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L’hypothyroïdie — Causes et remèdes naturels


L’hypothyroïdie : Qu’est-ce que c’est ?

On appelle hypothyroïdie une sous-activité de la glande thyroïde. Il en existe plusieurs
types : subclinique, primaire, ou secondaire. La fonction première de la glande thyroïde
est de réguler les processus métaboliques nécessaires à la croissance et au
développement, ainsi qu’à la différenciation normale des tissus [1]. L’activité de la
glande thyroïde peut se ralentir pour diverses raisons, que nous allons examiner plus
en détail. En temps normal, la thyroïde et les tissus périphériques convertissent la
thyroxine (T4) en sa forme plus active, la triiodothyronine (T3). La production
d’hormones thyroïdiennes est influencée par plusieurs facteurs, comprenant l’hormone
thyréotrope (TRH) de l’hypothalamus, le taux de thyréostimuline (TSH) libérée par
l’hypophyse, et la disponibilité en iode et en tyrosine. La production de TSH est régulée
au moyen de boucles de rétroaction entre l’hypothalamus, l’hypophyse, et la thyroïde [2].

L’hypothyroïdie entraine un ralentissement du métabolisme basal, conduisant
finalement à une prise de poids. Les autres symptômes de l’hypothyroïdie sont
notamment une irrégularité des selles (constipation), un manque d’énergie, une
sècheresse cutanée, une perte de cheveux, de l’irritabilité, des troubles
psychiques, de la frilosité, des douleurs musculaires et articulaires, une absence
ou un retard des réflexes, etc., pour n’en citer que quelques-uns, mais ces
symptômes ne se manifestent pas nécessairement tous dans l’hypothyroïdie.


Ce qui la provoque

La thyroïdite d’Hashimoto est une cause courante d’hypothyroïdie [3], et touche
environ 5 % de la population, ce qui en fait l’une des maladies auto-immunes les
plus répandues. Elle concernerait entre 10 et 20 % des femmes, et reste moins
fréquente chez les hommes [4]. La thyroïdite d’Hashimoto est considérée comme
un trouble de l’immunité à médiation cellulaire [5], avec infiltration dans la glande
thyroïde de lymphocytes T et B [4]. Il est important d’évaluer la coexistence d’une
auto-immunité, car des troubles auto-immuns supplémentaires peuvent se
manifester chez les personnes atteintes de thyroïdite d’Hashimoto [5].

Le stress peut jouer un rôle crucial dans la dérégulation thyroïdienne, notamment
en déclenchant la libération de noradrénaline, de cortisol, et de corticolibérine. Ces
hormones inhibent la sécrétion de TSH et des enzymes impliquées dans la
conversion des T4 en T3[6].

Une mauvaise santé gastro-intestinale (GI) peut aussi être responsable de la thyroïdite
auto-immune. Savez-vous que de 70 à 80 % du système immunitaire se trouve dans
le système GI ? Des facteurs comportementaux tels que le stress, l’usage
d’antibiotiques, ou une mauvaise alimentation agissent directement sur l’intégrité et le
bon fonctionnement du système GI. Lorsque ce dernier est compromis, le système
immunitaire peut se dérégler, et l’organisme peut alors commettre des erreurs ! En cas
d’hyperperméabilité intestinale, le système immunitaire identifie des antigènes
normalement anodins, tels les nutriments, comme des agents étrangers et développe
contre eux une réponse immunitaire. La structure protéique de certains aliments
ressemblant à celle de la thyroïde, des réactions croisées peuvent survenir et amener
alors l’organisme à se retourner contre lui-même par une réaction auto-immune. On
notera aussi qu’une mauvaise santé gastro-intestinale se manifestera probablement
par des ballonnements, des gaz, des selles irrégulières, des brulements d’estomac, et
des crampes abdominales, qui ne sont que quelques-uns des symptômes associés !


