du déclin cognitif étant mal connues, le mécanisme d’action de l’huile de noix de coco pour améliorer la cognition est également peu compris. D’autres études ont montré une amélioration de l’activité cognitive et de la mémorisation chez les patients atteints d’Alzheimer ayant reçu des TCM[12][13]. De plus, selon une nouvelle étude, les TCM seraient utiles contre la démence et pour améliorer la qualité de vie[14]. Bien que le mode d’action ne soit pas tout à fait clair, il est possible que les TCM soient convertis en cétones, lesquelles sont utilisées à la place du glucose comme combustible par le cerveau[14]. L’idée, ici, est que la maladie d’Alzheimer viendrait d’une diminution du métabolisme du glucose dans le cerveau, conduisant à la cétose. L’état cétonique résultant peut à son tour bénéficier à la cognition des patients atteints d’Alzheimer.

Dans le même ordre d’idées, les TCM ont également été utilisés pour l’épilepsie. Dans celle-ci, les neurones sont anormalement excités, entrainant des modifications de l’activité électrochimique du cerveau, ce qui se traduit par des spasmes musculaires, voire des convulsions de tout le corps. Le régime cétogène, riche en graisse mais pauvre en calories, a été utilisé dans le traitement de l’épilepsie. Ce régime a pour but de créer un état de cétose, escomptant y trouver un bénéfice pour le fonctionnement neurologique. Avec le temps, le régime a été amendé et contient maintenant des TCM, qui ont montré des résultats notables[15]. Chez les enfants, en particulier, ce régime cétogène TCM s’est montré utile pour diminuer les convulsions, étant comparable au régime cétogène classique[16].

L’action de l’huile de noix de coco ne se limite pas au système nerveux. Elle a également montré de bons résultats dans les cas de sècheresse cutanée[17] et pour les cheveux abimés[18]. L’huile de noix de coco protège contre la perte protéique en raison de sa capacité à pénétrer dans la tige capillaire, contrairement aux huiles minérales et de tournesol[18]. Elle est aussi utilisée dans de nombreuses formules cosmétiques, et peut servir de base aux préparations insectifuges[19]. Personnellement, je l’utilise même comme base pour mon déodorant maison.

L’huile de noix de coco — Dosage et fiabilité

Comme on l’a vu jusqu’ici, l’huile de noix de coco peut être utile dans une large gamme de cas : santé cardiovasculaire, état neurologique, contrôle du poids, et jusqu’aux soins cosmétiques quotidiens. Les triglycérides à chaine moyenne qu’elle contient sont rapidement absorbés par l’organisme et lui sont utiles pour de multiples processus.

Sécurité

Bien que l’huile de noix de coco soit utilisée depuis longtemps dans diverses cultures, les preuves de son efficacité continuent d’affluer. Son utilisation ne présente pas de risque, et elle peut être associée à d’autres traitements pharmaceutiques pour compléter une thérapie. Elle est «généralement reconnue comme sure» par la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis, et il n’y a «pas de base raisonnable pour soupçonner un risque pour le public» quant à son utilisation[20].

Dosage

Usage interne

30 ml ou 2 cuillerées à soupe pendant 6 à 12 semaines[21]

Excès de cholestérol

Perte de poids

Épilepsie

Diabète

Application locale

Appliquer l’huile deux fois par jour[22]

Effets indésirables

L’huile de noix de coco est bien tolérée en prise orale. Les effets secondaires les plus courants sont notamment la diarrhée et des troubles gastro-intestinaux dus à sa teneur élevée en huile. Il existe une possibilité, bien que très rare, de réaction ou de sensibilité allergiques à la noix de coco elle-même[23].

Pour conclure, l’huile de noix de coco est une option fiable et efficace pour de nombreux problèmes de santé. Elle peut être utilisée par voie interne ou localement, et est considérée comme sans risque pour les enfants, les femmes enceintes, ainsi que pour l’allaitement. Elle contribue à réguler la santé cardiaque et le métabolisme du cholestérol, et a un effet protecteur du système nerveux. Il n’y a pas d’interaction médicamenteuse ou alimentaire connue. Tout ce qui est nécessaire pour se sentir mieux, c’est 2 cuillerées à soupe par jour!

