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Apport en protéines — Quel est l’apport requis pour une santé optimale ?

Il existe de nombreuses controverses dans le milieu des soins de santé concernant l’apport requis approprié de protéines alimentaires pour une santé optimale. Les préoccupations antérieures concernant les régimes riches en protéines comprenaient un risque accru de maladies rénales et une diminution de la densité minérale osseuse due à la lixiviation du calcium et des nutriments dans les os. Ces deux affirmations sont de nature spéculative et nos recommandations actuelles ont été fondées sur des formes moins précises d’analyse statistique. [1] En tant que tels, nos besoins en protéines alimentaires réels ont peut-être été sous-estimés. De plus, nous avons peut-être négligé certains des résultats bénéfiques des régimes riches en protéines lorsqu’ils sont composés de protéines de haute qualité, standardisées pour une teneur en leucine. Les plus notables sont les besoins en protéines pendant la grossesse et chez les personnes âgées, qui sont beaucoup plus élevés que les recommandations actuelles.


Lignes directrices actuelles et méthodes de calcul

L’apport nutritionnel recommandé (ANR) pour l’apport en protéines aux États-Unis et au Canada est actuellement fixé à 0,8 g de protéines par kilogramme de poids corporel par jour (g/kg/j) [2]. Cette valeur a été déterminée sur la base d’études portant sur le bilan azoté et qui sont maintenant considérées comme inappropriées et non fiables. [2] [3] Des méthodes avancées de détermination des besoins en protéines ont été utilisées récemment dans plusieurs études et démontrent que nos valeurs actuelles ont sous-estimé les besoins en protéines de la population pour une santé optimale. [1]

L’indicateur d’oxydation des acides aminés (IOAA) est une méthode non invasive utilisée pour mesurer les besoins d’acides aminés pour la synthèse des protéines. [3] Le procédé IOAA peut déterminer la disponibilité du métabolisme des acides aminés à partir de l’apport protéique alimentaire afin de déterminer les quantités requises spécifiques pour l’ensemble du corps. [1] En raison de sa méthode non invasive, il peut être utilisé pour déterminer les besoins chez les nouveau-nés, les enfants et les personnes atteintes de maladies graves. [1]

 Ce qui différencie la méthode IOAA des
 méthodes de mesure précédentes, est le
 fait qu’elle reflète la disponibilité
 métabolique dans tout le corps et peut
 donc expliquer les pertes d’acides aminés   alimentaires pendant la digestion,
 l’absorption et le métabolisme cellulaire
 [1] Notre ANR pour les protéines devrait
 refléter cela et en tant que telle, la
 méthode IOAA a calculé une exigence en   protéines entre 0,96 g/kg/j et 1,29 g/kg/j,
selon l’âge, avec les femmes âgées (65 ans et plus) se retrouvant à l’extrémité
supérieure de la gamme. [3]

La plupart des Nord-Américains rencontrent probablement l’ANR actuel de 0,8 g/kg/j, qui a été défini comme une valeur pouvant prévenir une carence en protéines et ainsi contrer leurs conséquences négatives possibles sur la santé. [2] Cependant, nous ne pouvons pas négliger les bienfaits pour la santé des régimes alimentaires relativement plus élevée en protéines, en particulier dans le cas de troubles spécifiques, tels que l’obésité et le dysfonctionnement hormonal, y compris le syndrome des ovaires polykystiques. [2] [4]


Avantages et préoccupations des régimes riches en protéines

Les acides aminés essentiels dans les protéines alimentaires, telles que la leucine, stimulent la synthèse des protéines musculaires. L’augmentation d’un apport en protéines peut donc améliorer la gestion du poids en conservant ou en augmentant la masse maigre tout en réduisant le poids corporel par la masse graisseuse. [2] Une étude a démontré que, même sans restriction calorique, les sujets qui consommaient entre 1,02 à 1,06 g/kg/j de protéines ont éprouvé une plus grande perte de poids, une perte de masse graisseuse plus importante et un maintien de la masse musculaire maigre. [2] Il est important de noter que la qualité de la protéine, ainsi que la quantité et le moment de la consommation, peuvent également influencer la gestion du poids.

