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Resvératrol : un antioxydant haut en couleur

Pharmacologie

Le resvératrol (trans-resvératrol, ou trans-3,5,4′-trihydroxystilbène) est un puissant polyphénol antioxydant issu de la peau du raisin rouge (Vitis vinifera), du vin rouge, mais aussi d’aliments comme des baies ainsi que de plantes médicinales comme la renouée du Japon[1]. Il a été démontré que le resvératrol exerce de nombreux effets thérapeutiques et qu’il a des propriétés anti‑inflammatoires, antitumorigènes, et antioxydantes qui pourraient aider à prévenir et à traiter des maladies cardiométaboliques, l’inflammation, des troubles endocriniens, et plus[2].

Des études humaines ont démontré que le métabolisme du resvératrol se produit principalement dans le foie et aboutit à la production de glucuronides et de métabolites de sulfate conjugués, qui ont une activité biologique[3]. La demi-vie du resvératrol varie d’une à cinq heures, et il semble être généralement bien toléré. Les effets secondaires les plus courants incluent des symptômes gastro-intestinaux, notamment des nausées, des flatulences, des mouvements intestinaux, une gêne abdominale, des selles molles, et de la diarrhée, pour des doses de 2,5 à 5 g par jour[4]. Toutefois, le dosage ordinaire varie entre 500 et 1 500 mg par jour.

Recherches cliniques

Santé cardiométabolique

Une méta-analyse de 24 essais comparatifs randomisés a déterminé qu’une supplémentation en resvératrol a produit divers effets antioxydants chez des patients atteints du syndrome métabolique et d’autres maladies apparentées[5]. Des baisses significatives de la protéine C‑réactive (0,55 point) et du facteur de nécrose tumorale alpha (TNF‑α ; 0,68 point) ont été attribuées au resvératrol. Bien que ces changements soient modestes sur le plan numérique, ils sont significatifs sur le plan clinique en tant qu’indicateurs prévisionnels, par exemple pour des maladies cardiaques.

Un bilan systématique et une méta-analyse de six études examinant un total de 196 patients atteints de diabète de type 2 (104 personnes pour le groupe resvératrol et 92 personnes pour le groupe contrôle/placébo) ont déterminé qu’une supplémentation en resvératrol était plus efficace que le placébo/contrôle pour améliorer la tension artérielle systolique (TAS), l’hémoglobine A1c, et la créatine. Toutefois, ceci n’était pas le cas pour la glycémie à jeun, l’évaluation du modèle homéostatique / résistance à l’insuline, la tension diastolique, l’insuline, ou le cholestérol[6].

Une méta-analyse (11 ECR et 384 patients) évaluant l’effet d’une supplémentation en resvératrol sur le diabète a permis de déterminer que le resvératrol avait « fait baisser de façon significative les niveaux de glycémie à jeun, l’insuline, l’hémoglobine glyquée [HgbA1c], et la résistance à l’insuline (mesurée en utilisant l’évaluation du modèle homéostatique) chez les participants atteints de diabète »[7], mais pas chez les patients sans diabète.

Une autre méta-analyse, réalisée par la même équipe, a évalué l’effet du resvératrol sur la tension artérielle. Un total de six ECR regroupant 247 personnes ont été inclus, et les résultats ont montré qu’une supplémentation en resvératrol avait induit une baisse significative de la tension systolique, mais pas de la tension diastolique[8]. Par ailleurs, des analyses de sous-groupes ont indiqué qu’une dose plus élevée de resvératrol (≥ 150 mg/j) avait induit une baisse significative de la TAS (−11,90 mmHg), tandis qu’une dose plus faible de resvératrol n’avait pas d’effet significatif démontré sur la baisse de la TAS.

Une étude avec des patients atteints d’encéphalopathie hépatique minime, une pathologie associée à une insuffisance hépatique terminale comme la cirrhose, a déterminé qu’une supplémentation en resvératrol avait induit une diminution des symptômes de dépression (Inventaire de dépression de Beck) et d’anxiété (Inventaire d’anxiété État-Trait) ; et amélioré les fonctions physiques, les douleurs corporelles, la santé globale, la vitalité, et les fonctions sociales en comparaison avec le groupe de contrôle.

