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Le SPM : Approches naturelles et options de suppléments

Les symptômes prémenstruels affectent jusqu’à 80 % des femmes [1]. Pour beaucoup, cela se traduit par des symptômes désagréables mais n’affecte pas nécessairement leurs activités quotidiennes. En revanche, le syndrome prémenstruel (SPM) affecte jusqu’à 20 % des femmes [2]. Ce diagnostic se caractérise par l’apparition d’au moins un symptôme physique et un symptôme psychiatrique pendant la deuxième moitié du cycle (7–14 jours avant les règles), lesquels s’atténuent pendant ou peu après le déclenchement des règles [3]. La plupart du temps, ces symptômes interfèrent également avec leurs activités quotidiennes d’une manière ou d’une autre [4]. Un plus petit pourcentage de femmes (environ 1–5 %) sont affectées par une forme plus sévère du SPM, à savoir le trouble dysphorique prémenstruel (TDP) dans lequel les symptômes liés à l’humeur sont importants et dominants [5].

On rapporte que les femmes souvent confrontées au SPM doivent s’absenter plus souvent du travail et ont des dépenses médicales plus élevées ainsi qu’une qualité de vie globale amoindrie [6]. À ce jour, les causes précises et les problèmes sous-jacents qui conduisent certaines femmes plutôt que d’autres à contracter un SPM ne sont pas encore totalement comprises. À l’origine, on supposait que les symptômes prémenstruels devaient être dus aux hormones sexuelles féminines. L’œstrogène et la progestérone ont toutes les deux un rôle à jouer dans la régulation de neurotransmetteurs comme la dopamine, le GABA, et la sérotonine, qui peuvent impacter l’humeur et la cognition, mais aussi influencer la rétention d’eau dans le corps, ce qui peut contribuer à des symptômes prémenstruels courants comme des ballonnements, ainsi qu’une sensibilité et des gonflements mammaires [7]. Toutefois, les études n’ont pas été en mesure de prouver que les femmes souffrant du SPM avaient des niveaux d’œstrogène ou de progestérone supérieurs ou inférieurs par rapport aux autres femmes. Cela a permis de comprendre qu’il doit plutôt s’agir des changements relatifs dans les niveaux d’hormones et du degré de sensibilité de certaines femmes quant à ces changements qui se produisent pendant la période prémenstruelle et contribuent au SPM [8]. Les études indiquent également que de nombreuses femmes sujettes au SPM présentent des carences en certains micronutriments, et que la supplémentation ou une augmentation de l’apport alimentaire de ces nutriments pouvait améliorer les symptômes [9].

Avant de poser un diagnostic de SPM, il est important d’écarter d’autres éventuels problèmes de santé, car de nombreux autres troubles vont s’aggraver pendant la période prémenstruelle. Il est essentiel de bien distinguer que les symptômes de type SPM se produisent uniquement pendant la phase lutéale. Il ne s’agit pas de symptômes qui seraient présents (mais de manière atténués) pendant la majeure partie du mois et qui seraient ensuite fortement exacerbés pendant la période prémenstruelle [10]. Tous les autres éventuels problèmes de santé (p. ex. dépression, anxiété, dérèglement glycémique) devraient être abordés et traités en premier avant de traiter le SPM individuellement.

Les options conventionnelles pour gérer le SPM incluent des contraceptifs oraux, qui suppriment la production naturelle d’œstrogènes et de progestérone (et les remplacent par des formes synthétiques) mais aussi des antidépresseurs (surtout des inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine [ISRS])  [11]. Ces deux options peuvent être efficaces ; toutefois, pour beaucoup de femmes cela s’accompagnera d’effets indésirables, beaucoup ne tolérant pas ces traitements, et pour certaines, ils pourraient être contrindiqués [12]. La thérapie cognitivocomportementale (TCC) a également été étudiée et s’avérerait être une option efficace, mais nécessite d’y consacrer beaucoup de temps, ce qui ne conviendra pas à toutes. Environ 80 % des femmes sujettes à un SPM vont rechercher des traitements alternatifs ou complémentaires [13]. Il existe un grand nombre d’options « naturelles » apparemment efficaces, incluant des nutriments spécifiques, des plantes, et de l’acupuncture, qui peuvent être utiles dans de nombreux cas.