Les protéines aident à améliorer le contrôle de l’appétit, ce qui peut suggérer que le moment actuellement privilégié pour consommer des protéines est erroné. Alors que la plupart des Nord-Américains consomment leur plus grande quantité de protéines au souper, il serait peut-être plus avantageux d’augmenter la plénitude en la consommant au déjeuner. Une étude a démontré que la consommation d’un déjeuner riche en protéines contenant 30 g de protéines, par rapport à un diner ou un souper riche en protéines, a conduit à une satiété accrue qui s’est maintenue tout au long de la journée et même jusque dans la soirée. [2] Cet effet peut également contribuer à réduire le grignotage en soirée riche en glucides/sucres.

Pour répondre aux préoccupations concernant la fonction rénale avec un apport en protéines élevé, des études plus récentes ont cherché à pousser l’apport encore plus loin : dans une étude d’un an menée par Antonio et ses collaborateurs, des hommes participant à un programme d’entraînement de résistance et consommant 2,51-3,32 g/kg/j de protéines n’ont démontré aucune mesure anormale des lipides sanguins et aucun effet néfaste sur la fonction hépatique ou rénale. [5] Une étude similaire a été réalisée un an plus tôt, analysant les effets chez les hommes et les femmes consommant > 3 g/kg/j, et a démontré des résultats similaires, sans effets délétères sur les paramètres sanguins métaboliques. [6]

Pour répondre aux préoccupations concernant la fonction rénale, une étude a démontré une corrélation positive entre l’élimination de la créatinine et l’apport en protéines, ce qui suggère qu’un régime alimentaire faible en protéines peut réduire la fonction rénale. [2] En limitant les protéines alimentaires, nous avons constaté que le taux de filtration glomérulaire (FGR) diminue, tandis que ceux avec une fonction rénale normale ont démontré une amélioration du FGR avec une augmentation des protéines alimentaires. [2]


Besoins en protéines pendant la grossesse

Une bonne alimentation est essentielle pour une grossesse en santé et cruciale pour réduire le risque de conséquences négatives. Non seulement les macro- et micronutriments sont-ils nécessaires au fœtus en développement, mais ils le sont également pour la mère qui doit avoir un cœur, un flux sanguin et une circulation saine pour soutenir le placenta [7]. Nous savons également que de nombreux éléments nutritifs sont transmis de la mère au nourrisson pendant l’allaitement, ce qui augmente davantage le besoin d’une bonne composition nutritionnelle dans le régime alimentaire de la mère [7].

Le rôle de la protéine dans notre corps va au-delà du soutien musculaire de base. En plus de fournir de la force et un soutien postural et squelettique, les protéines sont utilisées dans notre corps en tant qu’enzymes pour des réactions métaboliques, telles que des molécules de signalisation à l’intérieur et entre les cellules, et pour d’autres fonctions telles que faire la liaison et la navette pour les hormones dans le sang. Les protéines alimentaires sont particulièrement importantes pendant la grossesse afin de réduire le risque que le nourrisson présente un poids plus faible à la naissance, ce qui peut conduire à d’autres comorbidités infantiles telles que des maladies cardiovasculaires, des maladies rénales, une maladie obstructive des voies respiratoires et de l’obésité plus tard au cours de la vie. [7]

Nos recommandations actuelles estimées pour l’apport quotidien en protéines pendant la grossesse se situent entre 1,22 g / kg/j et 1,52 g/kg/j ; l’apport le plus élevé étant nécessaire en fin de gestation. En moyenne, cela équivaut à 79-108 g de protéines par jour. [7] Ceci est soutenu par d’autres études démontrant que les femmes qui consommaient 100 g de protéines de haute qualité par jour ont eu les meilleurs résultats de grossesse, telle que mesurée par l’incidence réduite d’un nourrisson de faible poids à la naissance. [7]


Les besoins en protéines au cours du vieillissement

Nous avons constaté qu’au fur et à mesure que les personnes âgées vieillissent, une perte et une faiblesse musculaire pouvaient se développer chez certaines de ces personnes. [2] Cela peut être expliqué en partie par une diminution de l’appétit et donc une diminution de l’apport calorique quotidien. Là où nous devons accorder plus d’attention est à la composition des repas, en encourageant moins de glucides provenant des biscuits, du pain blanc, et d’autres produits de boulangerie, et en augmentant la consommation de protéine de haute qualité standardisée pour la teneur en leucine.