Références

  1. Amarasiri, W.A. et A.D. Dissanayake. «Coconut fats.» The Ceylon Medical Journal Vol. 51, N° 2 (2006): 47–51.
  2. Adams, W. et D.E. Bratt. «Young coconut water for home rehydration in children with mild gastroenteritis.» Tropical and Geographical Medicine Vol. 44, N° 1–2 (1992): 149–153.
  3. Rego Costa, A.C., W.L. Rosado, et M. Soares-Mota. «Influence of the dietary intake of medium chain triglycerides on body composition, energy expenditure and satiety: A systematic review.» Nutrición Hospitalaria Vol. 27, N° 1 (2012): 103–108.
  4. St-Onge, M.P., et autres. «Medium-chain triglycerides increase energy expenditure and decrease adiposity in overweight men.» Obesity Research Vol. 11, N° 3 (2003): 395–402.
  5. Assuncao, M.L., et autres. «Effects of dietary coconut oil on the biochemical and anthropometric profiles of women presenting abdominal obesity.» Lipids Vol. 44, N° 7 (2009): 593–601.
  6. Lawrence, G.D. «Dietary fats and health: Dietary recommendations in the context of scientific evidence.» Advances in Nutrition Vol. 4, N° 3 (2013): 394–302.
  7. Cox, C., et autres. «Effects of dietary coconut oil, butter and safflower oil on plasma lipids, lipoproteins and lathosterol levels.» European Journal of Clinical Nutrition Vol. 52, N° 9 (1998): 650–654.
  8. Salway, J.G. Metabolism at a glance, 3rd ed. Massachussetts: Blackwell Publishing Ltd., 2004.
  9. Kumar, P.D. «The role of coconut and coconut oil in coronary heart disease in Kerala, south India.» Tropical Doctor Vol. 27, N° 4 (1997): 215–217.
  10. Voon, P.T., et autres. «Diets high in palmitic acid (16:0), lauric and myristic acids (12:0 + 14:0), or oleic acid (18:1) do not alter postprandial or fasting plasma homocysteine and inflammatory markers in healthy Malaysian adults.» The American Journal of Clinical Nutrition Vol. 94, N° 6 (2011): 1451–1457.
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  12. Reger, M.A., et autres. «Effects of beta-hydroxybutyrate on cognition in memory-impaired adults.» Neurobiology of Aging Vol. 25, N° 3 (2004): 311–314.
  13. Henderson, S.T., et autres. «Study of the ketogenic agent AC‑1202 in mild to moderate Alzheimer’s disease: A randomized, double-blind, placebo-controlled, multicenter trial.» Nutrition and Metabolism Vol. 6, N° 31 (2009): 6–31.
  14. Newport, M.T. «Caregiver reports following dietary intervention with medium chain fatty acids in 60 persons with dementia.» International symposium of dietary interventions for epilepsy and other neurologic diseases. Edinburgh, Scotland, October 2010.
  15. Neal, E.G. et J.H. Cross. «Efficacy of dietary treatments for epilepsy.» Journal of Human Nutrition and Dietetics Vol. 23, N° 2 (2010): 113–119.
  16. Neal, E.G., et autres. «A randomized trial of classical and medium-chain triglyceride ketogenic diets in the treatment of childhood epilepsy.» Epilepsia Vol. 50, N° 5 (2009): 1109–1117.
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  19. Sharma, S.K., V.K. Dua, et V.P. Sharma. «Field studies on the mosquito repellent action of neem oil.» The Southeast Asian Journal of Tropical Medicine and Public Health Vol. 26, N° 1 (1995): 180–182.
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  21. Assuncao, M.L., et autres. «Effects of dietary coconut oil on the biochemical and anthropometric profiles of women presenting abdominal obesity.» Lipids Vol. 44, N° 7 (2009): 593–601.
  22. Agero, A.L. et V.M. Verallo-Rowell. «A randomized double-blind controlled trial comparing extra virgin coconut oil with mineral oil as a moisturizer for mild to moderate xerosis.» Dermatitis Vol. 15, N° 3 (2004): 109–116.
  23. Teuber, S.S. et W.R. Peterson. «Systemic allergic reaction to coconut (Cocos nucifera) in 2 subjects with hypersensitivity to tree nut and demonstration of cross-reactivity to legumin-like seed storage proteins: new coconut and walnut food allergens.» The Journal of Allergy and Clinical Immunology Vol. 103, N° 6 (1999): 1180–1185.