Calcium

Le calcium est une des solutions alternatives les plus recherchées et mieux supportées pour le SPM [14]. Les niveaux de calcium semblent être plus bas chez les femmes sujettes au SPM, et ces niveaux semblent également fluctuer au cours du cycle menstruel, avec une baisse prémenstruelle [15]. Des niveaux bas ont été associés à des symptômes courants du SPM comme de la dépression et de la nervosité. Il a été constaté à de nombreuses reprises qu’une augmentation des niveaux de calcium chez les femmes, que ce soit par l’alimentation, une supplémentation, ou une combinaison des deux, atténuait la gravité et le nombre de symptômes du SPM auxquels les femmes sont confrontées [16][17].

Vitamine D

Des découvertes récentes nous permettent de mieux comprendre certains rôles joués par la vitamine D dans la santé reproductive et la fertilité féminines [18]. De même que pour le calcium, les taux sériques de vitamine D semblent également fluctuer pendant le cycle menstruel, avec une chute pendant la phase lutéale, d’où la supposition initiale que des niveaux faibles pourraient contribuer aux symptômes [19]. Il a également été démontré dans quelques études qu’une supplémentation en vitamine D améliore les symptômes du SPM. Dans une étude, des adolescentes ont reçu une dose élevée de vitamine D chaque semaine (50 000 UI), sur une durée de neuf semaines, afin d’évaluer ses effets sur les symptômes du SPM ainsi que sur les douleurs associées aux menstruations (dysménorrhées) [20]. La prévalence du SPM a chuté de 14 à 4 % dans le groupe ayant reçu de la vitamine D, et une amélioration a également été constatée en ce qui concerne les douleurs au dos, la tendance à pleurer facilement, et la sévérité des douleurs associées aux menstruations (dysménorrhées) [21].

Magnésium

Il a également été démontré qu’une supplémentation en magnésium était efficace sur les symptômes du SPM, bien que les preuves soient plus solides pour le calcium [22]. Le magnésium pourrait être une option intéressante en cas de migraines prémenstruelles ou lorsque les symptômes prédominants sont une humeur dépressive et de la rétention d’eau [23]. L’utilisation de magnésium combiné avec de la vitamine B₆ a également été étudiée. Une étude comparant le magnésium seul, la vitamine B₆ seule, la combinaison des deux, et un placebo a permis de constater que, sur une période de deux mois, la combinaison de magnésium et de vitamine B₆ avait produit la baisse la plus conséquente du SPM [24].

Vitamine B₆

Un certain nombre d’études et d’articles de revue de plus grande ampleur ont examiné l’utilisation de vitamine B₆, également appelée pyridoxine, sur le SPM. Bien que de nombreuses études soient de petite taille ou de faible qualité, il semblerait y avoir un bienfait global. Dans un essai, une dose quotidienne de 100 mg sur une période de trois mois a réduit les symptômes du SPM dans des proportions supérieures au placebo ou au médicament sous prescription, à savoir la bromocriptine (qui affecte les niveaux d’hormones). Il n’est pas recommandé de dépasser une dose quotidienne de 100 mg (car il peut y avoir des effets secondaires neurologiques) et dans d’autres études, des bienfaits ont été constatés avec des doses inférieures, entre 40 et 50 mg.

Fait intéressant, une autre étude observationnelle ayant suivi des femmes pendant plusieurs années a évalué leur apport alimentaire pour toutes les vitamines B et leur risque de SPM. Aucune corrélation n’a été constatée entre l’apport en vitamine B₆ et le risque de contracter un SPM, mais il s’est avéré que chez les femmes qui consommaient des quantités importantes de vitamine B₁ (thiamine) et de vitamine B₂ (riboflavine), l’incidence du SPM était inférieure (après avoir contrôlé d’autres facteurs comme l’apport alimentaire en calcium et vitamine D) [25]. Il a été suggéré que l’ajout de deux à trois portions d’aliments riches en vitamine B₁ (p. ex. céréales enrichies, légumineuses, noix, viandes rouges) par jour et d’une à deux portions d’aliments riches en vitamine B₂ (p. ex. céréales enrichies, lait de vache, lait de soja, épinards, viande rouge) par jour permettrait de couvrir l’apport nécessaire en vitamines B pour réduire le risque de SPM [26].