Effets anti‑inflammatoires / Rhumatologie

Un essai comparatif randomisé a évalué 100 patients atteints d’arthrite rhumatoïde auxquels on avait administré 1 g de resvératrol combiné au traitement conventionnel pendant trois mois, ainsi qu’un groupe de contrôle auquel on avait uniquement administré le traitement conventionnel[9]. Après trois mois, les critères cliniques, incluant le DAS28, avaient baissé de façon significative dans le groupe traité au resvératrol. En plus, les taux sériques des marqueurs inflammatoires biochimiques avaient diminué chez les patients traités au resvératrol. Ces marqueurs incluaient la protéine C‑réactive, la vitesse de sédimentation des érythrocytes, l’ostéocalcine sous-carboxylée, la métalloprotéinase matricielle‑3, le facteur de nécrose tumorale alpha, et l’interleukine‑6.

Une autre étude a évalué l’effet du resvératrol sur des patients atteints d’ostéoarthrite du genou[10]. Une étude multicentrique randomisée à double insu contrôlée contre placébo a évalué 110 patients sous meloxicam avec soit un adjuvant de 500 mg de resvératrol par jour, soit un placébo pendant 90 jours. Les résultats, selon l’indice de WOMAC, ont indiqué une baisse significative de l’intensité de la douleur et de l’incapacité fonctionnelle chez les patients qui prenaient du resvératrol en comparaison avec le placébo.

Santé endocrinienne

Comme on pouvait s’y attendre étant donné ses effets sur le diabète, le resvératrol pourrait également améliorer le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)[11]. Au total, 34 femmes atteintes du SOPK et réparties aléatoirement ont reçu soit 1 500 mg/j de resvératrol, soit un placébo, pendant trois mois. Les résultats ont montré que le resvératrol était associé à une baisse significative de la testostérone totale (23,1 %), du sulfate déhydroépiandrostérone (DHEAS ; 22,2 %), et du taux d’insuline à jeun (31,8 %), ainsi qu’à une augmentation de l’indice de sensibilité à l’insuline.

Références

  1. Ramírez-Garza, S.L., et al. “Health effects of resveratrol: Results from human intervention trials.” Nutrients, Vol. 10, No. 12 (2018): 1892.
  2. Ramírez-Garza et al, op. cit.
  3. Ramírez-Garza et al, op. cit.
  4. Ramírez-Garza et al, op. cit.
  5. Tabrizi, R., et al. “The effects of resveratrol supplementation on biomarkers of inflammation and oxidative stress among patients with metabolic syndrome and related disorders: A systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials.” Food & Function, Vol. 9, No. 12 (2018): 6116–6128.
  6. Hausenblas, H.A., J.A. Schoulda, and J.M. Smoliga. “Resveratrol treatment as an adjunct to pharmacological management in type 2 diabetes mellitus—Systematic review and meta-analysis.” Molecular Nutrition & Food Research, Vol. 59, No. 1 (2015): 147–159.
  7. Liu, K., et al. “Effect of resveratrol on glucose control and insulin sensitivity: A meta-analysis of 11 randomized controlled trials.” The American Journal of Clinical Nutrition, Vol. 99, No. 6 (2014): 1510–1519.
  8. Liu, Y., et al. “Effect of resveratrol on blood pressure: A meta-analysis of randomized controlled trials.” Clinical Nutrition, Vol. 34, No. 1 (2015): 27–34.
  9. Khojah, H.M., et al. “Resveratrol as an effective adjuvant therapy in the management of rheumatoid arthritis: A clinical study.” Clinical Rheumatology, Vol. 37, No. 8 (2018): 2035–2042.
  10. Hussain, S.A., et al. “Efficacy and safety of co-administration of resveratrol with meloxicam in patients with knee osteoarthritis: A pilot interventional study.” Clinical Interventions in Aging, Vol. 13 (2018): 1621–1630.
  11. Banaszewska, B., et al. “Effects of resveratrol on polycystic ovary syndrome: A double-blind, randomized, placebo-controlled trial.” The Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism, Vol. 101, No. 11 (2016): 4322–4328.