 Examens

 Votre médecin recherchera des   symptômes de sous-activité de
 la thyroïde. Il ou elle prescrira
 probablement un ensemble
 d’examens de la thyroïde
 (pouvant comporter une
 recherche d’iode urinaire sur
 vingt- quatre heures) pour
 déterminer son état, et
 procèdera à un examen
physique à la recherche de nodules ou d’irrégularités. Une échographie de la
thyroïde pourra également être prescrite si des nodules se révèlent à la palpation. En
cas d’hypothyroïdie, le taux de TSH tend à être élevé, et celui des T4 et des T3 à être
faible [6]. Des résultats d’analyse montrant un taux élevé d’anticorps thyroperoxydases
(TPO) et thyroglobulines (TG) indiquent que la thyroïde est « attaquée ».


Approches thérapeutiques naturelles


Alimentation

Régime sans gluten : La structure protéique du gluten réagit de façon croisée avec
celle de la thyroïde. Des études ont démontré qu’un régime strict sans gluten
bénéficie aux patients. En supprimant le gluten de l’alimentation, le taux d’anticorps
diminue, et l’activité de la thyroïde se rétablit. Il peut également être nécessaire de
supprimer certains autres aliments nocifs [7].

Augmentation de l’apport en protéines : Cela est important, puisque les
protéines sont des précurseurs à la fois de la tyrosine et des hormones du stress
(les catécholamines) [6].


Compléments nutritionnels

Iode : Un micronutriment nécessaire au fonctionnement de la thyroïde et à la
synthèse des hormones thyroïdiennes, l’iode se trouve dans les poissons et
fruits de mer, les produits animaux, et les fruits tels que canneberges et fraises.
Compter environ 150 mcg/j, et 250 mcg en cas de grossesse ou d’allaitement [5].
Toutefois, certaines études indiquent qu’un excès léger ou modéré d’iode
(supérieur à 220 mcg/j) serait associé à une plus grande occurrence
d’hypothyroïdie, mais le mécanisme exact n’est pas élucidé [8]. Une étude
récente suggère que, dans le développement de l’hypothyroïdie, l’apoptose
des cellules folliculaires thyroïdiennes est probablement provoquée par une
suppression de l’activité autophagique induite par l’excès d’iode. Concernant
la thyroïdite d’Hashimoto, des doses élevées d’iode seraient donc
déconseillées [5]

Sélénium : C’est un micronutriment qui augmente la production d’hormones
thyroïdiennes actives (T3), et module la réaction inflammatoire et immunitaire. En
l’absence de sélénium, des T3 inverses (métaboliquement inactives) sont produites.
On trouve du sélénium en grande quantité dans les noix du Brésil et des aliments
comme le thon et les huitres. L’apport alimentaire quotidien recommandé va de 55
à 75 mcg. Trois méta-analyses sur la supplémentation en sélénium ont confirmé
son effet réducteur sur les anticorps TPO et TG, sachant que les patients de
l’étude la plus récente recevaient 200 mcg de sélénométhionine. Pour établir si un
patient atteint de thyroïdite d’Hashimoto bénéficierait d’une supplémentation en
sélénium, le praticien doit d’abord examiner son taux d’iode [9].



Vitamine D : Plusieurs études ont établi une corrélation entre la carence en vitamine 
D et l’auto-immunité thyroïdienne. La supplémentation en vitamine D et l’exposition
au rayonnement solaire sont l’une et l’autre efficaces pour réduire les anticorps
antithyroperoxydase (anti‑TPO) chez les patients montrant une carence en vitamine 
D, laquelle a des propriétés immunorégulatrices. Il convient de faire analyser votre
taux de vitamine D avant toute supplémentation, dans la mesure où il s’agit d’une
vitamine liposoluble, pouvant donc s’accumuler dans l’organisme et devenir toxique
à haute dose en raison de la concentration en calcium (hypercalcémie) et d’une
possibilité de lithiase rénale. Si vous présentez un risque de maladie cardiaque,
votre médecin pourra aussi prescrire de la vitamine K en plus de la vitamine D. Un
taux élevé de vitamine K est associé à une réduction de la calcification de l’artère
coronaire, des maladies cardiovasculaires, et de la mortalité [10].


Phytothérapie

Withania somnifera : Ce ginseng indien est un
adaptogène, en cela qu’il permet de moduler la
réponse au stress et qu’il atténue les symptômes
qui y sont associés. Cette plante appelée
ashwagandha favorise la conversion des T4 en
T3, et bénéficie à l’activité thyroïdienne [6].