Huile d’onagre

Il s’agit d’un supplément fréquemment présenté comme étant bénéfique pour de nombreux problèmes de santé féminins. L’huile d’onagre est riche en acide gamma-linoléique (AGL), un acide gras de la famille des omégas‑6 [27]. Des résultats variables sont ressortis des recherches en ce qui concerne l’efficacité de l’huile d’onagre pour le SPM, mais la majorité atteste d’une amélioration. Dans une étude sur 80 femmes utilisant 1,5 g/j pendant trois mois, la sévérité des symptômes du SPM avait été nettement réduite en comparaison avec le placebo [28]. Dans d’autres études, un bienfait a été constaté avec une utilisation sur une durée de six à douze mois, et dans d’autres avec une utilisation combinée à de la vitamine E. L’huile d’onagre pourrait être plus particulièrement efficace dans des cas où une mastalgie (sensibilité mammaire) cyclique est présente [29]. Une carence en AGL peut rendre les tissus mammaires plus sensibles aux hormones sexuelles féminines, ce qui engendre des douleurs et de la tension [30]. Il a été démontré dans une étude qu’une dose de 500 mg, administrée deux fois par jour sur une durée de trois mois, était aussi efficace pour réduire les douleurs mammaires que du danazol, un médicament sous ordonnance [31]. Le taux d’occurrence des effets secondaires néfastes était bien plus faible chez les femmes à qui on avait administré de l’huile d’onagre, en comparaison avec celles qui avaient reçu du danazol [32].

Omégas‑3 (huile de poisson)

D’autres acides gras (acides gras omégas‑3) issus d’huile de poisson ont également été étudiés pour une utilisation dans le cadre du SPM. Une dose quotidienne de 1 g d’huile de poisson a permis de réduire à la fois les symptômes physiques et mentaux du SPM dans une étude, en comparaison avec le placebo [33]. Dans une autre étude, des femmes ont reçu 2 g/j d’huile de poisson. Après un mois et demi, des améliorations importantes ont été constatées en ce qui concerne l’évaluation des symptômes prémenstruels d’anxiété, de dépression, de manque de concentration, et de ballonnements [34]. Après trois mois, d’autres améliorations de ces symptômes ont été observées, ainsi qu’une réduction de la nervosité, des maux de tête, et de la sensibilité mammaire [35].

Gattilier

Un certain nombre de plantes ont été étudiées pour leurs effets sur le SPM et les symptômes spécifiques liés aux menstruations. Parmi elles, une semblait montrer constamment des bienfaits sur une grande quantité de symptômes du SPM : il s’agit du gattilier (Vitex agnus-castus). Un examen systématique a abouti sur la conclusion que le gattilier était efficace pour réduire la fréquence et la gravité d’un grand nombre de symptômes du SPM avec une utilisation sur deux à trois cycles [36]. Il s’est montré plus efficace que la vitamine B₆ dans un cas, mais pas autant que l’antidépresseur fluoxétine [37].

Conclusion

Il existe de nombreuses options de traitement naturels pour le SPM. Des changements dans la vie quotidienne — par exemple, par la gestion du stress, des exercices réguliers, et l’arrêt du tabagisme — pourraient être également bénéfiques, bien que la recherche à ce sujet soit limitée [38]. Certains nutriments semblent être plus efficaces sur des symptômes spécifiques, comme l’huile d’onagre pour la sensibilité mammaire, le magnésium pour les migraines, ou les omégas‑3 pour traiter l’anxiété et la dépression prémenstruelles. Une bonne partie de ces nutriments et de ces composés bénéfiques peuvent être obtenus par l’alimentation — augmenter sa consommation de légumes à feuilles verts, de noix, et de graines permet de bénéficier d’un apport accru en calcium et en magnésium, et augmenter sa consommation de poissons et de fruits de mer peut aider à obtenir davantage d’acides gras omégas‑3. Quelques changements alimentaires simples pourraient être un bon moyen de commencer pour beaucoup de femmes. À partir de là, une approche individualisée pour choisir d’autres suppléments, selon les symptômes prédominants et les besoins individuels, permettra d’obtenir les meilleurs résultats possibles.