En plus de stimuler la synthèse des protéines, il a été démontré que la leucine peut empêcher la perte de masse musculaire. [8] Ceci est particulièrement important chez les personnes souffrant, ou présentant un risque de sarcopénie. [3]

Plus particulièrement, une étude a démontré qu’une supplémentation avec 20 g de protéines de petit - lait contenant 2,8 g de leucine, lorsque combiné à 800 UI de vitamine D et à un entraînement de résistance (trois fois par semaine), peut préserver la masse musculaire. [8] Ce protocole a été suivi chez des personnes âgées obèses qui essayaient de perdre du poids. Bien que nous encouragions les personnes obèses à perdre du poids pour atteindre une santé optimale, y compris le fonctionnement hormonal, la santé cardiovasculaire et le diabète de type 2, nous devons garder à l’esprit qu’avec une perte de poids, nous risquons aussi de perdre de la masse musculaire. En accélérant le développement de la sarcopénie, la faiblesse et le risque de chute augmentent également. En corrigeant ces changements dans la composition corporelle, en préservant la masse musculaire tout en diminuant la masse graisseuse, nous minimisons le risque de blessures secondaires tout en améliorant l’indépendance et les activités de la vie quotidienne chez la population vieillissante. [3] [8]


Conclusions

Bien que certains praticiens de soins de santé  peuvent hésiter à recommander un apport en  protéines plus élevé (ou décourage complètement cette approche), il n’y a aucune preuve fiable pour soutenir ces préoccupations. [2] Plusieurs études ont étudié les changements métaboliques qui se produisent avec des apports en protéines, y compris la fonction rénale et hépatique, et ont conclu qu’aucun effet indésirable ne se produit avec des régimes riches en protéines chez les adultes présentant une fonction rénale et hépatique normale.

Nous comprenons maintenant l’importance et l’avantage d’un apport en protéines et en leucine plus élevé, en particulier chez les personnes âgées, pour prévenir la perte musculaire et la faiblesse liées à l’âge. [2] [3] En outre, nos objectifs actuels recommandés ne tiennent pas compte des besoins accrus pendant la grossesse. En ce qui concerne la quantité de protéines que nous devrions consommer quotidiennement, un apport de 1,2 à 1,6 g/kg/j est une cible idéale pour des résultats de santé optimaux. [2] [7]

 

Références

  1. Elango, R., R.O. Ball, and P.B. Penchar. “Indicator amino acids oxidation: Concept and application.” The Journal of Nutrition. Vol. 138, No. 2 (2008): 243–246.
  2. Phillips, S.M., S. Chevalier, and H.J. Leidy. “Protein ‘requirements’ beyond the RDA: Implications for optimizing health.” Applied Physiology, Nutrition, and Metabolism. Vol. 41, No. 5 (2016): 565–572.
  3. Rafii, M., et al. “Dietary protein requirement of female adults >65 years determined by the indicator amino acid oxidation technique is higher than current recommendations.” The Journal of Nutrition. Vol. 145, No. 1 (2015): 18–24.
  4. Sorensen, L.B., et al. “Effects of increased dietary protein-to-carbohydrate ratios in women with polycystic ovary syndrome.” The American Journal of Clinical Nutrition. Vol. 95, No. 1 (2012): 39–48.
  5. Antonio, J., et al. “A high protein diet has no harmful effects: A one-year crossover study in resistance-trained males.” Journal of Nutrition and Metabolism. 2016; 9104792. Epub.
  6. Antonio, J., et al. “A high protein diet (3.4 g/kg/d) combined with a heavy resistance training program improves body composition in healthy trained men and women — A follow-up investigation.” Journal of the International Society of Sports Nutrition. Vol. 12 (2015): 39.
  7. Stephens, T.V., et al. “Protein requirements of healthy pregnant women during early and late gestation are higher than current recommendations.” The Journal of Nutrition. Vol. 145, No. 1 (2015): 73–78.
  8. Verreijen, A.M., et al. “A high whey protein-, leucine-, and vitamin D-enriched supplement preserves muscle mass during intentional weight loss in obese older adults: A double-blind randomized controlled trial.” The American Journal of Clinical Nutrition. Vol. 101, No. 2 (2015): 279–286.