Conclusion

L’hypothyroïdie peut être provoquée par une
agression auto-immune, une mauvaise santé
digestive, des carences nutritionnelles, ou un
épuisement surrénalien. Les approches
thérapeutiques courantes comprennent
l’élimination des sensibilités alimentaires et le
traitement du système gastro-intestinal, la modulation du système immunitaire et la réduction de l’inflammation (en cas de thyroïdite d’Hashimoto), l’apport nutritionnel
des précurseurs nécessaires à l’activité thyroïdienne, et le soutien aux glandes surrénales
a fin de limiter l’impact du stress sur le système endocrinien. La médecine naturopathique
traite les affections thyroïdiennes par l’alimentation, la supplémentation nutritionnelle,
et la phytothérapie. Prenez rendez-vous avec votre médecin naturopathe avant de faire
un autodiagnostic et de commencer un traitement contre les maladies thyroïdiennes.

 

Références

  1. Mullur, R., Y.Y. Liu, et G.A. Brent. « Thyroid hormone regulation of metabolism. »
    Physiological Reviews Vol. 94, N° 2 (2014): 355–382.
  2. Dharmananda, S. Treatments for thyroid diseases with Chinese herbal
    medicine.
     · http://www.itmonline.org/arts/thyroid.htm
  3. Prousky, J., et J. Hoffer. « Hypothyroidism. » In : Textbook of Integrative
    Clinical Nutrition.
    Toronto : CCNM Press, 2013, 506 p. (ici p. 108–109),
    ISBN 978‑1‑8970‑2545‑1.
  4. Lee, H.J., et autres. « Immunogenetics of autoimmune thyroid diseases: A
    comprehensive review. » Journal of Autoimmunity Vol. 64 (2015): 82–90.
  5. Liontiris, M.I., et E.E. Mazokopakis. « A concise review of Hashimoto
    thyroiditis (HT) and the importance of iodine, selenium, vitamin D and gluten
    on autoimmunity and dietary management of HT patients. Points that need
    more investigation. » Hellenic Journal of Nuclear Medicine Vol. 20, N° 1
    (2017): 51–56.
  6. Sarris, J., et J. Wardle. Clinical naturopathy: An evidence-based guide to
    practice. 
    Chatswood: Churchill Livingstone Elsevier Australia, 2010, 850 p
    (ici p. 325, 327, 330, et 336), ISBN 978‑0‑7295‑3926‑5.
  7. Valley Thyroid Institute. Gluten is the first thing to go with Hashimoto’s
    hypothyroidism diagnosis.
     · https://valleythyroidinstitute.com/gluten-is-the-
    first-thing-to-go-with-hashimotos-hypothyroidism-diagnosis/ · Mis à jour le
    2017‑03‑09. · Consulté le 2018‑01‑15.
  8. Laurberg P., et autres. « Environmental iodine intake affects the type of
    nonmalignant thyroid disease. » Thyroid Vol. 11, N° 5 (2001): 457–469.
  9. Mazokopakis, E.E., et E.E. Protopapadakis. « Recommended dietary
    selenium intakes and selenium concentrations in nuts. » Hellenic Journal
    of Nuclear Medicine
    Vol. 10, N° 1 (2007): 34. (Commentaire sur « Selenium
    and thyroidal function: The role of immunoassays. » Hellenic Journal of Nuclear
    Medicine
    Vol. 9, N° 3 (2006): 195–203.)
  10. Tsugawa, N. « Cardiovascular diseases and fat soluble vitamins: Vitamin D and
    vitamin K. » Journal of Nutritional Science and Vitaminology Vol. 61 Suppl.
    (2015): S170–S172.

 

 Dre Ashley Kowalski, HBSc, ND

 Ashley est docteur en naturopathie et pratique en Ontario.
 Ses principaux centres d’intérêt sont les troubles digestifs/
 sensibilités alimentaires, la santé féminine et les problèmes
 thyroïdiens.

 www.ashleykowalskind.com