Références

  1. Abdi, F., G. Ozgoli, et F. Rahnemaie. « A Systematic Review of the Role of Vitamin D and Calcium in Premenstrual Syndrome. » Obstetrics & Gynecology Science, Vol. 62, N° 2 (2019): 73–86.
  2. Houghton, S., et autres. « Carbohydrate and Fiber Intake and the Risk of Premenstrual Syndrome. » European Journal of Clinical Nutrition, Vol. 72, N° 6 (2018): 861–870.
  3. Hofmeister, S., et S. Bodden. « Premenstrual Syndrome and Premenstrual Dysmorphic Disorder. » American Family Physician, Vol. 94, N° 3 (2016): 236–240.
  4. Hofmeister and Bodden, op. cit.
  5. Hofmeister and Bodden, op. cit.
  6. Hofmeister and Bodden, op. cit.
  7. Hofmeister and Bodden, op. cit.
  8. Hofmeister and Bodden, op. cit.
  9. Hofmeister and Bodden, op. cit.
  10. Hofmeister and Bodden, op. cit.
  11. Hofmeister and Bodden, op. cit.
  12. Chochano-Bedoyl, P.O., et autres. « Dietary B Vitamin Intake and Incident Premenstrual Syndrome. » The American Journal of Clinical Nutrition, Vol. 93, N° 5 (2011): 1080–1086.
  13. Abdi, Ozgoli, et Rahnemaie, op. cit.
  14. Abdi, Ozgoli, et Rahnemaie, op. cit.
  15. Abdi, Ozgoli, et Rahnemaie, op. cit.
  16. Abdi, Ozgoli, et Rahnemaie, op. cit.
  17. Yonkers, K.A., T.B. Pearlstein, et N. Gotman. « A Pilot Study to Compare Fluoxetine, Calcium, and Placebo in the Treatment of Premenstrual Syndrome. » Journal of Clinical Psychopharmacology, Vol. 33, N° 5 (2013): 614–620.
  18. Avan, A., et autres. « High Dose Vitamin D Supplementation Can Improve Menstrual Problems, Dysmenorrhea, and Premenstrual Syndrome in Adolescents. » Gynecological Endocrinology, Vol. 34, N° 8 (2018): 659–663.
  19. Abdi, Ozgoli, and Rahnemaie, op. cit.
  20. Avan et autres, op cit.
  21. Avan et autres, op cit.
  22. Yonkers, Pearlstein, and Gotman, op. cit.
  23. Yonkers, Pearlstein, and Gotman, op. cit.
  24. Fathizadeh, N., et autres. « Evaluating the Effect of Magnesium and Magnesium Plus Vitamin B6 Supplement on the Severity of Premenstrual Syndrome. » Iranian Journal of Nursing and Midwifery Research, Vol. 15, Suppl.1 (2010): 401–405.
  25. Chochano-Bedoyl et autres, op. cit.
  26. Chochano-Bedoyl et autres, op. cit.
  27. Mahboubi, M. « Evening Primrose (Oenothera biennis) Oil in Management of Female Ailments. » Journal of Menopausal Medicine, Vol. 25, N° 2 (2019): 74–82.
  28. Mahboubi, op. cit.
  29. Mahboubi, op. cit.
  30. Mahboubi, op. cit.
  31. Mahboubi, op. cit.
  32. Mahboubi, op. cit.
  33. Behboudi-Gandevani S., F.-Z. Hariri, et L. Moghaddam-Banaem. « The Effect of Omega 3 Fatty Acid Supplementation on Premenstrual Syndrome and Health-Related Quality of Life: A Randomized Clinical Trial. » Journal of Psychosomatic Obstetrics and Gynaecology, Vol. 39, N° 4 (2018): 266–272.
  34. Sohrabi, N., et autres. « Evaluation of the Effect of omega‑3 Fatty Acids in the Treatment of Premenstrual Syndrome: ‘A Pilot Trial.’ » Complementary Therapies in Medicine, Vol. 21, N° 3 (2013): 141–146.
  35. Sohrabi et autres, op. cit.
  36. Cerqueira, R., et autres. « Vitex agnus castus for Premenstrual Syndrome and Premenstrual Dysphoric Disorder: A Systematic Review. » Archives of Women’s Mental Health, Vol. 20, N° 6 (2017): 713–719.
  37. Cerqueira et autres, op. cit.
  38. Hofmeister and Bodden, op. cit.

Christine Novokowsky, naturopathe

drchristinend.com